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Taux d'intérêt: une hausse bousculerait les finances des Québécois

Bien que le niveau d'endettement des Québécois soit plus sain que la moyenne... (Archives PC)

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Julien Arsenault
La Presse Canadienne
Montréal

Bien que le niveau d'endettement des Québécois soit plus sain que la moyenne nationale, la province n'est pas à l'abri d'une montée soudaine des taux d'intérêt, suggère une nouvelle étude du Mouvement Desjardins publiée mardi.

Ainsi, jusqu'à 40 000 ménages québécois dépasseraient le seuil critique du niveau d'endettement advenant que le taux directeur de la Banque du Canada soit de trois ou cinq pour cent à la fin de 2021.

Cela signifie que leur radio du service de la dette (RSD) - qui tient compte des obligations financières liées au remboursement des emprunts en fonction du revenu brut - excéderait 40 pour cent.

«Plusieurs auraient de la difficulté à effectuer leurs paiements, explique l'économiste principale de Desjardins, Hélène Bégin, au cours d'un entretien téléphonique. Cela ne signifie toutefois pas que tous ces ménages seraient en situation de défaut.»

Les ménages dont le RSD oscille dans une fourchette de 30 à 40 pour cent présentent également un risque potentiel et pourraient se retrouver rapidement dans une «position délicate» en raison d'un imprévu, souligne la note de recherche.

Ce document de la coopérative établie à Lévis est publié alors que la Banque du Canada doit indiquer mercredi si elle procède à un resserrement monétaire ou opte pour le statu quo en laissant son taux directeur à 0,75 pour cent.

Desjardins ne voulait pas se montrer alarmiste, a affirmé Mme Bégin, ajoutant que l'institution voulait plutôt «mettre en relief» qu'une hausse des taux affecte «tous les ménages endettés».

L'étude convient qu'une «poussée spectaculaire» des taux d'intérêt paraît «peu probable» et que les scénarios évoqués ne reflètent pas les prévisions de base de Desjardins.

Selon la coopérative, le taux directeur de la Banque du Canada devrait grimper à deux pour cent d'ici deux ans pour ensuite redescendre graduellement à 1,25 pour cent. Elle rappelle toutefois qu'à la fin de l'année 2000, le taux de financement à un jour de la banque centrale atteignait 5,75 pour cent.

L'an dernier, 5,1 pour cent des ménages québécois affichaient un RSD supérieur à 40 pour cent. Cette proportion passerait à six pour cent si les taux d'intérêt étaient à trois pour cent en 2021 et à 6,7 pour cent s'ils atteignaient cinq pour cent.

«Ce que nous voulons dire c'est: attention, la situation est globalement saine, mais si les taux augmentent (...) la situation peut changer rapidement», a affirmé Mme Bégin.

L'étude de Desjardins est publiée la même journée qu'un portrait d'Equifax Canada indiquant qu'à la fin du deuxième trimestre, la dette moyenne des Québécois - excluant les hypothèques - se chiffrait à environ 18 907 $. Seuls les Manitobains, à 18 536 $, faisaient mieux.

Dans une étude distincte publiée la semaine dernière, la coopérative tempérait la notion du taux d'endettement. Même si cet indicateur a atteint un sommet de 155,3 pour cent au Québec l'an dernier, il ne fournit pas un portrait complet de la situation financière des ménages.

Ce ratio signifie que pour chaque dollar de revenu disponible ajusté des ménages, ces derniers avaient contracté une dette de 1,55 $ sur le marché du crédit.

Toutefois, Desjardins signalait que cet indicateur ne tenait pas compte des taux d'intérêt, qui se trouvent à des creux historiques depuis plusieurs années. Cela fait notamment en sorte que la capacité de remboursement des emprunteurs est actuellement plus élevée.

Le mois dernier, Moody's avait prévenu que le réveil pourrait être brutal pour certains Canadiens n'ayant pas réglé le solde de leur carte de crédit advenant qu'un autre ralentissement frappe le pays au cours des prochaines années.

Dans un rapport, l'agence de notation avait prévenu qu'elle comptait surveiller de près l'Alberta ainsi que la Saskatchewan en ce qui a trait aux défaillances des consommateurs.




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