En route vers le financement axé sur le patient

Les archivistes ont le mandat non seulement de... (Archives La Tribune, Jessica Garneau)

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Les archivistes ont le mandat non seulement de classer les dossiers, mais également de coder tous les diagnostics et traitements qui sont posés dans les établissements de santé afin de pouvoir en tirer des statistiques.

Archives La Tribune, Jessica Garneau

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(Sherbrooke) Le financement axé sur le patient a commencé à être implanté au CIUSSS de l'Estrie-CHUS comme dans les autres hôpitaux du Québec. Le volet de la radio-oncologie est financé ainsi depuis 2015, et d'autres services s'y joindront graduellement.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec (MSSS) a fait un pas dans cette direction en accordant récemment un contrat de 44 M$ pour l'acquisition d'un logiciel qui permettra de déterminer le coût exact de chaque intervention dans tous les établissements du Québec.

Que signifie exactement ce financement à l'activité? Prenons un exemple. Un patient victime d'une appendicite aiguë doit normalement être hospitalisé pendant deux jours. Lorsque le financement axé sur le patient sera effectif, le centre hospitalier sera donc remboursé pour ces deux journées. Si le patient doit occuper un lit à l'hôpital pendant une journée supplémentaire, le centre hospitalier devra absolument en justifier les causes. Une infection urinaire est survenue en cours de route? Pas de problème, le MSSS paiera les frais engagés par l'établissement. Si le patient reste sur civière parce qu'il est en attente d'un service connexe - par exemple si le physiothérapeute est trop occupé pour venir le voir avant sa sortie le deuxième jour - il y aura là un hic : la journée d'hospitalisation supplémentaire ne sera tout simplement pas remboursée par le MSSS et l'établissement de santé sera donc déficitaire.

La réforme du modèle de financement à l'activité, aussi appelé « financement axé sur le patient », vise à ce que l'argent suive le patient, avait expliqué le ministre de la Santé Gaétan Barrette l'année dernière.

« En introduisant le mode de financement axé sur les patients, nous avons pour objectif de remplacer le financement de type historique présentement en vigueur dans le système de santé. Il s'agit ici de mettre le patient au centre des activités de l'établissement dans la distribution des ressources », fait savoir la porte-parole du MSSS Noémie Vanheuverzwijn.

« C'est une façon de financer la performance dans les établissements de santé. On pense que les Québécois seront gagnants de cette nouvelle approche en santé, parce que les centres hospitaliers auront le devoir de mieux organiser les épisodes de soins des patients. Une approche organisée coûte moins cher qu'une approche désorganisée », soutient Alexandre Allard, président de l'Association des gestionnaires de l'information de la santé du Québec (AGISQ), la voix des archivistes médicaux du Québec.

Codage des informations

Pour réussir à mettre en place le financement à l'acte, il fallait d'abord déterminer le coût par parcours de soins et de services dans le réseau de la santé et des services sociaux du Québec. Combien coûte une hospitalisation pour chaque type de chirurgie au Québec? C'est dans cet objectif que le MSSS a acquis un logiciel provincial qui permettra aux archivistes médicaux de coder les actes posés dans les établissements de santé. Le projet devait d'abord coûter 64 M$.

« Les économies dégagées dans le cadre de cet appel d'offres pourront servir à combler de nombreux besoins, dont la mise à jour de la formation des archivistes médicaux. En effet, cette mise à jour est nécessaire afin d'assurer l'exactitude des données qui seront utilisées dans le cadre de ce projet stratégique pour le gouvernement », explique Alexandre Allard de l'AGISQ.

Les archivistes ont pour mandat non seulement d'archiver mais aussi de coder tous les actes qui sont fournis dans les établissements de santé. C'est ainsi que sont faites toutes les statistiques dans les milieux hospitaliers. « On récupère les diagnostics et les traitements et nous les transférons sous forme de codes », ajoute M. Allard.

C'est ainsi que le MSSS peut accumuler facilement de l'information puisque le « codage » se fait depuis les années 1960. « Chaque fois que l'on voit de l'information sur la santé quelque part, c'est que l'information a été codée par un des archivistes du Québec. »

L'AGISQ a récemment recommandé au gouvernement du Québec une mise à jour de la formation des archivistes médicaux afin d'éviter tout dérapage dans le cadre du déploiement de ce projet dans le réseau. À l'heure actuelle, les archivistes médicaux reçoivent une formation de base importante.

« Par contre, la mise à jour de cette formation en fonction des développements technologiques et des nouveaux projets est laissée à l'initiative des personnes et de leur employeur immédiat », renchérit M. Allard.




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