Entente avec Airbnb : «Un pas dans la bonne direction»

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À compter du 1er octobre, les hébergeurs Airbnb devront percevoir la taxe spécifique sur l'hébergement de 3,5 % à laquelle toute l'industrie touristique est assujettie.

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<p>Chloé Cotnoir</p>
Chloé Cotnoir
La Tribune

(SHERBROOKE) Tourisme Cantons-de-l'Est et Destination Sherbrooke considèrent que l'entente entre le gouvernement du Québec et Airbnb constitue un « pas dans la bonne direction ». Les deux organismes conviennent toutefois qu'il reste encore énormément de travail à faire avant que l'équité soit rétablie entre les hébergeurs commerciaux et les locateurs non enregistrés.

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Francine Patenaude

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« Il faut situer cette entente dans le contexte d'une économie collaborative. Ce n'est pas évident pour le gouvernement de réagir face à ces nouvelles technologies. Or, l'annonce de l'entente constitue une très bonne nouvelle puisqu'elle démontre que le gouvernement veut s'adapter », réagit Francine Patenaude, directrice générale de Tourisme Cantons-de-l'Est.

À compter du 1er octobre prochain, Airbnb percevra la taxe spécifique sur l'hébergement (TSH) de 3,5 % (location de 31 jours ou moins) et la remettra au ministère du Revenu du Québec. Les sommes prélevées sont retournées aux régions visées par l'intermédiaire du ministère du Tourisme, et ce, sur une base trimestrielle. Les hébergements dûment enregistrés auprès de la Corporation de l'industrie touristique du Québec (CITQ) ont l'obligation de percevoir cette taxe ce qui n'était pas le cas pour la plupart des locateurs inscrits sur Airbnb.

« Au moins, au niveau du volet de la taxe d'hébergement, les concurrents joueront dorénavant à armes égales », commente pour sa part Lynn Blouin, directrice promotion, accueil, tourisme d'affaires et sportif de Destination Sherbrooke.

Dans les Cantons-de-l'Est, on estime qu'Airbnb compte plus de 1000 inscriptions réparties dans des résidences privées, des condos ou des chalets. Celles-ci sont concentrées majoritairement dans les zones de villégiature telles que Magog, Orford, Sutton par exemple. À Sherbrooke, selon des données dévoilées par la Ville à l'automne 2016, environ 130 personnes s'affichent comme locateur.

Actuellement, la TSH rapporte près de 2 M$ annuellement en Estrie. On estime l'apport supplémentaire d'Airbnb à environ 150 000 $ par année.

« L'objectif ultime reste l'enregistrement auprès de la CITQ, mais la ministre du Tourisme Julie Boulet ne semble pas faire l'autruche. Le dossier de la taxe d'hébergement est réglé, mais il faut maintenant aller plus loin et tout le monde doit continuer de pousser dans le même sens », poursuit Mme Blouin.

Revenu Québec est à mettre en place une équipe composée de 25 inspecteurs, laquelle aura pour mandat d'assurer le respect des lois et règlements.

« C'est une bonne nouvelle puisque Revenu Québec aura assurément plus de mordant que le ministère du Tourisme qui disposait de très peu d'outils pour assurer le respect des lois », soutient Mme Patenaude.

Peu d'enthousiasme chez les hôteliers

Éric Faust, directeur général de l'Hôtel Le Président, aimerait que le gouvernement et les municipalités soient plus sévères envers l'hébergement illégal.

« Oui, on parle d'équité fiscale aujourd'hui, mais la perception de la taxe d'hébergement n'enrayera pas l'hébergement illégal qui demeure le principal problème », affirme M. Faust.

Selon lui, le gouvernement aurait pu profiter de la signature d'une entente avec Airbnb pour aller plus loin.

« L'entente aurait pu concerner l'enregistrement à la CITQ. Airbnb aurait pu demander le certificat d'enregistrement avant de donner le statut d'hôte aux personnes et on aurait régler une grosse partie du problème », exprime le directeur général, en soulignant les importantes sommes qui échappent présentement au gouvernement.

« On parle d'un retour annuel d'environ 3 M$ pour le gouvernement, mais il y a tellement plus d'argent que ça qui lui échappe. »

Sylvain Beauséjour, gestionnaire du Marquis de Montcalm, a également commenté l'annonce sur sa page Faceobok personnelle.

« Avec cette entente, le gouvernement vient encore une fois de légitimer un peu plus l'hébergement illégal au Québec, en ne responsabilisant pas les hôtes-hébergeur de se faire classifier par la Commission de l'industrie touristique du Québec et ainsi échapper à la facilité de les identifier afin de vérifier s'ils paient leur juste part d'impôt comme tous bons citoyens », a-t-il écrit.

Sylvie Pomerleau, directrice générale du Grand Times Sherbrooke, s'est pour sa part réjouie pour les plus petits joueurs de l'industrie qui réclamaient une intervention gouvernementale depuis longtemps.

Le propriétaire du Floral, Marc Dumas, a préféré ne pas commenter l'annonce. Il a été impossible d'obtenir les commentaires du Delta.

Le dossier au conseil à l'automne

Les élus municipaux sherbrookois devront se pencher sur le dossier d'Airbnb dans les prochaines semaines. Le sujet sera abordé au conseil d'ici le 2 octobre, affirme Louis Gosselin, relationniste à la Ville.

Comme l'été passé, la Ville a fait de grands efforts dans les derniers mois afin de contrer l'hébergement illégal. Rappelons que l'usage « résidence touristique » n'est autorisé en aucun endroit sur le territoire de la Ville de Sherbrooke. Pour un individu, l'infraction peut aller jusqu'à 2000 $. Pour une personne morale ou une compagnie à numéro, l'amende maximale est de 4000 $.

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Lynn Blouin

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Des résidences universitaires disponibles pour vacanciers

Avec ses quelques hôtels et gites, la Ville de Sherbrooke ne dispose pas d'une offre d'hébergement des plus éclatées. La location d'une chambre en résidence universitaire pourrait toutefois être une alternative intéressante pour les voyageurs au budget réduit.

« Il y a un type d'hébergement disponible à Sherbrooke et pas ailleurs qui pourrait être semblable à un appartement ou une chambre sur Airbnb et il s'agit des résidences de l'Université de Sherbrooke et de l'Université Bishop's », affirme Lynn Blouin, directrice promotion, accueil, tourisme d'affaires et sportif de Destination Sherbrooke.

« C'est moins connu, mais il est possible de louer les résidences universitaires l'été pour seulement quelques jours à l'instar d'une chambre d'hôtel. Et les personnes ont accès entre autres à des cuisines. Ça peut être une alternative fort intéressante pour quelqu'un qui veut voyager à moindre coût », fait-elle valoir.

Le coût d'une chambre avec lit simple est de 45 $ la nuit; 62 $ avec un lit double. La location d'un appartement se détaille à 95 $. Pour plus d'informations, visitez le www.usherbrooke.ca/hebergement/hotellerie/.




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