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Jeunes libéraux : vote massif pour un ordre professionnel des enseignants

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Le premier ministre Philippe Couillard a mis au défi les syndicats de professeurs en leur demandant de prendre part au débat.

Spectre média, René Marquis

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Crédit photo : Spectre média : Jessica GarneauJournaliste : Cut Simon Roberge
Simon Roberge
La Tribune

(SHERBROOKE) Les membres de la commission jeunesse du Parti libéral du Québec, réunis en congrès à l'université Bishop's samedi et dimanche, ont voté massivement pour la mise sur pied d'un ordre professionnel des enseignants.

Les jeunes libéraux ont fait valoir qu'un ordre permettrait notamment de radier les enseignants incompétents, qui sont actuellement protégés par les syndicats.

Selon la résolution adoptée par les jeunes libéraux, le « gouvernement s'emploie à valoriser la profession d'enseignant en entamant une réflexion sur l'encadrement de la profession qui pourrait mener à la mise en place d'un ordre professionnel ».

Un ordre professionnel permettrait notamment de « rendre obligatoire le suivi de formation continue », peut-on y lire.

Plusieurs des jeunes libéraux qui se sont succédé au micro pendant le débat en plénière ont fait état de professeurs incompétents ou qui n'avaient pas la formation pour enseigner la matière, ou encore qui étaient incapables de se servir d'un ordinateur.

En point de presse un peu avant le débat et le vote, le ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx, a laissé entendre que l'ordre des enseignants pourrait être une des mesures d'un bouquet plus large visant à valoriser la profession.

Une « perte de temps » selon le syndicat

« C'est une perte de temps et on fait fausse route », mentionne le président du Syndicat de l'enseignement de l'Estrie, Robert Bergevin.

« Un ordre ne sert pas à valoriser une profession, ça sert à l'encadrer, la structurer et protéger le public. Dans le cas des enseignants, il y a déjà plusieurs mécanismes en place, dont le protecteur de l'élève. Le public est déjà suffisamment protégé. » « Ça va seulement rajouter encore plus de bureaucratie et les enseignants auront encore moins de temps à dédier aux élèves ».

M. Bergevin invite du même coup les libéraux à se regarder dans le miroir lorsque vient le temps de parler d'éducation.

« Si les jeunes libéraux veulent améliorer l'éducation, qu'ils s'intéressent d'abord aux investissements du gouvernement. C'est bien beau des idées, mais il faut nous donner des moyens. »

« Pas une catastrophe nucléaire »

Un ordre professionnel des enseignants ne provoquerait pas une « catastrophe nucléaire » au Québec, estime le premier ministre Philippe Couillard.

Il a ainsi cautionné la résolution adoptée par les jeunes libéraux réclamant à son gouvernement la mise sur pied d'un ordre professionnel.

Dans son discours prononcé à la clôture du congrès dimanche midi, le premier ministre a salué cette initiative qui relance un débat pourtant tenu maintes fois au Québec.

M. Couillard a non seulement fait remarquer qu'un ordre professionnel des enseignants existe déjà en Ontario, mais il a également écorché les syndicats qui ont exprimé leur hostilité.

« Quand on soumet une idée et que quelqu'un veut couper le débat dès le début, dites-vous bien que c'est peut-être le signe que c'est une bonne idée à explorer. En Ontario, il y en a un ordre professionnel et puis un syndicat, les deux ont l'air de fonctionner, je ne pense pas qu'il y a eu une catastrophe nucléaire. »

En conférence de presse peu après, M. Couillard a mis au défi les syndicats de professeurs en leur demandant de prendre part au débat.

« Qu'ils viennent nous expliquer pourquoi c'est une mauvaise idée, pourquoi ce ne serait pas bon pour les élèves ou l'éducation au Québec », a-t-il affirmé.

Le chef libéral a tenu à préciser qu'il y a par ailleurs bien d'autres façons toutefois de valoriser la profession d'enseignant et la réussite éducative. Il ne s'agirait donc là que d'une mesure parmi tant d'autres.

Du reste, il a pelleté toute la responsabilité de la suite des choses à son ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx.

La résolution prévoit que le gouvernement demande à l'Office des professions la mise à jour des données sur cet enjeu. Le gouvernement devra aussi s'informer des « instances régulatrices » semblables qui existent déjà dans le reste du pays.

Sébastien Proulx prévoit déjà un chantier au cours de l'automne prochain sur la valorisation de la profession d'enseignant. Avec La Presse canadienne




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