Les incapacités de conduire en hausse marquée au Québec

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Selon les statistiques de la SAAQ, les 75 ans et plus sont impliqués dans six pour cent des accidents, contre 20 pour cent pour les 16 à 24 ans.

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(Sherbrooke) Plus de 11 248 conducteurs ont fait l'objet d'une déclaration d'incapacité à la conduite de la part d'un professionnel de la santé à la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ) au cours de la dernière année.

« Et ce ne sont pas toutes des personnes aînées », précise le médecin spécialiste à la SAAQ Dr Jimmy Dow.

La question de la conduite automobile des aînés est revenue dans l'actualité la semaine dernière notamment à la suite de la déclaration de non-responsabilité criminelle pour troubles mentaux de Roger Marmonier, cet homme de 86 ans de Sherbrooke qui avait fauché un piéton dans l'est de Sherbrooke, alors qu'il était ivre au volant.

« Les professionnels de la santé doivent faire ce type de déclaration dans tous les cas d'incapacité à la conduite peu importe l'âge. Même si les déclarations sont faites à 99 pour cent par les médecins; les infirmiers, les ergothérapeutes, les psychologues ainsi que les optométristes peuvent faire ce type de déclaration. Ils sont ainsi protégés des recours que pourraient intenter les détenteurs de permis à leur endroit », explique le Dr Dow.

Les médecins ont l'obligation déontologique de faire ce type de déclaration lorsque le détenteur de permis de conduire remplit trois conditions, soit que le professionnel de la santé lui a conseillé de ne pas conduire, que le conducteur a manifesté son intention de ne pas suivre son conseil et que son incapacité pourrait causer un danger pour un autre usager de la route ou pour lui-même.

« Le premier devoir du professionnel de la santé demeure toutefois de convaincre le détenteur de permis de conduire d'informer la SAAQ de son incapacité à conduire », soutient le Dr Dow.

Dans 93 pour cent des déclarations d'incapacité de conduite, la SAAQ impose des modifications aux conditions de conduite, donc pas nécessairement à une interdiction.

Depuis 2003, ce nombre de déclarations est passé de 1800 à près de 11 250 de 2016. Les ateliers de formation de la SAAQ auprès des médecins ont permis de faire bondir ce type de déclaration.

« Nous avons connu le même phénomène avec les policiers qui peuvent soumettre une demande de vérification de la santé du conducteur. Le taux a doublé pour atteindre plus de 4000 demandes en 2016 », indique le Dr Jimmy Dow.

La SAAQ impose aux conducteurs de fournir un bilan médical dans les six mois précédents les 75 ans, les 80 ans et aux deux ans par la suite.

« C'est un exercice obligatoire. La SAAQ a suspendu 1019 permis après analyse de 140 222 dossiers. Chaque conducteur a l'obligation d'informer la SAAQ des modifications majeures à sa santé qui pourraient limiter ses capacités de conduire. Le signalement demeure la meilleure façon de prévenir », explique le porte-parole de la SAAQ, Mario Vaillancourt.

Il rappelle cependant que la bonne conduite au volant n'est aucunement une question d'âge.

Le porte-parole de la SAAQ signale que les 16-24 ans, qui représentent environ 10 pour cent des conducteurs, sont impliqués dans environ 20 pour cent des accidents avec blessés, alors que les 75 ans et plus, soit quatre pour cent des détenteurs de permis de conduire sont impliqués dans 6 pour cent des accidents.

« Dans notre plan stratégique, nous souhaitons raffiner le dépistage des conducteurs à risque. Il est trop tôt pour le moment pour cibler quel moyen sera utilisé », indique Mario Vaillancourt de la SAAQ.




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