Chaos au Venezuela: l'inquiétude s'étend jusqu'à Sherbrooke

Le Venezuela est au bord de l'effondrement économique... (Photo archives AP)

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Le Venezuela est au bord de l'effondrement économique et 80% des Vénézuéliens désapprouvent la gestion du président Maduro, selon l'institut de sondages Datanalisis.

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(SHERBROOKE) Le conflit au Venezuela a fait jusqu'à maintenant une centaine de morts et des milliers de blessés. La situation est critique et inquiète Maria Hernandez, qui voit la situation de l'intérieur, elle qui a encore de la famille et des amis pris dans ce climat de guerre civile.

« Je reçois des vidéos et des images de mes amis et ma famille qui me montre réellement ce qui se passe et c'est horrible », confie Mme Hernandez, résidante de Sherbrooke d'origine vénézuélienne.

« La situation est vraiment critique, car tout est contrôlé par le gouvernement. Il n'y a pas de nourriture, pas de médicament, pas de sécurité, il n'y a rien, rien, rien! », a-t-elle répété à plusieurs reprises durant l'entrevue avec La Tribune.

« Les gens ont peur de sortir acheter des choses parce qu'ils ont peur d'être tués », ajoute-t-elle.

Elle et des amis vénézuéliens de Sherbrooke envoient même des boîtes de nourriture et de vêtement pour tenter d'aider leurs proches.

« Je suis inquiète pour ma mère qui est encore là-bas. J'essaie de l'aider à sortir du pays. Elle attend depuis des mois pour son passeport », souligne Maria Hernandez, qui est à Sherbrooke depuis 12 ans.

Cette dernière ne croit pas que la situation va se régler de sitôt.

« Si le gouvernement continue de tout contrôler, je pense que c'est une guerre civile qui va éclater parce que les gens sont vraiment frustrés. »

Mathieu Arès... (Archives La Tribune, Jessica Garneau) - image 2.0

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Mathieu Arès

Archives La Tribune, Jessica Garneau

« Il est en train de faire un Cuba »

Joint par La Tribune, le professeur en politique appliquée Mathieu Arès qualifie de « chaos » la situation au Vénézuéla, un conflit qui part d'aussi loin que la présidence de Chavez.

Depuis quatre mois, les manifestations se sont intensifiées. Les Vénézuéliens sortent dans les rues pour s'opposer notamment à la réécriture de la Constitution.

« Les manifestations vont continuer à s'amplifier, tant et aussi longtemps que l'économie n'ira nulle part et on ne voit pas pourquoi elle remonterait subitement », souligne-t-il.

La Constitution serait réécrite par les 545 membres de l'Assemblée constituante. « Mais essentiellement ce sont des gens de sa gang », mentionne Mathieu Arès en parlant du président Maduro.

« La Constituante aura tous les pouvoirs, notamment celui de réécrire la Constitution et de désavouer la chambre. C'est là qu'on dit que ça devient antidémocratique. Les Vénézuéliens, d'un côté, élisent des députés d'oppositions, mais la constitution aurait le droit de dire "on s'en fout" », explique M. Arès.

Suite à la mort de Chavez, son ancien vice-président Nicolas Maduro a été élu en 2013.

« Il n'a pas été élu avec une grande majorité, il n'était donc pas déjà très légitime. Ensuite, la crise s'est installée. Maintenant il n'y a plus d'argent, les protestations enveniment le peu d'économie qui reste, l'inflation est galopante, il a fermé les principaux journaux, il a fait emprisonner le chef d'opposition... En termes de méthode, c'est digne d'un dictateur. Il est en train de faire un Cuba, c'est aussi simple que ça », commente le professeur de l'Université de Sherbrooke.

L'opposition pourrait-elle venir à bout du président Maduro et éventuellement le destituer?

« Tant que l'armée soutient le régime, je ne pense pas qu'à court terme l'opposition puisse faire grand-chose. Elle n'est pas armée, à moins qu'on voie la création de milices, c'est un scénario possible. D'un autre côté le régime attend juste des appels à la violence des leaders de l'opposition pour les enfermer », souligne-t-il.

« Il y a quand même une faiblesse du côté de l'opposition. Si tout le monde est d'accord qu'on ne veut plus Maduro, on ne sait plus trop ce qu'on veut », ajoute Mathieu Arès.

Selon le professeur universitaire, pour résoudre le conflit politique, il n'y a qu'une solution possible.

« La seule chose qui pourrait les sauver serait une remontée subite des prix du pétrole, parce que selon moi, c'est une situation carrément intenable. »




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