Insomnie chronique : la fatigue au quotidien

Stéphanie Roy souffre d'insomnie chronique depuis plus de... (Spectre Média, Stéphanie Vallières)

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Stéphanie Roy souffre d'insomnie chronique depuis plus de 30 ans. Aujourd'hui, elle décide de vivre avec son trouble et n'espère plus de trouver de remède.

Spectre Média, Stéphanie Vallières

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(Sherbrooke) Selon une récente étude du groupe santé Medisys, la conduite sous privation de sommeil serait équivalente à conduire en état d'ébriété. Mais pour ceux qui souffrent d'insomnie chronique, les conséquences se font ressentir au quotidien.

Imaginez être fatigué en permanence tout en étant incapable de dormir plus de trois heures de suite. C'est la réalité de Stéphanie Roy depuis plus de 30 ans.

« Ç'a un impact sur ma vie tous les jours, je manque d'énergie. Je manque énormémement de mémoire, je dois tout noter dans mon agenda », explique l'intervenante chez Iris Estrie.

Aussi, la patience se fait parfois rare et ses collègues comprennent maintenant qu'il peut lui arriver d'être d'humeur moins bavarde.

Le corps en subit aussi les conséquences. « Quand je suis trop fatiguée, je vois brouillé, mon regard est plus fou. Mon corps me lâche aussi parfois, mes jambes bloquent et je tombe. Sinon je fais des rages de dents quand je vis beaucoup de stress, par exemple quand j'étais en fin de session. »

Mais Stéphanie Roy a appris à vivre avec sa condition et ne tente plus d'y remédier par quelconques traitements, parfois coûteux. Après avoir vécu une période d'abus de drogues et de somnifères, elle estime que de ne rien faire est la meilleure solution pour elle. « Rien ne fonctionne, donc je ne vais pas plus loin. Je suis habituée au quotidien, je n'y pense même plus », confie celle qui ne consomme plus depuis huit ans.

« Le bon côté, c'est que mon corps est toujours en alerte. J'ai un bon instinct, une mémoire photographique, une bonne intuition et je suis très analytique. Cela s'avère très pratique dans mon travail d'intervenante, ça m'aide à bien réagir », poursuit-elle, prête à continuer à vivre avec son insomnie.

Dernier espoir

Depuis près de 20 ans, Pierre Fisette ne dort pratiquement pas plus de deux heures par jour. Et ce n'est jamais un sommeil profond dans les bras de Morphée.

Contrairement à Mme Roy, l'homme de 56 ans effectue une dernière tentative pour régler son problème. Au cours des prochains jours, il entamera une thérapie.

Sur une liste d'attente à la clinique du sommeil de l'Hôpital du Sacré-Coeur depuis deux ans et demi, on lui a proposé de se tourner vers le privé. Si en Estrie des services sont offerts pour l'apnée du sommeil, les gens souffrant d'insomnie doivent plutôt se tourner vers Montréal.

« Ça coûte 180 $ de l'heure, mais même si ça avait été 300 $, je l'aurais fait. Ce ne sont pas des charlatans, c'est une clinique reconnue », mentionne M. Fisette.

Le traitement qui durera de 5 à 8 semaines se fera entièrement à distance avec des spécialistes qui lui conseilleront des exercices à la lumière des renseignements fournis.

M. Fisette espère faire partie du 85 % de réussite de la thérapie, car pour lui ne pas pouvoir dormir est la pire chose qui soit.

« Je suis un artiste et je ne fais plus d'expositions, je ne prends plus de contrat. J'ai commencé un tableau il y a six mois et il est encore sur mon chevalet. Il y a des journées où je ne bouge simplement plus. Je reste sur le divan toute la journée, je ne peux juste plus me lever », souligne celui qui a même perdu huit kilos au cours des derniers mois.

Sa vie sociale en souffre aussi, sa fatigue l'empêchant de se joindre à des soirées qui s'étirent plus tard que 22 h.

« J'ai tout essayé : les médicaments, les produits naturels, la méditation, la relaxation... je cogne à la dernière porte », laisse tomber celui qui tente de vivre normalement malgré tout.




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