Des autocollants xénophobes au centre-ville de Sherbrooke

Des autocollants contre l'immigration ont fait leur apparition... (Spectre média, Jessica Garneau)

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Des autocollants contre l'immigration ont fait leur apparition au centre-ville, entre autres sur le pont Montcalm.

Spectre média, Jessica Garneau

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(SHERBROOKE) Des autocollants contre l'immigration ont fait leur apparition au centre-ville de Sherbrooke dans la journée de mardi. Les messages « Ils ne nous feront pas taire », et « Minoritaires sur nos propres terres : jamais », sont signés de la Fédération des Québécois de souche.

Des autocollants contre l'immigration ont fait leur apparition au centre-ville de Sherbrooke dans la journée de mardi. Les messages « Ils ne nous feront pas taire », et « Minoritaires sur nos propres terres : jamais », sont signés de la Fédération des Québécois de souche.

D'autres autocollants dénoncent plus directement l'immigration, y voyant un « geste imposé ». Les messages se terminent avec la question « Et vous, qu'y gagnez-vous?»

Le porte-parole de la Fédération des Québécois de souche, Rémi Tremblay explique que « ces collants font partie d'une campagne à l'échelle de la province pour dénoncer l'immigration massive qui mènera inévitablement à notre perte de statut majoritaire sur notre propre terre. C'est la raison pour laquelle de nombreux militants tant à Sherbrooke que dans d'autres villes ont diffusé nos collants ».

Un citoyen qui refuse d'être identifié estime avoir arraché une vingtaine d'autocollants apposés sur les poteaux et lampadaires des rues Wellington Nord et Sud. D'autres messages du même type ont pu être observés autour du lac des Nations et sur la rue King Ouest, au centre-ville. Certains, toujours en place lors du passage de La Tribune, avaient néanmoins été endommagés.

Le citoyen en question rapporte avoir téléphoné au Service de police de Sherbrooke (SPS) pour dénoncer la situation mardi soir. On l'aurait alors référé au service de la voirie à la Ville de Sherbrooke même s'il aurait mentionné le caractère des propos imprimés sur les autocollants.

Le porte-parole Philippe Dubois répond pourtant que le SPS n'avait pas été avisé de la situation. « Nous tenterons de prendre action. Au Code criminel, il s'agit d'un méfait public qui pourrait mener à des arrestations. Nous ne laisserons pas faire ça. »

Des autocollants « Sherbrooke, ville fière de sa diversité » ont aussitôt été imprimés par l'Association générale étudiante de la faculté des lettres et sciences humaines de l'Université de Sherbrooke (AGEFLESH) pour lutter contre le racisme. Sur Facebook, l'association étudiante propose à ses membres d'en récupérer à son local. À l'AGEFLESH, on indique qu'il fait partie de la mission de l'association de prendre des positions dans ce genre de situation et de mettre du matériel à la disposition de ses membres. Il n'a toutefois pas été encouragé d'apposer ces autocollants sur des biens publics.

«Nous nous impliquons de plus en plus. Nous étions présents lors de la Fête nationale.»


La Fédération des Québécois de souche (FQS), qui compte plus de 7000 adeptes sur Facebook, déclare avoir des unités militantes locales partout au Québec. « Nous sommes un réseau d'hommes et de femmes, Québécois de souche, partisans du principe de l'union sacrée entre une terre et son peuple. Nous sommes nationalistes. Il n'est pas question de politicailleries partisanes, mais de la survie de notre peuple - de notre survie. Face à l'agression, nous sommes nationalistes », peut-on lire sur le site de l'organisation.

Inacceptable

Le directeur général de la Fédération des communautés culturelles de l'Estrie, Boubacar Cissé, trouve l'utilisation des autocollants anti-immigration inacceptable. « C'est vraiment dommage. On nous disait souvent que nous n'étions pas visibles lors d'événements comme le 24 juin ou le 1er juillet. Nous nous impliquons de plus en plus. Nous étions présents lors de la Fête nationale. C'est un signe qu'il faut faire un peu plus de sensibilisation. D'après moi, il s'agit d'un acte isolé, mais ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas d'efforts à faire pour organiser des activités de rapprochement avec la communauté d'accueil. Il n'y a jamais trop d'activités de rapprochement. »

Boubacar Cissé ne se laisse pas déranger par l'expression « Québécois de souche ». « Je suis ici depuis 35 ans alors je me considère comme un Québécois de souche. Nous sommes tous Québécois et nous devons travailler ensemble. Je crois que ces gestes viennent de quelques individus isolés qui sont prêts à n'importe quoi pour qu'on leur donne plus d'attention. »

Candidat aux élections dans le district du Lac-des-Nations, Raïs Kibonge a réagi sur Facebook. « En tant que citoyen qui fait partie d'une minorité visible, cet affichage vient réveiller les histoires de blessures et les épreuves vécues par mes parents [...] mais il permet aussi de me rappeler les leçons qu'ils en ont tirées et qu'ils m'ont transmises, à savoir être la voix qui s'élève contre l'injustice. » Il se réjouissait des nombreuses dénonciations manifestées mercredi.




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