Des excuses à la famille d'Isabelle Bolduc

Marcel Bolduc a suivi avec  atttention le témoignage... (La Tribune, René-Charles Quirion)

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Marcel Bolduc a suivi avec  atttention le témoignage de Jean-Paul Bainbridge, l'un des meurtriers de sa fille Isabelle. « Vous êtes responsable des pires crimes du Code criminel envers ma fille», lui a-t-il adressé à la fin de son exposé.

La Tribune, René-Charles Quirion

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(Laval) « Ce que j'ai fait est terrible. J'ai commis des gestes complètement gratuits. Je ne pourrai jamais remettre ce que j'ai enlevé et je m'en excuse. »

Nerveux, les cheveux grisonnants, la chemise de prisonnier bleue boutonnée jusqu'au cou, Jean-Paul Bainbridge se trouvait à quelques mètres de Marcel Bolduc et de sa fille Julie lorsqu'il a présenté ses excuses de leur avoir enlevé Isabelle en juin 1996 lors de son audition devant la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC).

Enfant issu d'un inceste qui a développé une aversion envers les femmes, Jean-Paul Bainbridge a été abusé une partie de son enfance. Celui qui a vécu des problèmes d'alcoolisme et de toxicomanie en bas âge affirme qu'il considérait les femmes comme des objets sexuels à l'époque où il a commis le meurtre d'Isabelle Bolduc. Après avoir été détenu quatre années au pénitencier à sécurité maximale de Port-Cartier, une douzaine d'années à celui à sécurité moyenne de Drummondville, puis maintenant au centre de formation fédéral à Laval, il affirme regretter les événements de juin 1996 où il a enlevé la vie d'Isabelle Bolduc.

Jean-Paul Bainbridge a suivi un parcours carcéral « sans embûche majeure » depuis les 21 dernières années.

« Personne ne méritait ce qui est arrivé. Je l'ai enlevée, puis j'ai fini par la tuer. J'ai projeté le mal que j'avais vécu sur une personne innocente. J'aurais aimé être la personne que je suis aujourd'hui pour que ce qui est arrivé n'arrive jamais (...) Au début de toute cette affaire-là, je n'ai jamais pensé que ça allait finir en un meurtre. Mon but n'était pas de tuer quelqu'un », soutient Jean-Paul Bainbridge.

L'individu de 46 ans affirme regretter le mal qu'il a fait à la famille Bolduc.

« Si je la voyais (NDLR: Isabelle Bolduc), je lui demanderais pardon. J'ai complètement viré à l'envers la vie de sa famille. Je suis un monstre à leurs yeux », a mentionné Bainbridge.

Il estime que son parcours carcéral, la spiritualité autochtone puis son attrait pour la sculpture l'ont fait cheminer au fil des deux dernières décennies de réclusion.

« Je ne veux plus faire de mal à personne par mes paroles ou par mes gestes. Je ne veux plus avoir recours à des pensées nuisibles pour gérer mes problèmes », a mentionné Bainbridge.

Comme lui permet la CLCC, Marcel Bolduc a déposé une déclaration à Bainbridge et aux commissaires.

Il s'est aussi exprimé devant le meurtrier de sa fille.

« Vous êtes responsable des pires crimes du Code criminel envers ma fille. L'information que l'on donne de vos vingt années de vie carcérale se résume à trois pages. L'information que l'on nous donne est vraiment incomplète », a déploré Marcel Bolduc.

Ce dernier affirmait ne pas s'opposer à la demande de sortie avec escorte, mais avait insisté pour que la surveillance soit adéquate. Il avait aussi demandé aux commissaires d'émettre des interdictions pour que Jean-Paul Bainbridge ne puisse se trouver sur les territoires où pourraient se trouver l'un des membres de sa famille.




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