Des aides de service en renfort au CIUSSS de l'Estrie-CHUS

Les aides de service à l'hébergement embauchées dans... (Archives, La Presse)

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Les aides de service à l'hébergement embauchées dans les CHSLD du CIUSSS de l'Estrie-CHUS peuvent accomplir plusieurs tâches techniques comme remplir des plateaux et mouiller des débarbouillettes, ce qui dégage du temps aux préposés aux bénéficiaires pour accomplir des tâches liées aux patients, comme les aider à manger.

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(SHERBROOKE) Le manque de préposés aux bénéficiaires (PAB) est si critique et les risques de bris de service sont si élevés cet été au CIUSSS de l'Estrie-CHUS qu'un nouveau titre d'emploi a été introduit au sein de la structure de soins et services : les aides de service en hébergement. Leur rôle est d'épauler les PAB sans toutefois avoir le droit de donner de soins directs aux patients.

Le grand CIUSSS de l'Estrie embauche actuellement 2315 préposés et aimerait en engager 560 d'ici un an, soit près de 20 % de plus qu'actuellement. Le CIUSSS embauche 1238 infirmières auxiliaires et en recherche 197 nouvelles d'ici l'été 2018 (15 % de plus).

« La pénurie est critique », fait savoir Sylvie Quenneville, directrice adjointe au programme de soutien à l'autonomie des personnes âgées au CIUSSS de l'Estrie-CHUS.

« Dans un contexte de pénurie de main-d'oeuvre, et comme on s'attend à ce que cet été soit probablement le pire à passer, nous avons décidé d'introduire les aides de service pour voir les impacts qu'il y aura sur nos services », explique Sylvie Quenneville.

Les aides de service en hébergement ont principalement été ajoutées dans les CHSLD de Sherbrooke où le manque de personnel soignant est important, à Lac-Mégantic où le recrutement est plus difficile en raison de l'éloignement et dans certains centres de la région de Granby également.

Les aides de service peuvent remplir les plateaux, mouiller des débarbouillettes, nettoyer les lunettes des patients, préparer leurs vêtements pour le lendemain, refaire des lits, désinfecter les bains, etc.

« Il n'y a pas de valeur ajoutée pour les patients, mais ces tâches sont des nécessités qui n'ont pas besoin d'être faites par des PAB », explique Mme Quenneville.

« Les PAB ont été formés pour donner des soins aux patients. On veut donc les dégager pour qu'ils donnent les bons soins aux patients : l'aide à la marche et à l'alimentation par exemple », ajoute-t-elle.

Banc d'essai

Même s'il ne s'agit pas à proprement parler d'un projet-pilote, l'embauche de ces aides de service pour la période estivale servira tout de même de banc d'essai pour une éventuelle intégration plus globale au sein de l'organisation.

« S'il y a une plus-value, nous allons nous asseoir avec nos partenaires syndicaux cet automne pour voir comment nous pourrions intégrer les aides de service en hébergement dans nos structures », souligne Sylvie Quenneville.

Les aides de service n'ont besoin d'aucune formation spécifique pour être embauchées, mais les personnes qui ont une orientation vers la santé sont privilégiées. « Nous voyons ce poste comme une porte d'entrée dans le système de santé : les jeunes peuvent venir voir si le contact avec la clientèle leur convient avant d'entamer des études. Ça peut être un beau tremplin », assure Sylvie Quenneville.

Une infirmière auxiliaire a contacté La Tribune pour déplorer l'arrivée de ces aides de service dans le département où elle travaille. « À quoi ça sert d'avoir plus de personnel s'il ne peut pas interagir avec les patients? Les patients ont besoin d'aide et de services, pas juste qu'on mouille leur débarbouillette. Il y a des jours, dans les CHSLD, où nous sommes incapables de sortir les patients de leur lit parce qu'il y a trop de PAB absents et qu'on ne peut pas être deux pour faire les manipulations nécessaires. Pour les patients alités, on doit leur faire deux ''tournés'' (dans leur lit) par quart de travail. Mais si le patient urine entre deux tournés, il va devoir attendre au prochain tourné pour être changé, parce qu'on n'a pas le temps d'en faire un de plus dans les conditions de travail que nous avons », déplore cette infirmière auxiliaire qui est constamment sollicitée pour faire des heures supplémentaires.

Sylvie Quenneville acquiesce : « Dans un monde idéal, on embaucherait plus de PAB! S'il y en a un de disponible, c'est certain qu'il ne restera pas chez lui à se tourner les pouces. Mais dans une vision globale de la réalité où on ne peut pas en embaucher assez pour faire l'ensemble du travail, les aides de service pourront nous être utiles. »

Le salaire des aides de service a été fixé à 18,83 $ sans échelle salariale, alors que celui des PAB varie de 17,23 $ à 23,04 $ selon l'échelon.




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