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L'Associaton culturelle islamique de l'Estrie garde le cap malgré l'expérience de St-Apollinaire

Mohamed Golli: «Nous n'avons pas le choix de... (Spectre média, Jessica Garneau)

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Mohamed Golli: «Nous n'avons pas le choix de trouver un terrain quelque part. La communauté musulane compte plus de 300 000 Québécois. Il n'y a que 6500 places disponibles dans nos cimetières. Il faut trouver une solution. »

Spectre média, Jessica Garneau

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(SHERBROOKE) Le rejet par référendum du projet de cimetière musulman à Saint-Apollinaire ne décourage en rien la communauté musulmane estrienne à poursuivre les démarches pour dénicher un terrain pour son propre cimetière à Sherbrooke.

« On capitalisera sur ce référendum, parce qu'il a suivi un processus démocratique. Là où nous sommes inquiets, c'est que si nous recevons une réponse négative, ce sera plus de travail pour nous et nous sommes tous bénévoles », fait valoir d'entrée de jeu Mohamed Golli, président du conseil d'administration de l'Associaton culturelle islamique de l'Estrie (ACIE).

M. Golli rappelle que l'idée d'avoir un cimetière pour la communauté musulmane ne date pas d'hier. Des démarches sont en cours depuis 1993.

« Un oui aurait envoyé un message positif et un non peut être interprété comme un rejet, mais notre rôle, comme dirigeant d'un organisme communautaire, c'est de sensibiliser les deux côtés. Je dis aux membres d'expliquer à leurs voisins comment le rite est différent, mais surtout comment il est semblable. D'expliquer comment il est écologique aussi. »

Mohamed Golli, comme la présidente du comité des relations interculturelles et de la diversité à la Ville de Sherbrooke, Annie Godbout, estime qu'une plus grande sensibilisation pourrait faire une différence.

« Nos confrères à Québec auraient pu gagner leur cause en expliquant ce qu'implique le cimetière, en réduisant l'anxiété. Nous n'avons pas le choix de trouver un terrain quelque part. La communauté musulane compte plus de 300 000 Québécois. Il n'y a que 6500 places disponibles dans nos cimetières. Il faut trouver une solution », dit M. Golli.

Dialogue nécessaire

« Le volet du dialogue interculturel sera important, fait valoir Annie Godbout. L'Association travaille déjà à des activités de sensibilisation pour démystifier la religion et démontrer ce que nous avons en commun plus que ce qui nous différencie. L'enjeu de la sensibilisation, c'est toujours de rejoindre un maximum de la population pour ne pas toucher uniquement ceux qui sont déjà sensibilisés. »

Mohamed Golli souhaite par ailleurs qu'une loi permette l'accès à des projets similaires sans contraintes. En ce sens, il considère que la loi 122, qui pourrait mener à l'abolition des référendums citoyens, joue en la faveur de la communauté musulmane.

Mme Godbout prévient que pour le moment, les référendums ne sont pas abolis et que les règles devront être claires s'il est possible de suspendre les plébiscites pour certains projets. « Comme élus, nous ne pourrons pas choisir arbitrairement quel projet va en référendum. Il faudra que ce soit encadré avec des paramètres. En ce moment, c'est flou parce que nous sommes à cheval entre deux façons de faire. »

Quant aux recherches pour un terrain qui pourrait accueillir le cimetière musulman de Sherbrooke, les démarches demeurent laborieuses. « Les terrains qui sont prêts sont rares. Les autres nécessitent un travail important. Nous ne pouvons pas avoir seulement un carré dans un cimetière multiconfessionnel. Nous voulons protéger notre terrain pour qu'il reste la propriété de tous les membres de la communauté musulmane », explique M. Golli, qui promet néanmoins un projet unique au Québec.

Enfin, Annie Godbout mentionne que selon la dernière rencontre qu'elle a eue sur le sujet, « la balle est dans le camp de l'ACIE pour trouver le meilleur emplacement possible. Il faudra les accompagner pour le volet réglementaire et administratif, mais le volet du dialogue interculturel sera aussi important. »




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