Médicaments génériques: l'industrie consent une baisse de 40 %

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Gaétan Barrette

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(Montréal) Le gouvernement du Québec a conclu, vendredi soir, une entente qui fera économiser aux Québécois plus de 1,5 milliard de dollars en frais de médicaments génériques au cours des cinq prochaines années, a annoncé dimanche matin le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette.

« Au Québec, comme à bien des endroits au Canada et ailleurs dans le monde, les médicaments génériques sont trop chers, a dit M. Barrette en point de presse au centre-ville de Montréal. Avec cette entente, les prix vont diminuer de l'ordre de 300 millions de dollars par année. »

Le ministre a dit s'être entendu vendredi soir avec l'Association canadienne du médicament générique (ACMG), soit la veille du jour où le mécanisme d'appel d'offres dans le secteur des médicaments génériques devait entrer en fonction.

« Nous nous étions donné un levier [avec le mécanisme d'appel d'offres], et ça nous a permis d'en arriver à cette entente. Il s'agissait de trouver le point d'équilibre, le point raisonnable, afin de protéger l'industrie pharmaceutique et les emplois, et pour payer moins cher. »

Québec paie environ 790 millions par an pour l'achat de médicaments génériques, somme qui va baisser à 490 millions lorsque l'entente entrera en vigueur cet automne. « On parle d'une économie de 40 %. C'est énorme. Dans notre système, c'est du jamais-vu. »

Les sommes économisées seront « réinvesties dans le système de santé » dans des projets dont les détails seront annoncés ultérieurement, a dit le ministre Barrette.

Nouvelle-Zélande?

Le gouvernement ne laisse-t-il pas de l'argent sur la table en choisissant de s'entendre avec les fabricants canadiens de médicaments plutôt que de laisser le mécanisme d'appel d'offres jouer son rôle?

Pour le ministre Barrette, Québec doit aussi s'assurer de maintenir les emplois dans le secteur de l'industrie pharmaceutique.

« En Nouvelle-Zélande, par exemple, les prix des médicaments sont encore plus bas qu'au Québec, mais les médicaments viennent tous de pays comme l'Inde, comme la Chine. Il n'y a aucune industrie pharmaceutique en Nouvelle-Zélande. [...] Est-ce que c'est le prix le plus bas que nous pourrions payer? Peut-être que non, mais le prix à payer pour avoir le prix le plus bas aurait pu être une perte d'emplois. Nous pensons que nous avons bien agi. »

Baisses des primes d'assurance?

En plus de faire baisser les prix des médicaments achetés par l'État, l'entente doit faire baisser ceux des médicaments qu'achètent les citoyens via leur assurance privée.

Cela devrait avoir donc une incidence sur les coûts des assurances, qui devraient en principe diminuer pour refléter cette baisse, croit le ministre.

« Techniquement, oui, ça devrait avoir un impact sur les primes chargées aux patients [par les assureurs privés]. Maintenant, est-ce qu'ils vont le faire? Il faudrait leur poser la question. »

Jim Keon, président de l'ACMG, s'est félicité hier de l'entente avec le gouvernement québécois.

« Avec cette entente de principe, le Gouvernement du Québec reconnaît clairement la valeur de la contribution de l'industrie du médicament générique au système de santé et à l'économie du Québec ainsi que l'importance de s'assurer que des incitatifs existent pour encourager les fabricants de médicaments génériques à investir pour apporter de nouveaux produits génériques à moindre coût au Québec et au Canada », a déclaré M. Keon par voie de communiqué.

L'entente doit durer cinq ans. Elle entrera en vigueur le 1er octobre.




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