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Cimetière musulman: des citoyens de Saint-Apollinaire trancheront par voie référendaire

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Quarante-neuf citoyens de Saint-Apollinaire auront le pouvoir de décider, dimanche, si les milliers de musulmans de la région de Québec obtiendront leur propre cimetière.

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La Presse Canadienne
SAINT-APOLLINAIRE

Quarante-neuf personnes décideront par voie référendaire, dimanche, si la région de Québec verra naître son premier cimetière entièrement administré par la communauté musulmane et de propriété exclusivement musulmane.

Le lieu proposé pour le cimetière est situé à Saint-Apollinaire, une municipalité de 6000 habitants, à 35 kilomètres au sud-ouest de Québec.

Peu de personnes voteront, car seulement ceux et celles qui résident à proximité de l'endroit suggéré sont admissibles au vote, incluant les personnes morales.

Ce référendum survient six mois après l'attentat contre une mosquée de Québec au cours duquel six musulmans ont été tués. La relation entre les musulmans et le reste de la collectivité était bonne, selon Mohamed Kesri, qui est à la tête du projet, jusqu'à ce que le cimetière soit soulevé.

Les opposants au projet croient que les musulmans devraient être enterrés dans des sections dédiées aux défunts de confession islamique au sein de cimetières déjà existants.

Or, la communauté musulmane dit mériter les mêmes droits que les autres communautés religieuses, qui possèdent leur propre cimetière.

«Il y a des cimetières catholiques, protestants, juifs. Nous n'avons rien inventé avec ça. Nous voulions faire comme tout le monde», lance M. Kesri, qui s'est vu confier le projet par la mosquée de Québec.

En raison d'une loi provinciale permettant la tenue de référendums pour des questions de territoire, 49 personnes auront le pouvoir de décider, dimanche, si les milliers de musulmans de la région de Québec obtiendront leur propre cimetière.

«Si j'avais demandé un cimetière ordinaire, probablement que ça n'aurait pas dérangé grand-chose, confie le maire de Saint-Apollinaire, Bernard Ouellet. Je pense que la peur a embarqué à cause du mot musulman, ce n'est pas juste (le) cimetière. C'est probablement ça qui est arrivé».

Advenant une victoire du «non», le maire affirme que sa municipalité «passera à autre chose».

«Si le référendum échoue, c'est certain que je n'ai pas de plan B maintenant», a dit M. Ouellet, ajoutant qu'un bilan sera fait avec les gens de la mosquée à Québec.

Mais Mohamed Kesri n'est pas aussi résigné.

L'Assemblée nationale a adopté un projet de loi en juin qui permet aux municipalités d'être exemptées de l'obligation de tenir des référendums pour des questions d'urbanisme ou d'aménagement du territoire.

Mohamed Kesri affirme que la communauté musulmane de Québec fera pression auprès des politiciens pour que la nouvelle loi soit appliquée en cas d'échec.

«On ne peut pas céder pour une poignée. Ils ont le pouvoir de ne pas aller en référendum, donc si cela on peut le faire appliquer, pourquoi ne pas le faire?», dit M. Kesri.

Les musulmans de Québec sont à la recherche d'un cimetière depuis 20 ans, selon M. Kesri, qui explique que le projet a été relancé lorsque la principale mosquée a été terminée de payer en 2011.

Le terrain proposé est situé à l'arrière du centre funéraire Harmonia, dans le quartier industriel de Saint-Apollinaire, dans un champ.




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