Pas facile de déménager son dossier médical

Sylvain Claude Filion se sent perdu dans les... (Spectre média, René Marquis)

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Sylvain Claude Filion se sent perdu dans les dédales du système de santé alors qu'il ne réussit pas à recevoir des soins appropriés à sa condition.

Spectre média, René Marquis

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(SHERBROOKE) Il n'existe pas de chemin tout tracé dans le système de santé pour les Québébois qui déménagent d'une région administrative à une autre : il faut faire de nouvelles demandes pour avoir accès à un médecin de famille puis à des médecins spécialistes et... attendre. Une fois son chemin fait jusqu'au bureau du nouveau médecin, c'est le patient lui-même qui doit faire la demande au service des archives de son hôpital pour que son dossier soit transféré dans le nouvel établissement.

« Si un patient a une bonne raison de vouloir changer de médecin de famille, il peut s'adresser au guichet régional de son territoire pour demander un autre médecin de famille », explique Marie-Claude Lacasse des relations avec les médias au ministère de la Santé et des Services sociaux.

Une fois reçue dans la nouvelle région, la demande du nouveau résidant sera traitée avec les mêmes critères que pour les patients déjà inscrits : selon l'état de santé, etc. La patience est donc de rigueur.

En effet, début mars, La Tribune dévoilait que plus de 34 000 Estriens sont en attente sur le Guichet d'accès aux médecins de famille.

Quant aux médecins spécialistes, comme les orthopédistes notamment, là aussi il faut repartir de zéro. Un orthopédiste du CHUM à Montréal ne peut pas simplement transférer le dossier d'un de ses patients à un collègue du CHUS par exemple.

« On voit beaucoup de gens qui, en attendant de pouvoir avoir un nouveau médecin dans leur nouvelle région, retournent dans leur ancienne ville pour aller aux rendez-vous avez leur médecin spécialiste », soutient Geneviève Lemay du service des communications du CIUSSS de l'Estrie-CHUS.

Ces nombreux dédales finissent par créer bien des soucis aux patients malades qui choisissent de changer de région.

C'est le cas du nouveau Sherbrookois Sylvain Claude Filion, qui tente depuis plusieurs années de recevoir des soins de santé adaptés à sa condition.

« Je me sens comme une boule de billard sur qui tout le monde donne un coup de baguette pour l'envoyer ailleurs », image-t-il.

Le Montréalais d'origine vit depuis presque deux ans avec une subluxation de la clavicule, qui devra être opérée, une blessure qu'il s'est faite après avoir tombé dans un escalier. Après de longs délais dans la métropole, il a finalement pu voir un orthopédiste, qui l'a envoyé passer un scan de son épaule. Entre les deux rendez-vous et leurs longues attentes, l'ancien journaliste a décidé de déménager à Sherbrooke pour recommencer une nouvelle vie.

S'il ne regrette pas sa décision de s'être installé dans la ville reine des Cantons-de-l'Est, n'empêche que l'homme de 57 ans doit faire encore plus de pirouettes pour réussir à se faire soigner dans « ce système de santé dysfonctionnel », juge-t-il.

Installé à Sherbrooke en octobre 2016, c'est finalement en mai dernier qu'il a réussi à voir un médecin de la Clinique des médecins d'urgence pour un bref rendez-vous grâce à l'aide d'une intervenante du CLSC. « Pour ma clavicule, le médecin m'a confirmé qu'une opération est souhaitable et a transmis une demande de consultation à un orthopédiste du CHUS. Temps d'attente prévu : au moins huit mois. Avec un peu de chance, je serai opéré à l'hiver 2018, 30 mois après ma chute... Et mes autres maux ne sont toujours pas traités. »

Et que dire de ses difficultés à trouver un médecin de famille à Sherbrooke!

« J'avais un médecin de famille à Montréal, mais là aussi, je ne peux plus aller le voir parce que le billet d'autobus coûte trop cher pour mon budget. Je suis sur la liste d'attente pour un médecin de famille à Sherbrooke. Mais j'attends, j'attends », déplore Sylvain Claude Filion qui n'en revient pas que les chemins qui mènent aux médecins soient aussi longs et remplis d'embûches.




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