Supercliniques de Sherbrooke : retards et manque de personnel

La Clinique des médecins d'urgence, située au Centre... (Archives, La Tribune, Maxime Picard)

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La Clinique des médecins d'urgence, située au Centre de santé du Sommet au 1280 de la rue King Est, ne fonctionne toujours pas comme une superclinique même si elle en a reçu la désignation en décembre dernier.

Archives, La Tribune, Maxime Picard

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(SHERBROOKE) Les deux supercliniques promises et attendues à Sherbrooke se font toujours attendre malgré les mois qui passent. Résultat : les Sherbrookois sans médecins de famille doivent encore trop souvent se pointer à l'urgence des hôpitaux pour réussir à voir un médecin.

La première superclinique de la rue King Est a pourtant reçu sa désignation au début décembre : la Clinique des médecins d'urgence (CMU) était alors le deuxième établissement au Québec à recevoir cette désignation et elle venait de s'installer dans un bâtiment flambant neuf au Centre de santé du Sommet sur la rue King Est. Le premier ministre Philippe Couillard et le ministre de la Santé et des Services sociaux Gaétan Barrette s'étaient même pointé à Sherbrooke pour en faire l'annonce en grande pompe.

Mais depuis, plus rien.

Bien que désignée, la superclinique n'est toujours pas en fonction. La CMU continue de recevoir des patients orphelins comme elle le faisait avant, mais ses heures d'ouverture sont encore restreintes. Aussi, son système de prise de rendez-vous n'est pas encore flexible comme il devrait l'être avec sa désignation de superclinique (voir autre texte).

Des cafouillages administratifs retardent son ouverture depuis plusieurs mois, ont indiqué plusieurs sources à La Tribune.

« Pour compléter la désignation, il reste à stabiliser le nombre d'heures d'ouverture. Nous sommes en recherche active d'infirmières auxiliaires pour compléter les heures requises, les samedis et les dimanches soir », fait savoir Geneviève Lemay, du service des communications du CIUSSS de l'Estrie-CHUS.

Les autres critères pour pouvoir travailler comme une superclinique sont toutefois remplis, notamment grâce à la présence du Centre radiologique de Sherbrooke qui a ouvert une clinique d'imagerie au sein du bâtiment.

« Quant au centre de prélèvement, les travaux préparatoires sont réalisés. Le centre de prélèvement sera fonctionnel au moment de l'arrivée des infirmières auxiliaires supplémentaires », ajoute Mme Lemay.

Quand la superclinique sera-t-elle enfin fonctionnelle?

« Nous espérons que ce sera en septembre », avance Geneviève Lemay.

Joint à son bureau, le député de Saint-François Guy Hardy se montre bien peu loquace sur le sort de la clinique que son premier ministre et son ministre de la Santé étaient pourtant venus inaugurer : « Le dossier suit son cours et il va bien. Ça demande des ajustements, et ils sont en train de se faire », a-t-il simplement soutenu sans vouloir s'avancer sur une date d'ouverture.

Plateau Marquette en quête de médecins

À l'autre bout de la rue King Ouest, la construction du Complexe santé va bon train à l'angle de l'autoroute 410 et de la rue King Ouest. La Clinique Plateau Marquette recevra ses premiers patients dans son nouvel établissement dès le 5 septembre.

Le bâtiment a aussi été prévu pour répondre à tous les critères d'une superclinique, notamment grâce à l'ouverture du Centre radiologique de l'Estrie. Toutefois, on est encore loin de pouvoir recevoir des patients qui ne sont pas inscrits sur la liste de la vingtaine de médecins de famille qui bossent déjà à la clinique.

« Nous sommes en attente d'avoir des médecins qui viennent travailler avec nous pour faire de l'urgence pour la clientèle non inscrite. Pour l'instant, nos médecins font de l'urgence : nous sommes à environ 19 500 consultations en urgence par année, mais c'est seulement pour notre clientèle inscrite », fait savoir Dominic Bachand, le directeur de la clinique.

« Avec notre déménagement, nous allons travailler dans un environnement de superclinique avec tous les services disponibles à l'intérieur du bâtiment pour que les patients se déplacent le moins possible, comme la radiologie, une pharmacie, un centre de recherche... Le seul morceau qui nous manque en ce moment, c'est l'urgence ouverte 12 heures par jour pour toutes les clientèles », ajoute M. Bachand.

A-t-il une date en tête pour l'ouverture de cette urgence accessible aux patients orphelins de médecins de famille?

« Je ne veux pas m'avancer à ce moment-ci. Si on avait la chance que des médecins se présentent et soient intéressés par ce type de clientèle, on pourrait ouvrir à l'automne. Mais si ça ne se produit pas, on pourrait devoir attendre les prochains PREM (Plan régional des effectifs médicaux) pour faire du recrutement auprès de médecins et on pourrait avoir notre désignation seulement l'année prochaine », nuance-t-il.

À la clinique... par le biais de l'urgence

Comment voir un médecin à la Clinique des médecins d'urgence (CMU) actuellement? Les patients doivent téléphoner à la CMU à 14 h pour avoir un rendez-vous le lendemain. Ainsi, si l'état de santé d'une personne se dégrade au courant de la soirée, il est impossible d'avoir rendez-vous rapidement. L'attente à la salle d'urgence devient alors la seule option pour éviter d'attendre un 24 heures supplémentaires.

Les infirmières du triage des deux hôpitaux de Sherbrooke possèdent cependant un certain nombre de « laissez-passer » pour la CMU. Ainsi, si elles jugent que le patient doit voir un médecin mais qu'il attendra trop longtemps à l'urgence, elle peut lui donner un « billet » pour la CMU.

Les salles d'urgence restent donc extrêmement fréquentées pour des conditions de santé qui ne nécessitent pas les soins de pointe qu'offrent de tels milieux.

La mise en fonction des supercliniques devrait par contre aider à désengorger les salles d'attente des hôpitaux : la prise de rendez-vous devra être plus flexible au courant de la journée pour permettre aux patients d'éviter une bonne fois pour toutes de se présenter dans les salles d'urgence inutilement. Les supercliniques doivent en effet s'engager à permettre aux patients d'avoir accès à une consultation médicale le jour même ou dès le lendemain en téléphonant trois heures avant la fermeture.




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