Une facture de 14 millions $ pour protéger deux lacs

La municipalité de Saint-Denis-de-Brompton souhaite aller de l'avant... (Spectre Média, Maxime Picard)

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La municipalité de Saint-Denis-de-Brompton souhaite aller de l'avant avec l'installation d'un réseau d'aqueduc et d'égouts pour dessservir les riverains autour du lac Desmarais et du Petit lac Brompton. La facture du projet s'élève à 14 millions$.

Spectre Média, Maxime Picard

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(Saint-Denis-de-Brompton) La municipalité de Saint-Denis-de-Brompton est prête à aller de l'avant avec un projet réclamé depuis longtemps : l'installation d'infrastructures municipales d'eau potable et d'égouts autour du lac Desmarais et du Petit lac Brompton. La facture de 14 millions de dollars serait assumée à plus de 80 pour cent par les riverains, ce qui pourrait toutefois freiner l'enthousiasme de certains.

En 2008, l'Association pour la préservation du lac Desmarais (APLD) et le Regroupement écologique du Petit lac Brompton (REPLB) constataient la dégradation de ces plans d'eau notamment par la pollution des installations septiques.

Les associations ont alors sondé la population concernant un éventuel raccord au réseau d'égouts de la municipalité. Après avoir obtenu un bilan positif, elles ont proposé le projet à la municipalité qui le gère maintenant depuis 2011.

« On a refait la mise à jour de certains chiffres. En 2013, on a une subvention qui nous a été refusée. Au départ, on parlait seulement d'égouts, mais on a retravaillé le dossier pour inclure également l'aqueduc. Il y a aussi eu d'autres demandes de subvention déposées, c'est un projet qui mûrit », souligne la directrice générale de Saint-Denis-de-Brompton, Liane Boisvert.

« Avec la révision du dossier, on était prêt à le présenter aux gens du secteur avec les coûts et la direction qu'on prend », poursuit-elle.

Ainsi le 5 juillet dernier, la municipalité proposait officiellement son projet d'infrastructures lors d'une recontre d'information qui a réuni plus de 400 citoyens. On évalue actuellement les travaux à un peu plus de 14 M$, qui seront obtenus grâce à un règlement d'emprunt de 25 ans, une procédure susceptible d'approbation référendaire.

Le nouveau réseau desservirait les propriétés des secteurs du lac Desmarais et du Petit lac Brompton et éventuellement de trois futurs développements résidentiels, soit 353 unités pour le moment.

Cela pourrait représenter pour les riverains une facture oscillant autour de 2000 $ par année sur une période de 25 ans.

Un avis de motion pour l'adoption du règlement d'emprunt est à l'ordre du jour d'une assemblée extraordinaire ce mercredi.

Subvention

La municipalité est toutefois en attente d'une réponse du ministère des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire (MAMOT) concernant une subvention du Programme d'infrastructures municipales d'eau (PRIMEAU) qui pourrait couper la facture de moitié. Une rencontre entre les deux parties est prévue le 20 juillet.

« Actuellement, on parle d'un projet assez onéreux. On est quand même optimiste. Si on n'a pas de confirmation de subvention, on s'attend à gérer un référendum, mais on reste optimiste quant au déroulement », précise Mme Boisvert.

Mais subvention ou pas, la municipalité souhaite aller de l'avant.

« C'est un projet environnemental d'envergure parce que c'est la santé de nos lacs qui en dépend. Et quand c'est la santé de nos lacs, c'est aussi la santé financière de la municipalité et des secteurs concernés. C'est certain que la municipalité, même sans subvention, est prête à faire le projet. Mais c'est sûr que ça prend l'approbation des gens comme on fait un règlement d'emprunt à long terme », fait valoir la directrice générale qui sent toutefois un vent favorable.

Les riverains réclament l'appui de Karine Vallières

Même si l'installation d'un réseau d'aqueduc et d'égouts est onéreuse, elle s'avère nécessaire selon Jean-François Guertin du Regroupement écologique du Petit lac Brompton (REPLD). En effet, 75 % des champs d'épuration et des fosses septiques présentement en place autout des lacs Desmarais et Petit lac Brompton ne seraient plus conformes et devraient être refaits en vertu des lois en vigueur, fait-il valoir.

Comme son association et celle du lac Desmarais travaillaient sur le dossier depuis plusieurs années, Jean-François Guertin est heureux de voir qu'il pourrait enfin se concrétiser. Il est toutefois conscient que le processus sera long. De façon réaliste, la première pelletée de terre pourrait avoir lieu au plus tôt en 2019.

« C'est le principe de l'utilisateur payeur. Le compte de taxes des résidents pourrait devenir assez important. Il pourrait doubler, voire tripler pour certains. Dans ce contexte, on aurait vraiment besoin de l'aide du gouvernement du Québec », estime celui qui juge les nouvelles infrastructures indispensables.

Il souligne que la municipalité de Saint-Denis-de-Brompton était intéressante notamment en raison de ses taxes modestes et que cette éventuelle augmentation dépasserait la capacité de payer de plusieurs.

Si le projet municipal est refusé, environ 75% des riverains devront tout de même changer leur installation afin de respecter les normes. On parle alors d'un investissement individuel pouvant aller jusqu'à 25 000 $.

La Municipalité a aussi souligné, lors de sa rencontre d'information, que 50 pour cent des résidences concernées s'approvisionnaient en eau directement dans les lacs, avec les risques que cela peut représenter pour la santé des gens.

« Les citoyens sont heureux et engagés. On est tous conscient que c'est la chose à faire, mais on sait aussi que ça signifie que notre compte de taxes va augmenter et qu'il faudra mettre de l'argent de côté », explique M. Guertin, qui avait déjà constaté la volonté des riverains lors des premières consultations en 2008.

Il espère ainsi que le MAMOT apportera une réponse de subvention positive. « On connait l'impact du pouvoir politique, c'est pourquoi on a besoin du support de notre députée Karine Vallières. »

« Les petites municipalités n'ont pas accès à des services externes d'ingénierie ni à des services légaux. Il devient donc difficile de se retourner en cas de refus. Il faut que notre dossier ressorte et que notre voix se fasse entendre », espère Jean-François Guertin.




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