«Plante zombie»: le phosphore grand responsable

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Jean-Claude Thibault, président du Regroupement des associations pour la protection de l'environnement des lacs et des bassins versants.

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Crédit photo : Spectre média : Jessica GarneauJournaliste : Cut Simon Roberge
Simon Roberge
La Tribune

(SHERBROOKE) Le myriophylle à épi, connu également sous l'appellation «plante zombie», est un problème grandissant en Estrie. Plusieurs lacs et cours d'eau voient cette plante exotique envahissante proliférer et nuire à la faune et la flore locale.

«La dernière chose à faire, c'est de la couper, mentionne Jean-Claude Thibault, président du Regroupement des associations pour la protection de l'environnement des lacs et des bassins versants. Les gens devraient tout d'abord regarder le phosphore qu'ils rejettent dans les cours d'eau. C'est une plante qui n'en demande pas gros pour se répandre.»

Le phosphore est d'ailleurs la source de nutriment principale du myriophylle à épi qui a un impact négatif sur la qualité de l'eau et nuit à la présence de plusieurs espèces fauniques et aux activités récréatives. Elle prolifère habituellement à des endroits où la concentration est élevée.

«On conseille aux gens d'utiliser des savons et des produits de lessive sans phosphore, poursuit Jean-Claude Thibault. Il y a 10 ans, il n'y en avait pas beaucoup, mais maintenant il y en a plusieurs. Nous avons tous notre part à jouer.»

Des initiatives pour s'en débarrasser

En 2014, la Société de conservation du lac Lovering a installé des bandes de jute dans cinq zones du lac pour étouffer le myriophylle à épi. La toile coupe la lumière et, en l'espace de deux ou trois ans, elle se décompose, laissant renaître la flore.

«C'est encore expérimental et il faut un permis du Ministère pour pouvoir aller de l'avant, tient à préciser Jean-Claude Thibault. Mais nous avons eu un taux de succès de 95 %.»

En augmentation dans le lac Memphrémagog

La présence du myriophylle à épi augmente depuis quelques années dans le lac Memphrémagog. Louis-Philippe Cyr, coordonnateur de la patrouille sur le lac, pense que cette augmentation est due au niveau de phosphore de l'étendue d'eau, mais également à l'activité humaine.

«Elle s'accroche aux hélices de bateaux et lorsque le bateau recule les plantes se détachent et prolifèrent de façon exponentielle.»

Louis-Philippe Cyr confirme qu'elle ne représente toutefois pas de danger pour l'être humain.

«C'est plus une question d'apparence. On n'est pas habitué de se baigner dans des plantes. Elle est cependant très dense. Elle est même trop dense pour les poissons qui ne s'y aventurent pas. Elle accapare également une bonne partie de l'oxygène.»

Louis-Phillipe Cyr conseille aux gens d'être très méticuleux s'ils décident d'arracher les plantes.

«Les gens devraient les mettre dans un sac à poubelle, suggère-t-il. On leur conseille également de retirer tous les morceaux de plante qui reste sur l'eau en utilisant un filet.»




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