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Débordement dans les CHSLD : des lits de transition pour les patients

Les lits des hôpitaux et des CHSLD de... (Archives, La Presse, Ivanoh Demers)

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Les lits des hôpitaux et des CHSLD de la région sont une fois de plus très occupés. Si occupés en fait que la direction du CIUSSS de l'Estrie-CHUS doit maintenant utiliser régulièrement des « lits de transition » pour réussir à libérer les lits de ses hôpitaux.

Archives, La Presse, Ivanoh Demers

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(SHERBROOKE) Les lits des hôpitaux et des CHSLD de la région sont une fois de plus très occupés. Si occupés en fait que la direction du CIUSSS de l'Estrie-CHUS doit maintenant utiliser régulièrement des « lits de transition » pour réussir à libérer les lits de ses hôpitaux. Quelque 87 lits de surcroît sont présentement ouverts sur l'ensemble du territoire du CIUSSS de l'Estrie-CHUS.

Qu'est-ce qu'un lit de transition? Il s'agit en fait d'envoyer un patient qui est en attente d'une place en CHSLD dans un établissement qui n'est pas son premier choix de lieu de vie et qui peut aussi se trouver en dehors de son territoire, de façon temporaire, en attendant qu'un lit se libère dans un CHSLD plus près de chez lui.

« C'est une mesure que l'on applique le moins souvent possible, mais malheureusement, avec les taux d'occupation dans nos établissements en ce moment, nous n'avons pas le choix d'utiliser cette pratique de façon régulière », soutient Caroline Gadoury, adjointe à la direction du programme de soutien à l'autonomie ds personnes âgées au CIUSSS de l'Estrie-CHUS.

Pression sur les familles

Cette mesure n'est pas sans créer des pressions sur les familles et sur les patients, déplore Diane, une dame de Sherbrooke dont le père vient d'être transféré dans un CHSLD à East Angus de façon transitoire, à 40 minutes de route de chez lui, en attente d'un lit dans l'un des CHSLD de Sherbrooke.

« Mon père est rendu très malade. Il a besoin de soins et services 24 heures par jour. On ne pouvait plus le garder chez lui. Depuis l'AVC de mon père en mars, ma mère passe tous ses après-midis avec lui, jusqu'à ce qu'il se couche le soir. Moi-même, j'allais le voir tous les soirs. Maintenant qu'il est à East Angus, il y a des jours où mon père ne peut pas avoir de visite parce que la route est trop difficile et fatigante pour ma mère. Ma mère de 76 ans est effondrée, elle trouve la situation très difficile », déplore Diane.

La famille n'avait pas le choix d'accepter ce transfert transitoire, explique Diane : c'était soit le CHSLD d'East Angus, soit un retour à domicile pour son père en attendant qu'une place se libère, ce qui était impossible à cause des lourds soins dont il a besoin.

Donc, son père a pris la direction d'East Angus en début de semaine. Avec toutes les conséquences que cela comporte.

« Mon père est confus, désorienté, il a perdu ses repères. Certes, ç'aurait été la même chose quand il aurait eu sa place en CHSLD à Sherbrooke... Mais de grâce, pourquoi doit-on faire cette transition deux fois plutôt qu'une seule? Ça n'a pas de sens! » déplore celle qui espère que d'autres familles se manifesteront pour dénoncer la pratique de ces lits de transition.

Or, on n'a pas le choix d'agir ainsi, insiste Caroline Gadoury alors que les hôpitaux et les CHSLD sont complètement débordés. « En février, il y a une orientation qui a été prise qui indique que le bon patient doit occuper le bon lit dans nos établissements pour recevoir les soins les plus appropriés pour lui. Si on garde à l'hôpital un patient qui recevrait de meilleurs soins dans un CHSLD, non seulement le patient ne reçoit pas les meilleurs soins, mais on peut aussi nuire à un patient qui est à l'urgence, en attente d'une chirurgie, et qui n'a pas de lit en hospitalisation », mentionne Mme Gadoury.

Les travailleurs sociaux sont très présents dans les dossiers lorsqu'une transition s'avère nécessaire et toutes les avenues sont examinées avec les patients et leur famille lorsque la transition s'avère nécessaire.

« Ce serait très étonnant qu'un patient de Sherbrooke soit envoyé dans un CHSLD de la Haute-Yamaska, par exemple. On essaie de voir tout ce qu'il y a de disponible autour avant de prendre une décision », explique Caroline Gadoury.

La transition doit toujours être la plus courte possible, ajoute-t-elle.

Rappelons qu'il y a environ 750 lits de soins et d'hébergement de longue durée dans les quatre CHSLD de Sherbrooke. On compte 31 lits de surcroît en ce moment dans ces quatre établissements sur les 87 ouverts dans l'ensemble du CIUSSS de l'Estrie-CHUS.




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