Début d'été maussade : temps dur pour les commerçants

Selon Environnement Canada, il est tombé 135 mm... (Spectre Média, Maxime Picard)

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Selon Environnement Canada, il est tombé 135 mm de pluie durant le mois de juin en Estrie. C'est le double des 67 mm tombés l'an dernier.

Spectre Média, Maxime Picard

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Crédit photo : Spectre média : Jessica GarneauJournaliste : Cut Simon Roberge
Simon Roberge
La Tribune

(SHERBROOKE) Le mauvais temps qui persiste depuis le début de la saison estivale ne provoque pas seulement la colère des vacanciers. Plusieurs commerces de la région ont de la difficulté à garder la tête hors de l'eau en raison de la pluie.

« C'est catastrophique, lance Louise Picard, propriétaire de la Crèmerie du Parc. Ça fait sept ans que je fais ça et c'est la pire année. Il pleut tout le temps. »

Le début de saison estivale est particulièrement important pour les crèmeries selon Louise Picard.

« Après plusieurs mois d'hiver, les gens sortent dès qu'il fait beau. En septembre et octobre par exemple, même s'il fait beau, les gens ne viennent plus manger de la crème glacée. Ça va me faire très mal cette année. »

La pluie constante a également un effet nocif sur l'industrie de la moto. Les concessionnaires vendent moins d'engins, mais également moins de vêtements et font beaucoup moins d'entretien également.

« L'entretien est en baisse de 50 %, souligne Robert Sirois, directeur des ventes chez Harley Davidson Sherbrooke. Les gens sont supposés être à 5000 km ou 6000 km, mais ils n'en sont qu'à 2000 km environ. Les gens n'achètent pas, mais ne roulent pas non plus. »

« L'économie est bizarre oui, mais 85 % de cette baisse est attribuable au mauvais temps », conclut-il.

« On a beaucoup plus d'annulations surtout du côté des tentes, confirme quant à elle Lucie Alarie, gérante du Camping Lac Magog. Les gens en roulotte viennent quand même, mais le mauvais temps fait en sorte que nous n'avons pas d'arrivées de dernière minute. »

Lucie Alarie parle également d'un impact majeur sur les visiteurs du camping et sur les locations de canoë et kayak. Le camping a toutefois réussi à afficher complet pour la Fête nationale et la Fête du Canada.

Impact mitigé pour d'autres

« Il y a un impact, c'est certain, mais rien de majeur pour nous, confirme Leslie Donahue, vice-président d'Estrie Marine. Tu ne sors pas vraiment en moto quand il pleut, mais en VTT ou en bateau c'est différent. C'est sûr que s'il faisait beau soleil, le stationnement serait plein. »

Au Club de golf Milby, la situation n'est pas dramatique. Les golfeurs sont tout de même au rendez-vous depuis le début de l'été.

« Ce qui nous fait mal, ce n'est pas la pluie elle-même, mais plutôt l'annonce de pluie, explique Guy Faucher, professionnel du club. Souvent, il va mouiller 15 minutes dans toute la journée, mais les gens peuvent quand même jouer au golf. Ils devraient regarder les radars plutôt que les chances de précipitations. »

« Les achats durant la période estivale sont surtout des achats impulsifs, mentionne Yves Duplessis, propriétaire de Climatisation Duplessis. Les ventes sont intimement liées à la température. Lors de canicule, c'est débile, mais c'est beaucoup plus tranquille lorsqu'il pleut. »

Jusqu'à 50 % plus de pluie que la normale

Les précipitations reçues en Estrie de juin ont été beaucoup plus importantes que la normale, ce qui vient confirmer les impressions de bien des Estriens.

Selon Bruno Marquis, météorologue chez Environnement Canada, elles ont été plus élevées de 25 à 50 pour cent par rapport à ce qui nous tombe dessus habituellement durant le sixième mois de l'année.

« Le surplus de pluie varie d'un secteur à l'autre. Des fois, en montagne et le long de la frontière, c'est là qu'on en a reçu le plus », explique-t-il. C'est comme ça dans tout le sud du Québec et dans l'ouest. »

« Pendant ce temps, dans l'est de la province, on a reçu beaucoup moins de pluie. Comme sur la Côte-Nord, ça atteint 75 pour cent moins de pluie. »

Au chapitre des températures, on s'est tenu près des normales, malgré qu'on ait eu l'impression que juin a été plutôt frisquet. « L'Estrie a été de deux à trois degrés sous les normales durant la mois. Ce n'est pas énorme », analyse M. Marquis.

« Il suffit de quelques nuits avec un bon couvert nuageux pour garder les températures plus chaudes et ça a un effet sur la moyenne du mois. On a connu aussi quelques journées assez chaudes aussi. »

« Ailleurs dans la province, on a observé le même phénomène. À Montréal et à Québec, les températures ont été près des normales. »

L'été?

Les prochains jours nous feront davantage réaliser que nous sommes en été. Environnement Canada prévoit du soleil et des températures à la hausse. « Ça sera mieux », lance Bruno Marquis comme s'il voulait se faire encourageant.

« Ça commence aujourd'hui (lundi). Le soleil devrait être là jusqu'à jeudi. Il ne devrait pas y avoir de pluie avant vendredi. Les températures devraient être de trois à quatre degrés au-dessus des normales. »

Claude Plante




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