Avenir incertain pour le projet en zone inondable de North Hatley

Un projet de décret laisse croire que la... (Spectre Média, René Marquis)

Agrandir

Un projet de décret laisse croire que la construction résidentielle en zone inondable ayant une récurrence 0-20 ans deviendra impossible pendant les 18 prochains mois.

Spectre Média, René Marquis

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Magog) La municipalité de North Hatley devra vraisemblablement revoir ses plans en ce qui concerne le développement de son noyau villageois. Un projet de décret publié par le gouvernement du Québec, ces derniers jours, laisse croire que la construction résidentielle en zone inondable ayant une récurrence 0-20 ans deviendra impossible sur son territoire pendant les 18 prochains mois.

Le projet de décret cible principalement les municipalités qui ont été touchées par les inondations survenues en avril et en mai. Bien que North Hatley ait semblé être épargnée par la crue des eaux le printemps dernier, elle a néanmoins été incluse dans la liste des municipalités visées, et ce, au même titre qu'Asbestos et Weedon par exemple.

Ce qui est proposé correspond au désir, exprimé par Québec ces dernières semaines, de resserrer les règles en matière de construction dans les zones inondables.

Une consultation publique aura lieu le 10 juillet afin d'entendre les différents intervenants interpellés par le dossier. Des modifications pourraient ensuite être apportées et la nouvelle réglementation entrerait en vigueur à court terme.

Luttant contre le projet de développement prévu au coeur de North Hatley depuis quelques années déjà, le citoyen Michael Grayson se déclare « très heureux » des modifications réglementaires prévues.

« Je m'attends à ce que ces modifications temporaires se transforment en réglementation à long terme, affirme-t-il. Et je ne crois pas que North Hatley pourra faire partie des éventuelles exceptions qui seront permises dans le futur. La municipalité devra être très convaincante, si elle désire que le gouvernement recule à partir de maintenant. »

Dans la foulée, Michael Grayson ajoute ressentir de la fierté. « On a réussi à prolonger le processus de modification réglementaire enclenché par la municipalité ces dernières années. Ça a été une bonne chose, car sans ces délais supplémentaires peut-être que la construction serait terminée ou en cours à l'heure actuelle », explique ce membre du groupe de pression Action North Hatley.

Un second membre d'Action North Hatley, Paul St-Pierre, estime que la « réponse gouvernementale à la situation est la bonne, étant donné que le centre du village vivra assurément de nouvelles inondations » dans le futur.

À ce sujet, M. St-Pierre réitère que la faiblesse de la crue à North Hatley, cette année, ne prouve en rien que ce village soit moins à risque que les municipalités les plus durement touchées par les inondations du printemps 2017 au Québec.

« Des circonstances particulières ont fait que ça a été plus dramatique ailleurs dans la province cette année. Mais, si l'on regarde dans le passé, on voit que les risques sont réels dans notre village », fait-il valoir.

Paul St-Pierre indique avoir la ferme intention de participer à la consultation publique du 10 juillet. Des représentants gouvernementaux entendront le public dans plusieurs localités du Québec ce jour-là. En Estrie, la consultation se déroulera à l'Hôtel Le Président à compter de 19 h

Rappelons que la MRC de Memphrémagog a ouvert la voie à la construction de plus de 200 unités d'habitation dans le centre de North Hatley, il y a quelques jours, lorsqu'elle a adopté un plan de gestion de la zone inondable.

« On ne devrait pas être sur la liste »

S'il n'en tenait qu'au maire Michael Page, North Hatley ne figurerait pas sur la liste des municipalités visées par le projet de décret devant imposer des modifications réglementaires en zone inondable dans de nombreuses localités du Québec.

« On ne devrait pas être sur cette liste de municipalités, affirme M. Page. L'eau n'a vraiment pas monté haut chez nous cette année, contrairement à ce qui s'est produit dans les autres municipalités concernées. La rivière est allée sur la galerie du Pilsen Pub, mais c'est quelque chose de très fréquent à ce restaurant. À part ça, il ne s'est rien passé en termes d'inondation dans notre village ce printemps. »

Le maire de North Hatley indique donc que sa municipalité tentera de démontrer au gouvernement qu'il y a une erreur. « On va sortir nos statistiques pour faire valoir notre point de vue », note-t-il.

Cela dit, il assure que son village continuera à travailler avec le gouvernement, advenant que Québec refuse de le retirer de sa fameuse liste, qui comprend plusieurs dizaines de localités.

« Pour le moment, on parle d'un délai supplémentaire de 18 mois. Mais moi je reste persuadé que, à long terme, un développement immobilier se fera dans le centre de notre village. On a une zone inondable qui se gérerait très bien, si l'on appliquait les recommandations qui nous sont faites, comme la décanalisation du ruisseau Kezar. »

On sent toutefois que Michael Page aimerait finaliser cet interminable dossier une fois pour toutes. « C'est difficile de faire face à ce revirement après toutes nos démarches, admet-il. D'autant plus qu'on sent que certains résidents ont seulement un souhait et c'est d'éviter à tout prix que des travaux dans le village viennent les déranger. C'est pour ça qu'ils nous mettent des bâtons dans les roues. »

Préfet de la MRC de Memphrémagog, Jacques Demers ignore quelles seront les implications exactes de l'éventuel décret. Mais il se déclare « très à l'aise avec le travail effectué par la MRC dans le dossier de la zone inondable à North Hatley. »

« Chacun se concentre sur son travail dans ce dossier. Nous avons fait le nôtre comme MRC et le gouvernement a le sien. Si Québec désire rehausser les règles ou donner de nouvelles orientations, il en a parfaitement le droit », mentionne M. Demers.

Quant au député d'Orford, Pierre Reid, il reste peu bavard lorsqu'on l'interpelle concernant le développement de la portion centrale du village de North Hatley. « J'ai un devoir de réserve. Cependant, je peux vous dire que le geste posé par le gouvernement a pour objectif de limiter les impacts des futures inondations, tant pour les sinistrés que pour le reste des citoyens », explique-t-il.




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer