Un vent idéal pour des changements en Arabie Saoudite

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Le changement du prince héritier en Arabie saoudite devrait concorder avec un changement des lois dans ce pays où est incarcéré le blogueur Raif Badawi depuis cinq ans.

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(Sherbrooke) Le changement du prince héritier en Arabie saoudite devrait concorder avec un changement des lois dans ce pays où est incarcéré le blogueur Raif Badawi depuis cinq ans.

Pour Mireille Elchacar, responsable de l'Estrie pour Amnistie internationale, il faudrait que le futur occupant du trône de cette monarchie mette fin à ce régime oppresseur. « Il ne faut pas seulement un changement de roi, il faudrait un changement des lois du pays », mentionne-t-elle à La Tribune.

« Par exemple, on devrait permettre la liberté d'expression, améliorer les droits des femmes et arrêter le châtiment corporel, comme la flagellation et les amputations. »

Il y a quelques jours, le roi Salmane d'Arabie saoudite a confirmé au poste de prince héritier son jeune fils Mohammed. Ce changement d'héritier survient dans un contexte de crise ouverte avec le Qatar et d'enlisement du conflit au Yémen, rapporte l'Associated Press.

Selon un décret royal, le souverain a évincé son neveu, le prince héritier Mohammed ben Nayef, 57 ans, pour le remplacer par son fils de 31 ans. Il a ainsi confirmé une volonté d'ouvrir à la deuxième génération de la dynastie Al-Saoud les portes du pouvoir suprême dans ce pays ultraconservateur du Golfe et première puissance pétrolière mondiale.

Ce vent de jeunesse à la succession au trône survient alors que Raif Badawi a purgé la moitié de sa peine de 10 ans d'incarcération pour avoir tenu des propos considérés comme trop libéraux pour le régime sur son blogue. Rappelons que l'épouse et les enfants de M. Badawi demeurent à Sherbrooke.

Il arrive que des prisonniers d'opinion soient graciés lors des changements de roi, souligne Mme Elchacar. Toutefois, lors de l'accession au pouvoir du roi Salmane, aucun prisonnier politique n'avait pu retrouver sa liberté.

Ministre de la Défense depuis deux ans, le prince Mohammed, qui vient aussi d'être nommé vice-premier ministre, est devenu le deuxième homme fort du pays après l'accession de son père au trône en janvier 2015.

« Le futur roi a 31 ans, mais ce n'est pas un gage de grands changements au régime. Regardez ce qui s'est passé en Corée du Nord. Le nouveau roi fait partie de la même lignée familiale. Il a été ministre de la Défense lors de la guerre contre le Yémen », note-t-elle.

Amnistie internationale souhaite toutefois que le gouvernement de Justin Trudeau profite de l'occasion pour établir de bonnes relations avec le futur roi et faire valoir les valeurs canadiennes.




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