• La Tribune > 
  • Actualités 
  • > Avant et pendant une hospitalisation: la moitié des patients ne mangent pas assez 

Avant et pendant une hospitalisation: la moitié des patients ne mangent pas assez

Près de la moitié des patients ne mangent... (Archives La Tribune)

Agrandir

Près de la moitié des patients ne mangent pas assez avant et pendant leur hospitalisation.

Archives La Tribune

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(SHERBROOKE) Près de la moitié des patients arrivent dénutris lorsqu'ils sont admis dans les différents départements de médecine ou de chirurgie des hôpitaux, c'est-à-dire qu'ils ne mangent pas assez pour combler les besoins de base de leur organisme. Pourtant, la dénutrition est rarement prise en charge chez les patients hospitalisés au Canada. C'est ce qui ressort d'une grande étude pancanadienne orchestrée par le Groupe de travail canadien sur la malnutrition.

La dénutrition représente le fait de ne pas manger suffisamment pour avoir tous les apports nécessaires en énergie, en protéines et autres nutriments. Les personnes, surtout âgées, peuvent cesser de manger pour toutes sortes de raisons : le manque de moyens financiers, mais aussi une perte d'appétit liée à des problèmes physiques, à l'anxiété, etc.

Une meilleure gestion de la dénutrition pourrait pourtant améliorer grandement la trajectoire des patients dans les centres hospitaliers et leur assurer un retour à la maison plus long et sécuritaire, assure la présidente de l'Ordre professionnel des diététistes du Québec (OPDQ), Paule Bernier, aussi coauteure de l'étude.

L'étude du Groupe de travail canadien sur la malnutrition démontre que 18 % des patients modérément dénutris à leur admission sont restés plus longtemps à l'hôpital, ce qui augmente non seulement les coûts pour le système de santé, mais augmente aussi plein de risques pour le patient : dénutrition plus importante encore étant donné que les repas d'hôpital sont rarement considérés comme appétissants, risque d'infections nosocomiales (contractées durant l'hospitalisation) accrus, système immunitaire de plus en plus affaibli, etc.

«Il faut arrêter de considérer l'alimentation comme un service d'hôtellerie.»


Quant aux patients fortement dénutris, ils sont 34 % à vivre une hospitalisation plus longue, vu leur état, que s'ils étaient bien nourris avant et pendant leur hospitalisation.

« Notre étude démontre que le coût de la dénutrition pour le système de santé se chiffre en milliards de dollars au Canada », souligne Mme Bernier.

L'OPDQ souhaite maintenant qu'un outil de dépistage précoce soit instauré dès l'admission à l'hôpital afin de lever un drapeau rouge sur les patients à risque d'être dénutris.

Il faut aussi trouver des moyens pour éviter que la dénutrition s'installe ou se dégrade pendant une période d'hospitalisation. Des investissements dans la qualité des repas s'imposeraient alors dans les établissements de santé.

« Il faut arrêter de considérer l'alimentation comme un service d'hôtellerie. Le coût des aliments quotidien moyen est actuellement moins de 7 $ par jour, et ce, pour nourrir un patient dont les besoins nutritionnels sont élevés et qui est confronté à de nombreuses barrières qui entravent ses rapports avec la nourriture, comme des problèmes de déglutition qui sont fréquents chez les personnes âgées », explique Paule Bernier.

Il est encore trop tôt pour savoir ce que fera la direction du CIUSSS de l'Estrie-CHUS avec cette problématique maintenant chiffrée grâce à l'étude. En avril, le conseil multidisciplinaire de l'établissement a déposé au conseil d'administration des recommandations en lien avec la dénutrition des usagers. « La direction des services multidisciplinaires est à l'étape d'évaluer la situation et de positionner notre établissement par rapport à cette étude », explique Geneviève Lemay, conseillère en communication au CIUSSS de l'Estrie-CHUS.




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer