Une 129e vigile pour Raif Badawi

La 129e vigile en soutien à la cause... (Spectre Média, René Marquis)

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La 129e vigile en soutien à la cause de Raif Badawi, emprisonné depuis cinq ans, a attiré plus de 70 personnes.

Spectre Média, René Marquis

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Matthew Vachon
La Tribune

(Sherbrooke) Cela fait maintenant cinq ans que Raif Badawi est emprisonné en Arabie saoudite, mais cela n'empêche pas les Sherbrookois de poursuivre la lutte pour sa libération.

Jeudi soir, c'est un peu plus de 70 personnes qui sont venues témoigner de leur soutien envers Badawi à l'occasion de la 129e vigile à se dérouler devant l'hôtel de ville de Sherbrooke. « C'est certain que c'est encourageant de voir la mobilisation qui ne s'essouffle pas. C'est ce qui fait en sorte que les médias et les élus en parlent. Tous les aspects de la mobilisation sont importants », fait valoir Mireille Elchacar, responsable pour Amnistie internationale en Estrie.

Après avoir créé un site internet militant pour une libération religieuse et ouvert aux discussions, Badawi a été condamné à 10 ans de prison et 1000 coups de fouet le 17 juin 2012. « Toutes les personnes qui connaissent cette histoire constatent à quel point cela est injuste. Quand on prend en considération la peine qu'il a reçue par rapport à ce qu'il a fait, c'est complètement dérisoire. Le fait que la famille de Raïf Badawi soit ici fait en sorte qu'on voit les répercussions de plus près », croit-elle.

Refus de baisser les bras

Après cinq années de lutte et 129 vigiles pour libérer M. Badawi, il aurait été normal de baisser les bras et croire en la fatalité. Ce n'est cependant pas au menu pour tous ceux et celles qui s'investissent dans cette cause. « Chez Aministie, nous ne pouvons penser négativement, parce que sinon ce serait la même chose dans la plupart des dossiers. Dans le cas de Raif Badawi, on s'attendait bien à ce que ça soit un dossier de longue haleine puisque l'Arabie saoudite n'est pas un interlocuteur facile. Par contre, nous avons quelques réussites, comme les coups de fouet n'ont pas repris. Le simple fait qu'on parle des problèmes des droits de l'homme est également une victoire », note Mme Elchacar.

Militante depuis les tout débuts, Caroline Custeau est préoccupée par la question des droits depuis son adolescence. Il était donc tout naturel pour elle de faire tout ce qu'elle peut pour faire sa part dans ce combat. « Des fois le moral descend, mais la Ville de Sherbrooke nous encourage et les médias nous suivent. C'est un mouvement qui a commencé avec les citoyens et nous sommes maintenant rendus à la diplomatie. On espère que ça va bouger, car Justin Trudeau a fait des promesses, mais il ne se passe pas grand-chose », raconte celle qui travaille avec les personnes immigrantes à Sherbrooke.

La femme de M. Badawi, Ensaf Haidar, n'était pas à Sherbrooke à l'occasion de cette 129e vigile. Elle était plutôt en Allemagne, là où il y a eu une forte mobilisation pour cette cause. Des vigiles ont également été tenues un peu partout au Québec, dont à Montréal, Rimouski et Thetford Mines.

Raif Badawi.... (Photo Archives La Presse) - image 2.0

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Raif Badawi.

Photo Archives La Presse

Ottawa affirme poser des gestes

Même si rien ne semble bouger pour accélérer le processus de libération de Raïf Badawi, le gouvernement canadien assure qu'il fait ce qu'il peut pour obtenir la libération du blogueur saoudien.

Questionnée à ce sujet par La Tribune, Marie-Claude Bibeau a tenu à rappeler que le Canada fait ce qui est en son pouvoir pour changer les choses. Il semble cependant difficile de faire avancer le dossier, car M. Badawi n'a pas la citoyenneté canadienne.

« Je peux vous assurer que des gestes concrets sont posés par le gouvernement parce que j'en pose moi-même. Comme ministre du Développement international, j'ai l'occasion d'une façon assez régulière de rencontrer les dirigeants de l'Arabie saoudite et à toutes les occasions, sans exception, je soulève le cas de Raif Badawi. On me répète la même chose, à chaque fois, en me disant qu'il est un citoyen saoudien, qu'il est en Arabie saoudite et qu'il a été jugé selon les lois du pays. Je leur donne néanmoins tous les arguments qui me sont fournis pour essayer d'ouvrir des options et des portes », fait-elle valoir.

Il y a quelque temps, les enfants Badawi ont envoyé un cri du coeur déchirant par vidéo afin de sensibiliser les dirigeants canadiens à la situation de leur père, ce qui n'a pas manqué de les toucher. « Ce qui arrive à leur père nous est très difficile à comprendre parce que la liberté d'expression est sacrée pour nous. Je comprends la peine et la rage même, à certains moments, que vivent probablement les enfants de M. Badawi. Je peux vous assurer qu'on est très sensible et qu'on fait tout ce qu'on peut. M. Badawi n'est pas Canadien alors il y a des limites à qu'on peut faire », explique Mme Bibeau. - Avec Jean-François Gagnon




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