Vent de modernité chez les Petites Soeurs de la Sainte-Famille

Le nouveau couvent des Petites Soeurs de la... (Spectre Média, René Marquis)

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Le nouveau couvent des Petites Soeurs de la Saint-Famille est fort moderne, mais les religieuses ont veillé à conserver le plus de souvenirs possible. Le mobilier de cette chapelle provient en bonne partie de leur ancien couvent, explique Soeur Denise Pomerleau, supérieure générale de la communauté.

Spectre Média, René Marquis

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(Sherbrooke) Les chambres du couvent des Petites Soeurs de la Sainte-Famille étaient si petites que plusieurs d'entre elles se partageaient une fenêtre. Dans certaines d'entre elles, on pouvait étendre les bras et toucher aux deux murs en même temps. Aucune chambre n'avait de salle de bain privée. Or, depuis quelques semaines, les religieuses vivent dans leur nouveau couvent dans de belles chambres lumineuses, elles ont des passes électroniques pour traverser les portes automatiques et des babillards électroniques sont installés partout pour diffuser différents messages.

Les Petites Soeurs de la Sainte-Famille viennent de déménager dans leur nouveau couvent bâti au coût de 20 millions de dollars, sur le terrain voisin de leur immense couvent de la rue Galt Ouest qui surplombe le parc Jacques-Cartier depuis 1930.

« Le déménagement s'est bien passé. Nous avons confié la gestion à un prestataire de services, mais il a embauché toutes nos employées. Je crois que le fait d'avoir gardé le même personnel a beaucoup aidé nos religieuses à vivre le changement. Il faut aussi dire que nous sommes habituées de vivre en communauté et que nous sommes encore toutes là. Ça nous aide beaucoup à vivre les changements », explique la supérieure générale de la communauté, Soeur Denise Pomerleau.

Quelque 130 religieuses ont déménagé vers la fin avril dans leur nouvelle maison générale, Au Boisé d'Élodie, nommé ainsi en l'honneur du nom de baptême de leur mère fondatrice Marie-Léonie Paradis.

Une cinquantaine de religieuses, les plus autonomes, continuent cependant de demeurer dans leur ancien couvent, qui était devenu beaucoup trop vaste pour la communauté religieuse qui a déjà compté plus de 300 membres à Sherbrooke. Le couvent est toujours à vendre. Son évaluation municipale est de 14 millions de dollars.

Couvent pensé pour l'avenir

Le nouveau couvent est bâti sur un modèle de résidence pour personnes âgées étant donné que de nombreuses religieuses sont âgées ou malades. Le bâtiment est d'ailleurs divisé en différentes ailes selon les types de problématiques de santé - tout comme dans les résidences pour aînés modernes ou les CHSLD publics.

« Nous avons choisi de construire ce bâtiment en pensant à l'avenir. Un jour, quand nous ne serons plus assez nombreuses pour l'occuper, nous pourrons l'ouvrir à d'autres gens. Peut-être à d'autres communautés religieuses. À Montréal et Québec, c'est un modèle qui existe déjà. Peut-être aussi que l'on pourra l'ouvrir aux laïcs », émet comme hypothèses Soeur Denise.

Sensibles à conserver leur héritage, les religieuses ont déménagé plusieurs meubles - très peu de mobilier neuf a été acheté d'ailleurs, ainsi que plusieurs décorations et symboles religieux.

Imaginez un instant, l'ancien couvent comptait plus de 400 pièces réparties sur cinq étages! Facile d'accumuler des souvenirs.

Ainsi, il était non négociable pour les religieuses que certains symboles de leur histoire devaient les suivre dans leur nouveau couvent. « Dans les débuts du couvent, les soeurs dormaient dans d'immenses dortoirs. Il n'y avait pas de séparations sur les étages. Nous avions cette cloche réglementaire, qui sonnait le réveil et les repas. On l'entendait très bien dans tout le couvent », rappelle Soeur Pomerleau en montrant la cloche qui décore maintenant dans la nouvelle grande salle à manger des religieuses.

Les Petites soeurs de la Sainte-Famille s'approprient encore leur nouveau couvent. La décoration n'est pas complétée. L'aménagement extérieur non plus. La cinquantaine de religieuses qui vivent dans l'ancien couvent n'ont pas encore pris le temps de se réinstaller elles aussi pour être plus près les unes des autres dans leur très grand et beaucoup plus vide chez-soi. Mais ça viendra. Ça ne compte pas tant que ça pour les religieuses habituées à vivre de peu.

Soeur Bernadette le confirme. À 101 ans, après 80 années de vie religieuse et de fort nombreux déménagements dans sa vie pour répondre aux besoins de sa communauté, pas de problèmes pour elle de déménager. « Ça ne m'a pas coûté de déménager ici. Tout s'est bien bien passé. Il faut savoir changer dans la vie, vous savez! » lance-t-elle en rigolant.




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