Bonne retraite, Mme Raymonde!

Après 35 ans à enseigner aux enfants, Raymonde... (Spectre Média, Maxime Picard)

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Après 35 ans à enseigner aux enfants, Raymonde Malenfant prendra sa retraite à la fin de l'année scolaire. L'enseignante de Brassard-St-Patrice aura marqué beaucoup d'enfants qui se sont retrouvés dans sa classe.

Spectre Média, Maxime Picard

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(Magog) En 35 ans dans l'enseignement, Raymonde Malenfant a marqué des centaines d'enfants. Suffit d'évoquer son nom pour que les souvenirs enfouis refassent surface.

L'enseignante de maternelle passionnée de l'école Brassard-St-Patrice s'apprête à prendre sa retraite. Pour le moment, elle préfère ne pas trop y réfléchir. De toute façon, dans le tourbillon de son grand spectacle de fin d'année, elle n'a pas trop le temps d'y penser. Et c'est tant mieux : un commentaire sur son départ prochain a fait monter une décharge d'émotions, raconte-t-elle en entrevue.

« Ça a été une décision difficile à prendre. J'adore le travail que j'ai. J'ai toujours été bien heureuse de rentrer travailler... Je trouve ça stimulant de voir ces yeux qui dépendant de nous. Je suis en deuil de ça... » En même temps, la Magogoise ressent une certaine d'urgence : elle craint que la génétique ne soit pas de son côté, dit-elle en soulignant que sa mère est décédée à 64 ans.

« À cet âge, les enfants sont dans l'immédiat, on est toujours sollicité. En même temps, ça va me manquer », dit celle qui se promet d'aller bercer des enfants pendant la retraite.

« On travaille avec des êtres humains. Il y a parfois des enfants qui sont en détresse. Des parents nous racontent des choses, ça nous ébranle. On voudrait que tout soit parfait pour tout le monde, c'est comme ça (...) C'est un travail qui nous habite. Ça va me permettre de me déposer... » lance celle qui avoue faire parfois de l'insomnie.

La musique a toujours occupé une grande place dans la vie de « Mme Raymonde ». Cette année, pour boucler la boucle, elle a décidé de se gâter. C'est au Vieux Clocher de Magog que les enfants et les grands-parents - ses fidèles alliés depuis plusieurs années - grimperont sur scène, pour la présentation du Petit Prince (qu'elle a coécrit pour l'occasion).

Sa bande et elle n'étaient pas retournés dans la salle de spectacle magogoise depuis 2006.

Si elle a pu s'offrir cette petite folie à l'occasion, c'est principalement grâce à une mécène, Thérèse Dallaire. D'autres partenaires l'ont aussi aidée à concrétiser ce petit moment magique pour les enfants... et leur public.

« J'adore entendre les enfants chanter. Ça me nourrit, je trouve ça beau! »

Elle se promet d'ailleurs, une fois à la retraite, de se remettre à jouer du piano plus souvent. « J'avais un rêve, d'avoir un piano de concert. Je m'en suis acheté un il y a une dizaine d'années. Il est sous-utilisé... je vais m'y remettre! »

Gagner les plus difficiles

Que veut-elle apporter aux enfants lorsqu'elle commence l'année scolaire? « Ce que je travaille beaucoup, c'est le lien, raconte-t-elle. C'est important. Tu ne peux pas rien faire si tu n'as pas ça. Maurice Sammut, psychoéducateur émérite, disait toujours : à l'école, il faut aimer ce qui n'est pas aimable. Ce sont les petits qui ont besoin le plus de nous. C'est ceux qui viennent nous chercher, qui nous emmènent à relever les plus beaux défis. » L'enseignante a ce souci constant de gagner même les enfants les plus en difficulté.

Elle raconte avoir eu dans sa classe un enfant qui était souvent en crise, au point de renverser les chaises... « Je cherchais des moyens... Je travaille le lien. Une nuit, je me suis dit que j'allais lui faire des écou-bisous, que chaque fois qu'il allait écouter, j'allais lui faire des bisous. Cet enfant-là, après 10 minutes, il voulait ses écou-bisous. Il était transformé. »

Au cours de sa carrière, elle a passé 10 ans à Windsor et 25 ans à Magog.

Si vous habitez dans le secteur de Magog, vous avez sans doute dû la voir passer en marchant. Chaque jour, elle court ou marche une vingtaine de kilomètres... l'équivalent de plus de 7500 km par année.

Après l'entrevue, Mme Raymonde ouvre la porte de sa classe. Trois ou quatre élèves se jettent littéralement dans ses bras. L'image ne ment pas. Bonne retraite Mme Raymonde.




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