Marie-Léonie repose à la cathédrale

Mère Marie-Léonie Paradis repose maintenant à la basilique-cathédrale... (Spectre Média, René Marquis)

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Mère Marie-Léonie Paradis repose maintenant à la basilique-cathédrale Saint-Michel de Sherbrooke, où un espace muséal est en cours de construction.

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(Sherbrooke) La bienheureuse Marie-Léonie Paradis, mère fondatrice des Petites Soeurs de la Sainte-Famille, repose maintenant à la basilique-cathédrale Saint-Michel de Sherbrooke. La bienheureuse a quitté mercredi après-midi le couvent des religieuses de la rue Galt Ouest où elle reposait depuis 1935.

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Soeur Denise Pomerleau

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Les religieuses devaient assurer l'avenir de la relique de leur mère fondatrice puisque les soeurs de la congrégation religieuse quitteront éventuellement leur couvent qui est toujours à vendre. Il était important pour elles que les restes mortels de la bienheureuse puissent demeurer accessibles aux visiteurs.

« Nous sommes heureuses que la relique de Marie-Léonie puisse reposer à la basilique-cathédrale. Elle ne nous appartient plus seulement à nous; nous la partageons maintenant avec tous les gens du diocèse », se réjouit Soeur Denise Pomerleau, supérieure générale de la Maison des Petites Soeurs de la Sainte-Famille.

Une nouvelle châsse vitrée sera bientôt installée dans l'un des transepts de la basilique-cathédrale et respectera l'architecture du site. Le site étant encore en construction, la relique reposera temporairement dans la chapelle des reliques à l'intérieur de la basilique-cathédrale.

Le squelette, enrobé de cire et de bandelettes avec un masque de plâtre, vêtu du costume d'époque, est donc accessible en tout temps aux visiteurs qui sont invités à venir prier la bienheureuse.

Le coeur de Mère Marie-Léonie, qui se trouve dans une urne, sera quant à lui transféré à la maison Au Boisé d'Élodie, la nouvelle maison de la communauté qui porte ce nom en hommage au nom de baptême de la religieuse-fondatrice.

D'ailleurs, ce n'est pas pour rien que le grand déménagement s'est déroulé le 31 mai : il s'agissait du 137e anniversaire de la fondation de la congrégation des Petites Soeurs de la Sainte-Famille.

Une cérémonie protocolaire empreinte d'émotions s'est mise en branle vers midi à la maison mère des Petites Soeurs.

Avant la cérémonie, les religieuses avaient allumé des cierges ayant servi lors du décès de Marie-Léonie en 1912.

« Ces cierges ont été conservés dans notre couvent pendant 105 ans et c'est avec joie que nous les utilisons aujourd'hui pour accompagner la relique de soeur Marie-Léonie à son dernier repos », a soutenu Soeur Marie Paule Carrier, à la fois infirmière et secrétaire générale de la maison.

Une haie d'honneur formée de policiers et de dizaines de religieuses a été formée lors de la sortie du couvent de la relique de Mère Marie-Léonie. Des dignitaires, dont le maire de Sherbrooke Bernard Sévigny et le député de Sherbrooke Luc Fortin, étaient présents.

Puisque près de la moitié des religieuses de la congrégation ne pouvaient pas assister à la cérémonie pour des raisons de santé, on avait tout de même pensé à elles : la relique, à bord d'un corbillard, a fait le tour de la nouvelle maison où ont déménagé les soeurs les plus malades et les plus âgées depuis quelques semaines.

En effet, un peu plus d'une centaine des Petites soeurs de la Sainte-Famille viennent de s'installer dans un nouveau bâtiment de 20 millions de dollars situé sur un terrain vacant adjacent au couvent surplombant la rue Galt Ouest. Comme l'imposant bâtiment n'est toujours pas vendu, une cinquantaine de religieuses continueront de vivre dans l'actuel bâtiment.

Par la suite, un impressionnant cortège a emprunté le boulevard Jacques-Cartier et la rue King Ouest pour se rendre à la cathédrale où s'est tenue une cérémonie eucharistique présidée par monseigneur Luc Cyr. L'archevêque était secondé par des dizaines de prêtres et d'évêques de la région et d'ailleurs au Québec.

Un temps de prière a aussi eu lieu à 19 h 30 pour d'autres fidèles.

Il s'agit de la deuxième fois que la dépouille de la bienheureuse est déplacée. En effet, à sa mort en 1912, elle a d'abord été inhumée au cimetière Saint-Michel de Sherbrooke. En 1935, son cercueil a été exhumé pour être transféré à la Maison générale des Petites Soeurs de la Sainte-Famille.

Sur le chemin de la canonisation

La bienheureuse Marie-Léonie Paradis a été béatifiée par le pape Jean-Paul II lors de sa visite au parc Jarry à Montréal en septembre 1984. Il s'agissait de la première cérémonie de béatification à se tenir en Amérique.

Pour accéder à la béatification, il faut respecter des procédures rigoureuses. Une cause présente donc trois types de procès : le procès diocésain, le procès informatif et le procès apostolique.

Les procès diocésains concernaient les écrits de Mère Marie-Léonie. La cause a débuté en 1952 et elle a été approuvée la même année à Rome, ce qui a permis de poursuivre le processus.

En 1968, le procès apostolique s'est tenu. Lors de ce procès, de nombreux témoignages ont été longuement étudiés et comparés par des théologiens et des experts qui ont conclu sur « l'excellence de sa vie éclairée et inspirée par l'Évangile ».

Après l'étude du dossier de béatification, le pape Jean-Paul II a proclamé mère Marie-Léonie vénérable le 31 janvier 1981 avant de la béatifier finalement lors de sa visite au Canada en 1984.

La béatification est de nos jours la première étape vers la sainteté. Pour être canonisé, c'est-à-dire devenir saint, un bienheureux doit avoir accompli un miracle.

Marie-Léonie pourrait donc être canonisée un jour si un miracle lui était attribué.

Le miracle du Saint Frère André

Un miracle désigne un fait extraordinaire, dépourvu d'explication scientifique, qui est alors vu comme surnaturel et attribué à une puissance divine. Voilà un exemple de miracle : une personne à qui l'on aurait diagnostiqué un cancer et qui aurait guéri sans avoir reçu le moindre traitement médical, tout en ayant prié beaucoup un seul bienheureux. La personne ayant obtenu une guérison fait l'objet d'un suivi pendant de cinq ans à quinze années après sa guérison.

À la fin des années 1990, un enfant de 9 ans roulant à bicyclette est heurté par une automobile à Montréal. Ses parents et ses proches prient le frère André à l'oratoire Saint-Joseph. Le garçon déjoue les pronostics et se remet très bien et très vite de son traumatisme crânien. Cette guérison fait l'objet d'une enquête diocésaine en février 2005 et a été déclarée scientifiquement inexplicable quatre ans plus tard. Voilà le miracle qui a mené à la canonisation de Saint Frère André le 17 octobre 2010.

Le Québec compte sept saints, soit Jean de Brébeuf, Isaac Jogues et leurs compagnons, qui étaient des martyrs, Marie de l'Incarnation, Kateri Tekakwitha, Marguerite Bourgeoys, François de Laval, Marguerite d'Youville et Frère André Bessette.

Le Québec compte 10 bienheureux : Catherine de Saint-Augustin, André Grasset, Marie-Rose Durocher, Émilie Tavernier-Gamelin, Marie-Élisabeth Turgeon, Marie-Anne Blondin, Louis-Zéphirin Moreau, Marie-Léonie Paradis, Frédéric Janssoone et Dina Bélanger.




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