Maltraitance des enfants: la DPJ en appelle à la communauté

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En 2015-2016 en Estrie, 25 pour cent des signalements retenus ont été faits en négligence, 19,3 pour cent en abus physiques et 16,3 pour cent en mauvais traitements psychologiques.

Spectre Média, Jessica Garneau

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(SHERBROOKE) « La protection des enfants, c'est l'affaire de toute la communauté. »

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Alain Trudel

Spectre Media, René Marquis

Le directeur de la protection de la jeunesse en Estrie (DPJ), Alain Trudel, réagit ainsi relativement aux constats de l'Observatoire des tout-petits de la Fondation Lucie et André Chagnon qui rapporte notamment une hausse de 27 pour cent des cas de maltraitance des enfants de moins de cinq ans au cours des dix dernières années.

L'étude produite mercredi soutient qu'en 2015-2016, chaque jour, 20 nouvelles situations de maltraitance d'enfants âgés de 0 à 5 ans ont été rapportées au Québec. Elle signale de plus que ce ne sont pas tous les mauvais traitements qui sont signalés aux DPJ.

L'Observatoire rappelle que les tout-petits pourraient être plus vulnérables à la maltraitance que les enfants plus vieux puisqu'ils se retrouvent souvent isolés à la maison contrairement aux plus âgés qui fréquentent une école.

« En terme de maltraitance, on parle de négligence, d'abus sexuel, d'abus physiques et de violence psychologique. Ces chiffres démontrent qu'il est important de se mettre en action pour les enfants du Québec. Il ne faut pas simplement prendre en charge les familles en difficulté, mais leur redonner du pouvoir afin qu'ils deviennent partenaires des interventions. Les établissements doivent avoir un rôle d'accompagnateur non pas seulement de prescripteur. En Estrie en protection de la jeunesse, nous impliquons les parents dans les solutions. Plus l'usager est au coeur des préoccupations, des décisions, des enlignements cliniques, mieux on va répondre aux besoins de la population », estime le DPJ en Estrie.

Alain Trudel rappelle que depuis la création du CIUSSS de l'Estrie-CHUS, tous les services reliés à la jeunesse sont maintenant placés sous un même directeur.

« Tous les services jeunesse sont regroupés. C'est un avantage que les décisions soient prises pour les enfants de l'Estrie qui arrivent en première ligne. Il y a une meilleure vision et nous pouvons développer les trajectoires de services. Qu'il s'adresse à un médecin de famille, aux intervenants psychosociaux, à un pédiatre, tout va être centralisé. Peu importe la porte d'entrée, il y a une continuité de services », indique M. Trudel.

Ententes multisectorielles

Des ententes multisectorielles avec les CPE et le Service de police de Sherbrooke sont en place pour offrir des services concertés et intégrés.

« Le rôle du DPJ est social avant tout. Il faut amener une communauté à être sensible aux besoins des enfants et à trouver les moyens pour y répondre. Plus rapidement on répond aux besoins des enfants, plus on évite le décrochage scolaire et les impacts de la négligence qui est souvent transgénérationnelle. Il faut briser le cercle de la maltraitance dans une intervention concertée de tous les acteurs », estime Alain Trudel

Selon lui, les interventions en matière jeunesse doivent être efficaces.

« Il faut s'assurer de répondre aux besoins des enfants afin que leur bien-être soit amélioré. En Estrie, la recherche n'est jamais bien loin des programmes mis en place. La recherche fait partie des pratiques en protection de la jeunesse. Quand nous mettons un type d'intervention en place avec les enfants, on se demande si le programme atteint la cible que nous voulons », estime Alain Trudel.

En 2015-2016 en Estrie, 25 pour cent des signalements retenus ont été faits en négligence, 19,3 pour cent en abus physiques, 16,3 pour cent en mauvais traitements psychologiques et 2,6 pour cent en abus sexuel.

Devant une situation de surreprésentation des cas de négligence en 2013 à Asbestos, Alain Trudel était allé rencontrer les intervenants en matière de jeunesse de la MRC.

« Les gens se sont mis ensemble. Nous devrions voir les effets de ce travail commun une diminution du taux. Il y a eu une mobilisation du milieu », explique M. Trudel.

Il souligne que la mise en place d'une pédiatrie de type sociale à Sherbrooke a eu un impact pour se rapprocher de la population. Le DPJ en Estrie estime qu'il faut éviter de stigmatiser les parents en difficulté.

« Il faut éviter de les culpabiliser pour mieux les responsabiliser. Je ne pense pas qu'un parent veut avoir des enfants pour les négliger ou les maltraiter. En même temps, certains parents peuvent être pris dans des difficultés personnelles où ils peuvent avoir de la difficulté à répondre à leurs propres besoins. Ils deviennent alors moins disponibles pour répondre aux besoins d'enfants vulnérables. Le sentiment d'incompétence et de honte peut faire en sorte qu'ils ne vont pas aller chercher de services », estime Alain Trudel.

Les conflits conjugaux ou les problèmes de santé mentale peuvent avoir une influence sur les enfants.

« Pour répondre aux besoins d'enfants vulnérables, il doit y avoir réponse aux propres besoins des parents. Si l'on arrive à faire ce travail au Québec d'aller chercher le bon service au bon moment, nous amélioreront le sort des enfants. La DPJ arrive tard dans le processus. Si les gens allaient chercher de l'aide rapidement, on diminuerait de beaucoup les signalements en protection de la jeunesse », assure Alain Trudel.

Il fait le pari que si les gens développent une connaissance plus grande de l'offre de services des CLSC et des organismes communautaires, il va y avoir une meilleure portée sur la réponse aux besoins des enfants.

L'Observatoire des tout-petits affirme que les coûts sociaux et économiques liés à la maltraitance au Canada sont estimés à 15,7 milliards $. Avec la Presse canadienne




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