37 élèves doivent reprendre leur examen final en français

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Une bonne partie des 37 élèves ont voulu dénoncer la situation dans les médias, lundi, dans l'espoir que le ministère de l'Éducation revienne sur sa décision.

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Matthew Vachon
La Tribune

(Magog) À neuf jours de la fin de l'année scolaire, 37 élèves de secondaire cinq à l'école La Ruche de Magog devront reprendre leur examen final de français. Tout cela à cause d'un problème informatique qui a activé le logiciel de correction Antidote interdit par le ministère de l'Éducation pour cette épreuve.

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Un problème informatique a fait en sorte que le logiciel de correction Andidote était activé durant l'épreuve de français écrit du ministère.

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Marie St-Onge

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Avec la période d'examens qui débutera le 13 juin, il s'agit d'une véritable catastrophe pour les 37 élèves qui avaient choisi de rédiger cette épreuve à l'ordinateur plutôt qu'à la main. Ceux-ci devront s'astreindre à refaire la préparation de huit à dix heures que nécessite cette épreuve écrite pour reprendre un examen qui devrait déjà être de l'histoire ancienne.

« C'est une injustice à nos yeux. Nous ne trouvons pas ça juste d'être pénalisés par un facteur informatique qui est hors de notre contrôle. C'est de nombreuses heures de préparation qui sont impliquées dans tout ça, d'autant plus que nous avons beaucoup d'autres travaux et examens à réaliser. Pendant ce temps, les autres élèves qui ne sont pas pénalisés par cette décision pourront bien se préparer pour les autres évaluations », s'insurge Marie St-Onge, l'une des victimes de ce problème informatique.

Des surveillants circulaient pourtant dans les locaux informatiques à ce moment et aucun d'entre eux n'a noté l'usage d'Antidote par l'un des étudiants, ajoute-t-elle. « La surveillante n'a fait aucune intervention lors de l'examen. Rien d'anormal ne s'est produit. S'il y avait eu un problème, ils auraient averti les élèves fautifs. »

Il semble en fait qu'une seule élève du groupe a vu son examen être accepté par le Ministère tandis que ceux de ses collègues de classe ont été refusés. « J'ai parlé au directeur de notre école et il m'a annoncé que mon examen avait été jugé valide. Je ne comprends pas vraiment ce qui s'est passé, car j'ai fait absolument la même chose que mon amie qui était assise à mes côtés. Elle n'a pas eu la même chance que moi puisqu'elle doit reprendre le tout », relate Laurence Lajeunesse.

Comble du malheur, lors de cet examen écrit, les adolescents avaient le choix d'utiliser ou non l'ordinateur. « Nos enseignants nous ont proposé de choisir entre l'ordinateur et l'écrit puisque certains sont plus performants avec une méthode ou l'autre. En prenant l'ordinateur, ç'a l'air que nous avons fait le mauvais choix et ça nous a pénalisés gravement », déplore de son côté Léa Lamontage.

Selon Tristan Pratte, un changement de local à la dernière minute pourrait possiblement expliquer le problème informatique. « Au moment de l'examen, notre directeur est venu nous voir pour nous dire que des élèves s'étaient ajoutés pour faire l'examen à l'ordinateur, ce qui a obligé certains de nous à changer de local. Peut-être que ce nouvel endroit a été mal sécurisé », note-t-il.

Les élèves ont voulu alerter les médias, lundi, dans l'espoir que le Ministère annule sa décision. « On peut trouver un terrain d'entente. Il ne faut pas oublier que c'est seulement le côté orthographe qui peut être remis en cause dans tout ça. L'argumentation et le contenu, ça demeure pareil, qu'il y ait Antidote ou non », fait valoir Marie St-Onge.

Les professeurs appliquent les règles

Ce sont les enseignants qui ont dû rapporter l'incident à la Commission scolaire des sommets (CSS), puis au ministère de l'Éducation. La CSS a bien tenté d'infirmer la décision du MEQ, relatent les élèves, mais sans succès. Les professeurs n'ont donc d'autres choix que de suivre les directives et de préparer à nouveau leurs élèves pour une deuxième tentative.

« Les enseignants n'ont aucun pouvoir dans cette histoire. C'est une irrégularité dans un examen du ministère tout simplement. Par contre, les professeurs feront preuve de souplesse dans la remise des travaux des jeunes concernés par cette situation », assure à ce propos Benoit Houle, président du Syndicat de l'enseignement de l'Estrie.

La reprise de l'examen devra être effectuée le 6 juin prochain si la décision est bel et bien maintenue.

La direction de l'école a refusé de commenter.

La CSS fera preuve de discernement

Bien consciente de la surcharge importante de travail qu'entraîne la reprise d'une épreuve de fin d'année, la Commission scolaire des sommets (CSS) précise qu'elle sera plus clémente dans les autres évaluations des élèves touchés.

« C'est certain que nous allons dégager des plages horaires pour qu'ils puissent se préparer adéquatement à cette évaluation. De plus, il y aura une compréhension en lien avec les travaux des différentes matières qu'ils ont à remettre. Nous allons faire preuve d'ouverture à l'endroit de ces 37 élèves qui ont une surcharge de travail par rapport aux autres », explique Serge Dion, directeur général adjoint de la CSS.

Avant d'en arriver à cette avenue, la direction de la commission scolaire a bien tenté de trouver une solution moins draconienne à cette problématique, mais il s'est avéré impossible d'identifier les élèves qui auraient pu faire usage du logiciel Andidote pendant l'examen.

« Nous avions un rapport à présenter au ministère de tout ce qui s'était passé ainsi qu'un argumentaire. Nous avons procédé à l'analyse de cette situation avec les professeurs, mais ça s'est avéré impossible d'identifier les élèves qui auraient pu faire usage d'Antidote », note M. Dion.

Cela s'explique par le fait que, lorsqu'Antidote est ouvert, il s'applique automatiquement au texte dans Microsoft Word. Les 37 élèves ont donc eu accès au logiciel correcteur sans même le savoir. « Évidemment, c'est injuste pour les autres élèves qui ont rédigé à la main leur examen. Que l'élève le veuille ou non, le logiciel était malheureusement actif », note-t-il.




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