Une anesthésie générale pour des caries?

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Les dentistes cesseront d'offrir la sédation consciente faute d'une entente avec le gouvernement sur la question des frais accessoires.

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<p>Chloé Cotnoir</p>
Chloé Cotnoir
La Tribune

(SHERBROOKE) Des milliers d'enfants aux prises avec des problèmes dentaires pourraient devoir subir une anesthésie générale au lieu d'une sédation consciente pour être traités faute d'une entente entre le gouvernement et les dentistes sur la question des frais accessoires.

Le dentiste pédiatrique Louis-René Charette est le seul professionnel de la santé bucco-dentaire à offrir la sédation consciente en Estrie. Il a toutefois commencé à avertir ses jeunes patients ainsi que les autres dentistes de la région qu'il cessera toute procédure avec sédation pour les soins couverts par la RAMQ à compter du 26 juin.

« Il en résultera malheureusement plus de sessions sous anesthésie générale, mais si c'est le souhait du gouvernement Couillard, nous devons nous incliner », a-t-il écrit dans la lettre qu'il a fait parvenir la semaine dernière à ses confrères de travail.

Dr Charette pratique en moyenne une journée par semaine à la clinique Chez le dentiste, située à Sherbrooke. Sa clientèle est composée d'enfants, avec ou sans besoins spéciaux.

« J'ai ma clinique à Montréal, mais je viens une journée par semaine pour desservir l'Estrie puisqu'il n'y a aucun autre dentiste qui offre les mêmes services que moi », souligne le pédodontiste.

« Ma clientèle m'est référée par d'autres dentistes de Lac-Mégantic à Granby qui ont bien souvent essayé de traiter l'enfant, mais qui n'ont pas réussi puisque celui-ci est tout petit, qu'il a peur, etc. » poursuit Dr Charette.

«Je charge environ 75 $ pour cette procédure et c'est un service très apprécié par les parents.»


De sept à 10 fois par jour, le spécialiste utilise la sédation consciente, ou « le petit nez de clown » comme il l'appelle, pour réussir à effectuer le traitement requis.

« C'est moins demandant que l'anesthésie générale. C'est plus mollo pour l'enfant et généralement on réussit à très bien traiter les patients moins collaboratifs au départ », souligne le spécialiste.

Or, depuis le 26 janvier, Dr Charette n'a plus le droit de charger des frais à ses patients assurés par la RAMQ pour obtenir ce service - tous les enfants de moins de 10 ans.

« Je charge environ 75 $ pour cette procédure et c'est un service très apprécié par les parents », assure Dr Charette qui a continué à offrir le service dans les dernières semaines, misant sur la bonne foi du gouvernement.

« On nous a dit au départ qu'il y aurait une entente et qu'on serait remboursé pour les frais encourus en attendant. Maintenant on sait que les négociations sont bloquées et qu'il y a de bonnes chances qu'on ne soit pas remboursé pour les traitements offerts depuis le 26 janvier », dénonce Dr Charette.

Anesthésie générale... à Montréal

Le dentiste pédiatrique n'aura d'autre choix que de se tourner vers l'anesthésie générale pour traiter ces petits patients moins collaboratifs. Et comme il n'arrive pas à obtenir du temps de bloc opératoire aux hôpitaux de Sherbrooke et de Magog, sa clientèle devra se rendre à Montréal pour l'intervention médicale.

« Je travaille avec la clinique médicale privée Rockland MD à Montréal. Mes patients devront s'y rendre pour subir une anesthésie », annonce le pédodentiste.

L'anesthésie sera cependant sans frais, puisque le gouvernement est parvenu à une entente avec les médecins.

« Mais le patient devra se rendre à Montréal, payer son déplacement et y rester un certain temps. Le temps de récupération d'une anesthésie générale est beaucoup plus long que pour la sédation consciente », nuance Dr Charette.

Déjà, la liste d'attente pour une anesthésie générale est d'environ trois mois au Rockland MD. 

« Ça va atteindre plusieurs mois avec tous les cas qui vont se rajouter. Et ça ce sont les enfants qui vont en payer le prix », avertit le spécialiste.

Pour faire bouger le gouvernement, Dr Charette suggère à sa clientèle d'envoyer une lettre au ministre de la Santé l'exhortant à régler ce dossier.

« C'est pour le bien des enfants que l'on fait ça. Ça ne fait plaisir à personne de faire des anesthésies générales alors que l'on pourrait facilement l'éviter », résume Dr Charette.




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