Logements sociaux : l'ALS occupera des terrains vacants

Une trentaine de personnes ont manifesté sur la... (Spectre Média, Marie-Lou Béland)

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Une trentaine de personnes ont manifesté sur la rue Wellington Sud lundi après-midi dans le cadre d'une semaine d'actions régionales initiée par le Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) dont l'Association des locataires de Sherbrooke est membre.

Spectre Média, Marie-Lou Béland

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<p>Chloé Cotnoir</p>
Chloé Cotnoir
La Tribune

(Sherbrooke) Des membres de l'Association des locataires de Sherbrooke (ALS) occuperont des terrains toute la semaine pour rappeler le droit au logement. Ils y piqueront des tentes sur ces terrains qui seraient « idéaux pour la construction de logements sociaux ».

Des occupations semblables auront lieu partout au Québec toute la semaine, à l'invitation du Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU).

L'ALS compte ainsi donner du poids à sa demande faite aux gouvernements d'investir assez d'argent pour permettre la construction de 50 000 logements sociaux sur cinq ans au Québec, ce qui se traduirait par 300 nouvelles unités d'habitation sociales par année à Sherbrooke.

Cette revendication a été portée par une trentaine de personnes lors d'une manifestation organisée lundi sur les terrains de l'ancien Maysen Pub sur la rue Wellington Sud dans le cadre d'une série d'actions régionales du FRAPRU, dont l'ALS est membre.

« Le logement ça ne devrait pas être une marchandise, mais un droit », fait valoir Normand Couture, coordonnateur de l'ALS.

À Sherbrooke, selon le dernier recensement de Statistiques Canada effectué en 2011, 6105 ménages paient plus de la moitié de leur revenu pour se loger.

« Et je suis certain que ce chiffre est rendu plus élevé », précise M. Couture.

La construction de 300 logements sociaux par an permettrait de répondre seulement aux besoins urgents. Or, c'est plutôt la construction de 3000 unités à travers le Québec, dont 100 à Sherbrooke, qui a été annoncée dans le dernier budget du gouvernement provincial.

« C'est déjà mieux que les deux années antérieures alors que le gouvernement se limitait à financer un maigre 1500 unités annuellement en raison des coupes budgétaires alors qu'il disposait d'un surplus faramineux », dénonce le coordonnateur.

Du côté fédéral, le gouvernement Trudeau a annoncé la mise sur pied d'une stratégie pancanadienne du logement à l'automne.

« C'est une demande qui était faite depuis longtemps par les associations de logement. Le gouvernement a mis 5 milliards de dollars dans ce projet, mais on ne sait pas comment ce 5 G$ sera dépensé. On veut s'assurer qu'il soit dépensé pour la construction de logements sociaux », souligne M. Couture.

Logements insalubres et discrimination

En plus de militer pour l'accessibilité au logement, l'ALS revendique le droit à tous de jouir d'un logement salubre.

Selon M. Couture, on retrouve plusieurs logements insalubres à Sherbrooke, particulièrement dans le district centre-sud.

« Il y a des logements tellement en mauvais état que j'ai peur que les marches s'écroulent sous mes pieds quand j'y monte », assure-t-il.

« J'ai vu un logement où il était possible de se passer un bras dans le mur jusqu'à l'extérieur! C'est chaud ça l'hiver... » remarque M. Couture.

En plus de devoir vivre dans des logements insalubres, les ménages à faible revenu font également face à de la discrimination.

« Les gens ne veulent pas louer à des familles parce que les enfants ça fait du bruit... Certaines familles immigrantes avec plusieurs enfants sont obligées de louer deux logements pour loger tout le monde! Ça n'a aucun sens », critique le coordonnateur de l'ALS.

« On n'a pas le droit de chasser des gens de leur milieu de vie »

« Avec le projet Well inc. ils veulent se débarrasser des gens qui fréquentent la Wellington Sud pour y construire des immeubles permettant à des entrepreneurs de changer le visage de la Wellington Sud. Faut-tu comprendre que nos visages ne sont pas assez beaux? »

Normand Couture, coordonnateur de l'Association des locataires de Sherbrooke (ALS), a profité de la manifestation organisée lundi pour dénoncer le projet entrepreneurial du maire Sévigny.

« On est sur les terrains de l'ancien Maysen Pub parce qu'on estime que ça aurait été parfait pour un logement social, au centre de tous les services, mais nous avons bien compris qu'avec Well inc. ça n'arrivera pas », se désole M. Couture.

« Bernard Sévigny dit qu'il va y avoir des mesures sociales mises en place pour éviter la gentrification du secteur, mais jusqu'à maintenant il n'a rien annoncé. Ça va être quoi ces mesures sociales? » questionne le coordonnateur de l'ALS.

Normand Couture est conscient que lui et son organisme ne pourront bloquer le projet du maire de Sherbrooke.

« Mais on va s'assurer que la Well ne perde pas son identité », assure-t-il.

La prochaine campagne électorale sera d'ailleurs l'occasion d'entendre les candidats à la mairie sur la transformation de la Wellington Sud.

« On a déjà notre programme. On va s'assurer que ce soit un enjeu dans la campagne et on veut que tous les candidats prennent des engagements à propos de Well inc. »

Chose certaine, celui qui oeuvre pour l'Association des locataires depuis de nombreuses années voit mal comment les habitués de la Wellington Sud et les gens attirés par Well inc. peuvent cohabiter.

« Ce sont deux clientèles complètement différentes. Les gens qui habitent ici ne se reconnaitront plus et vont quitter leur milieu de vie. N'allez pas me dire que les entrepreneurs vont être d'accord que des personnes itinérantes se ramassent devant leur immeuble tous les soirs. Ils vont demander qu'on les chasse! » craint M. Couture qui ajoute « qu'on n'a pas le droit de chasser des gens de leur milieu de vie pour en loger d'autres ».




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