Des clients de gymnases laissés à eux-mêmes

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La chaîne Econofitness est visiblement visée par la sortie publique de l'Association des kinésiologues, kinésithérapeutes, orthothérapeutes et massothérapeutes du Québec à cause de son concept d'entraînement « libre-service ».

Spectre Média, Maxime Picard

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(Sherbrooke) Qui interviendra si un client ressent un malaise ou s'il survient un accident avec un appareil? Est-ce que les gens risquent davantage de se blesser que de se faire du bien en utilisant mal certains appareils de conditionnement physique? Et pourquoi y a-t-il des poubelles spécialement conçues pour recevoir les seringues dans certains centres de conditionnement physique?

Ce sont des questions qui inquiètent énormément les membres de l'Association des kinésiologues, kinésithérapeutes, orthothérapeutes et massothérapeutes du Québec (AKKOMQ).

« Pour parvenir à offrir des tarifs qui défient toute concurrence, certains centres de conditionnement physique ont fait le choix de n'embaucher aucun personnel présent sur place, sauf une personne à l'entrée pour vérifier les cartes de membres. Les usagers ont à leur disposition des machines, des poids libres et des cours de groupe virtuels. Aucun kinésiologue ni entraîneur certifié n'est présent sur place! » s'inquiète le président de l'AKKOMQ Kandy Mallet.

Pire encore, ajoute M. Mallet, des entraîneurs privés se sont fait expulser alors qu'ils donnaient des conseils à leurs propres clients et qu'ils avaient payé leur droit d'entrée. « Certains membres de ces centres de condition physique demandent à un professionnel de les accompagner sur place pour recevoir des conseils. Or après un très court laps de temps, les professionnels sont expulsés du centre de conditionnement physique en prétextant que dans ce centre, il est interdit de donner une supervision par des professionnels. Ça c'est inacceptable! » clame Kandy Mallet.

L'apparition récente de poubelles spécialement conçues pour recevoir les seringues usagées a aussi fait bondir les membres de l'association récemment (voir autre texte).

Concept « libre-service »

La chaîne Econofitness est visiblement visée par cette sortie publique. Son vice-président Renaud Beaudry défend le concept d'entraînement « libre-service » de sa chaîne qui compte une cinquantaine de gymnases au Québec.

« Nous offrons un gym accessible au plus grand nombre de gens, qui n'ont plus la restriction de budget grâce à nos bas prix. Notre concept convient très bien aux gens qui ont envie d'essayer le gym en payant un prix abordable et à ceux qui aiment s'entraîner seuls, entre autres. Le but fondamental de notre chaîne, c'est que les gens puissent s'entraîner, que les Québécois aient accès à un gym à bon prix, un gym propre, un gym bien entretenu et accessible », soutient Renaud Beaudry.

Il explique qu'un commis est toujours présent sur place et qu'il peut intervenir en cas d'urgence.

Qu'en est-il de la sécurité des usagers qui ne peuvent pas compter sur l'appui d'un professionnel pour s'entraîner?

« Dans ma ville, il y a des appareils d'exercice dans les parcs qui sont à la disposition des gens en tout temps. Il n'y a pas d'entraîneur pour aider les gens. Et on peut aussi s'entraîner dehors, courir dehors. Est-ce que c'est vraiment plus dangereux de s'entraîner en salle sans entraîneur qu'à l'extérieur? Je ne suis pas certain que l'on puisse dire ça », nuance Renaud Beaudry d'Econofitness.

Vérification faite auprès de quelques autres centres de conditionnement physique, il est fort peu courant de ne pas avoir au moins un kinésiologue présent sur place en tout temps pour donner un coup de pouce aux usagers.

« Les gens peuvent penser qu'il suffit de pousser ou de tirer sur un appareil pour que ça fonctionne. Mais c'est plus compliqué que ça. Le corps humain est compliqué! L'entraînement physique n'est pas sans danger », soutient le directeur de la succursale Belvédère du Maxi-Club et kinésiologue de formation Pierre-Olivier Turcotte.

L'apparition de contenants pour déposer des seringues souillées... (Archives, La Presse) - image 2.0

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L'apparition de contenants pour déposer des seringues souillées chez Econofitness soulève des questions chez ses usagers.

Archives, La Presse

Des poubelles à seringues soulèvent des questions

L'apparition de poubelles spécialement conçues pour recevoir les seringues usagées dans certains vestiaires de centres de conditionnement physique de la région a fait bondir les membres de l'Association des kinésiologues, kinésithérapeutes, orthothérapeutes et massothérapeutes du Québec (AKKOMQ). Cette pratique n'est pas du tout courante dans l'industrie après vérification.

« Nos membres ont vérifié le contenu de ces poubelles : ce sont en grande partie des seringues pour les stéroïdes anabolisants, un produit utilisé par les jeunes qui souhaitent prendre de la masse musculaire rapidement », assure Kandy Mallet, président de l'AKKOMQ.

« Certaines conditions médicales exigent l'utilisation de seringues, comme le diabète. Mais les gens qui ont ces conditions médicales n'ont pas l'habitude de se piquer au centre de conditionnement physique! L'apparition de ces poubelles laisse donc penser que l'on connait et que l'on tolère l'usage de stéroïdes anabolisants, alors que là aussi, les gens qui s'injectent ces produits n'ont pas l'habitude de le faire à l'intérieur des centres de conditionnement physique », ajoute-t-il.

Le vice-président d'Econofitness Renaud Beaudry reconnait que de telles poubelles ont été récemment ajoutées dans les vestiaires de leurs centres de conditionnement physique. Cela ne veut pas dire que la consommation de stéroïdes anabolisants est tolérée, assure-t-il.

« Nous avons une politique de tolérance zéro, comme ailleurs. Si nous prenons un client à s'injecter des stéroïdes, nous appelons la police. C'est illégal chez nous comme partout ailleurs. Si on a décidé de mettre des poubelles spécialement conçues pour les seringues, c'est simplement pour prévenir les accidents. Nous ne sommes pas dans les cabines avec les gens, et on ne veut pas que les seringues restent dans la cabine ou dans la poubelle et qu'un employé ou un autre client puisse se blesser », explique-t-il.

Un tel incident n'a jamais été rapporté chez Econofitness cependant. La même question a été posée dans d'autres centres de conditionnement physique et personne n'avait jamais entendu parler d'un tel événement où un client ou un employé aurait été piqué par une seringue usagée. « C'est de la prévention », insiste M. Beaudry.




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