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Transgenre : de plus en plus de demandes de soutien en milieu scolaire

Sao Daigneault, Alex Lamarche, Félicia Cantin et Stéphanie... (Spectre média, Jessica Garneau)

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Sao Daigneault, Alex Lamarche, Félicia Cantin et Stéphanie Roy, intervenante chez Iris Estrie ont participé à l'activité « Focus sur la jeunesse trans en Estrie », mercredi.

Spectre média, Jessica Garneau

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(COATICOOK) Depuis environ un an, les demandes des professionnels en milieu scolaire qui souhaitent soutenir les jeunes qui se questionnent sur leur genre sont en forte hausse auprès d'IRIS Estrie.

La question occupe de plus en plus d'espace dans l'actualité. Au cours des deux dernières années, des institutions comme le Cégep de Sherbrooke et le Collège régional Champlain ont mis en place diverses mesures afin de soutenir les trans, ces personnes qui ne sont pas à l'aise avec le genre assigné à la naissance.

« C'est une grande réalité depuis la dernière année : ce sont les professionnels des milieux scolaires qui m'appellent parce qu'ils ne savent pas quoi faire. Ils sont pris avec ça, ils ne connaissent pas ça. Vu qu'on en parle beaucoup maintenant, les jeunes sortent de plus en plus tôt. Que fait-on avec ces jeunes-là? Les écoles, ce n'est pas qu'elles manquent d'ouverture, c'est qu'elles ne connaissent pas ça. Il n'y a pas de mesures en place pour ces personnes-là », commente Stéphanie Roy, intervenante en prévention, en éducation et en promotion de la santé chez Iris Estrie.

L'intervenante collabore notamment avec les psychoéducateurs, les psychologues et les infirmières scolaires.

À l'avant-garde

Certains établissements sont particulièrement actifs en cette matière.

Elle cite l'école secondaire Mitchell-Montcalm, où les jeunes peuvent être appelés par le pronom qu'ils ont choisi, et non avec lequel leur dossier initial a été ouvert.

« S'ils t'appellent à l'intercom, ils vont utiliser le pronom choisi par la personne même si le changement de nom n'est pas fait », illustre-t-elle.

« Ils sont vraiment à l'avant-garde. Ils sont très sensibles à l'orientation aussi. Un couple a le droit d'être un couple à l'école. Je trouve ça merveilleux », raconte-t-elle en soulignant que les jeunes peuvent sortir du placard dans les classes.

Celle qui est aussi intervenante auprès des personnes trans avec le projet Caméléon côtoie des jeunes. « Mon plus jeune cas a 11 ans. J'en ai jusqu'à 15, 16, 17 ans. »

Le Regroupement estrien pour la diversité sexuelle et de genre (REDSG) tenait une activité de sensibilisation à la Maison des jeunes de Coaticook, mercredi, sous le thème « Focus sur la jeunesse trans » en Estrie.

L'événement avait lieu dans le cadre de la Journée internationale de lutte contre l'homophobie et la transphobie. Pourquoi à Coaticook? Il faut parler davantage de ce thème à l'extérieur des grands centres, note Stéphanie Roy.

« Si c'est difficile à Sherbrooke, imagine-toi ailleurs! lance-t-elle. En région, c'est plus difficile. » Elle cite le manque d'information, la culture. « On n'en parle pas assez... On veut ouvrir les yeux des gens. C'est une réalité qui existe. Même ici il y en a probablement. »

Des jeunes étaient là pour témoigner.

« Il faut démystifier le tout : il n'y a rien de chinois. Il faut dire que ça existe et que c'est normal. Je viens de Granby, c'est plus petit. Une fois à Sherbrooke, il y avait plus de ressources... Quand j'étais plus jeune, je me suis associé à une étiquette de lesbienne, je ne savais pas à quoi m'associer d'autre. J'ai eu la chance d'avoir une compagne de vie (...) qui m'a ouvert les yeux en me disant que j'étais hétéro et que je n'étais pas dans le bon corps. C'est là que mon processus de réflexion a commencé... »

Alex, qui a fait un retour aux études au centre de formation professionnelle Lennoxville, veut dire aux jeunes de garder espoir, même si cela semble compliqué. Alex félicite d'ailleurs l'établissement où de la sensibilisation est faite sur le sujet.

« Je suis non binaire, ni homme ni femme. Je ne m'attache à aucun genre; il n'y a aucun genre qui me rend confortable », explique pour sa part Sao Daigneault. Sao a plaidé sur l'importance d'éduquer les gens et de briser les stéréotypes, notamment en cessant de « genrer » les jouets des enfants.




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