Combattre l'aliénation parentale

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Pour le Carrefour aliénation parentale, un organisme montréalais qui a vu le jour en 2016, trop de parents ignorent qu'il existe des manières moins coûteuses et plus avantageuses de faire respecteur leurs droits que de recourir au système de justice.

Spectre Média, René Marquis

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(Magog) Preuve sans doute que le trouble de l'aliénation parentale est un sujet qui préoccupe un nombre croissant de personnes, un organisme souhaitant combattre ce phénomène a vu le jour à Montréal en juin 2016.

La présidente et fondatrice du Carrefour aliénation parentale, Caroline Paradis, soutient que l'aliénation parentale est un « problème méconnu » parmi la population du Québec. Elle estime qu'il est temps de remédier à cette situation.

« Quand tu ne connais même pas le nom du problème auquel tu fais face comme parent, c'est difficile de trouver une solution, lance-t-elle. Vous savez, l'aliénation parentale, c'est une sorte de marathon psychologique pour les parents qui sont touchés directement. »

Caroline Paradis ajoute que l'apparition de ce trouble dans une famille « peut faire très mal et bouleverser complètement des vies. Des gens finissent même par perdre leur travail ou voient plein de portes se fermer autour d'eux. »

Justice laxiste ?

Les enfants qui en sont victimes risquent de développer divers problèmes : difficulté à nouer des relations intimes, faible confiance en soi, symptômes psychosomatiques, troubles du sommeil, etc.

D'après une des membres du conseil d'administration de l'organisme, l'avocate-médiatrice Sophie Bérubé, la justice est trop laxiste en ce qui a trait à l'aliénation parentale. « Des jeunes de 13 ou 14 ans ont le droit de décider qu'ils ne verront plus un de leurs parents, si ça ne leur tente plus, et la justice n'intervient même pas. On légalise presque le phénomène de cette manière », argue-t-elle.

Mme Bérubé laisse par ailleurs entendre que des gestes préventifs posés tôt, à la suite d'une séparation, sont parfois susceptibles de désamorcer des situations pouvant conduire à l'apparition de l'aliénation parentale.

« Trop de parents manquent d'informations et n'osent pas recourir au système de justice pour faire respecter leurs droits à cause des coûts prohibitifs. Mais il existe, dans certains cas, des manières de procéder qui sont moins coûteuses et plus avantageuses. Il faut s'assurer que la population les connaît », explique l'avocate.

Si le Carrefour aliénation parentale a l'intention de faire de la sensibilisation, il espère également que les institutions québécoises contribueront à la diminution des cas. « On veut que le système change », déclare Mme Paradis.

Pour éveiller la population mondiale au phénomène, un groupe a créé la Journée internationale de sensibilisation à l'aliénation parentale il y a 12 ans. Cet événement a lieu tous les 25 avril dans plus de 20 pays.

Anne-Marie Coutu est notaire et médiatrice familiale à... (Spectre Média, Julien Chamberland) - image 2.0

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Anne-Marie Coutu est notaire et médiatrice familiale à Sherbrooke.

Spectre Média, Julien Chamberland

La médiation pour aplanir les différends

Oeuvrant à titre de notaire et de médiatrice familiale à Sherbrooke, Anne-Marie Coutu voit régulièrement des cas d'aliénation parentale dans le cadre de sa pratique. Elle s'efforce alors de rappeler aux parents qu'ils ont le devoir de prendre des décisions qui seront salutaires pour leurs enfants.

« Avec l'expérience que j'ai, je peux voir quand un parent sort du cadre normal en ce qui concerne les enfants. À ce moment-là, je ramène toujours la personne à la question de l'intérêt des enfants », fait valoir Me Coutu.

La médiatrice familiale précise cependant que, règle générale, les conjoints qui cherchent à s'entendre en médiation font habituellement l'effort de ne pas se dénigrer l'un l'autre.

De plus, Me Coutu note que la présence d'une forme d'aliénation parentale, au sein d'une famille, n'empêche pas nécessairement d'en arriver à une entente satisfaisante pour les deux parties. « Mais il y a des fois où ça fait effectivement avorter les discussions », dit celle qui devrait bientôt devenir une superviseure reconnue par l'Association de médiation familiale du Québec.

La médiation a la cote

Quoi qu'il en soit, la médiation familiale semble avoir la cote, surtout que le système de justice incite plus que jamais les couples se séparant à trouver des solutions en amont de la cour. Anne-Marie Coutu affirme d'ailleurs que le nombre de cas qu'elle traite a augmenté rapidement au cours des derniers mois.

Signe des temps sans doute, les clients qu'elle reçoit sont de plus en plus jeunes. Il est d'ailleurs devenu très fréquent que des couples avec des enfants de moins de cinq ans volent en éclats et aient recours à la médiation.

Pour qu'un processus de médiation fonctionne, il importe selon elle que les deux parties communiquent bien ensemble. « Une communication avec respect, c'est important. On travaille cette question avec les couples qui se séparent. »

Me Coutu encourage d'ailleurs les couples à ne pas aborder des enjeux délicats reliés à la séparation en dehors des séances de médiation - lors de discussions impromptues ou pendant un échange de textos par exemple - cela afin d'éviter que le ton monte inutilement.




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