Divorce et immigration : des mythes à défaire

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Les membres du comité organisateur du forum Les divorces ici et ailleurs.

Maxime Picard

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(Sherbrooke) Divorcer n'est jamais facile. Mais lorsque cette épreuve se présente alors que vous venez tout juste de vous installer dans un nouveau pays, que vos droits ne sont pas les mêmes et que vous vivez un important choc culturel, la situation peut rapidement se complexifier.

C'est pourquoi l'organisme Rencontre interculturelle des familles de l'Estrie (RIFE) tenait samedi un forum intitulé Les divorces ici et ailleurs. Lors de cette journée, Michèle Vatz Laaroussi, professeure de l'Université de Sherbrooke et spécialiste de l'immigration en région, a notamment présenté les résultats d'une recherche qu'elle a menée de 2012 à 2016.

Portant le titre « Les divorces et séparations dans l'immigration : effets psychosociaux auprès d'adultes et d'enfants immigrants au Québec », cette recherche a récemment été mise sous la forme de guide, qui sert à accompagner les familles immigrantes rencontrant des difficultés conjugales.

« On s'est rendu compte qu'il y avait beaucoup de mythes à faire tomber, comme croire que le divorce existe seulement dans les pays occidentaux comme le Canada et pas ailleurs, ou encore que presque tous les immigrants qui arrivent ici finissent par divorcer, explique Michèle Vatz Laaroussi. (...) Ça nous paraissait important, en se centrant sur différents points de vue, de déconstruire ces idées préconçues là pour parler de ce qui se passe dans la réalité, tant pour les Québécois dits « de souche » que pour les personnes immigrantes. »

Selon Mme Vatz Laaroussi, les problèmes conjugaux ne sont pas plus nombreux chez les familles immigrantes, mais leur nature est parfois distincte.

« L'immigration crée des problèmes un peu différents chez les couples, affirme-t-elle. Ça crée un certain nombre d'obstacles dans la trajectoire du couple, qui vont être surmontés dans la plupart des cas, mais qui peuvent mener à des divorces aussi. Certains de ces couples-là se seraient peut-être divorcés de toute façon s'ils étaient restés dans leur pays d'origine, mais parfois, l'immigration crée des changements si importants que le couple n'arrive pas à les vivre ensemble. »

Simplifier le divorce

Parmi les recommandations que font la chercheuse et son équipe à la fin de leur guide, on propose notamment aux décideurs de « mettre en oeuvre des ententes entre les différents pays d'émigration en ce qui concerne les droits en situation de divorce ».

« Souvent, les personnes immigrantes vont devoir faire reconnaître leur divorce dans leur pays, parce que sinon, ils peuvent être divorcés ici et pas d'où ils viennent, ce qui peut créer de gros problèmes, explique Mme Vatz Laaroussi. (...) Il faudrait donc faire en sorte qu'il y ait davantage d'ententes entre les pays sur la question du divorce, pour éviter aux couples de devoir recommencer la démarche dans leur pays d'origine. »

La spécialiste de l'immigration en région souhaiterait aussi que les services aux immigrants soient mieux adaptés aux besoins des familles.

« Ça serait vraiment important que les politiques et les organismes qui touchent la famille et l'immigration travaillent davantage ensemble, mentionne-t-elle. Il faudrait financer des organismes et des projets qui permettraient d'articuler ces secteurs-là. Ça permettrait de mieux répondre aux besoins des uns et des autres, mais aussi, en fin de compte, d'améliorer les services pour tout le monde. »

Les familles immigrantes aux prises avec des difficultés conjugales peuvent se procurer le guide présenté lors du forum en contactant Rencontre interculturelle des familles de l'Estrie au 819 821-3839.




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