Recevoir le foie d'un héros

Andrée Roy, greffée du foie en 2016, rayonne:... (Spectre Média, Jessica Garneau)

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Andrée Roy, greffée du foie en 2016, rayonne: elle est heureuse d'être toujours vivante grâce au foie qui lui a été offert par un donneur le 6 janvier 2016.

Spectre Média, Jessica Garneau

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(Sherbrooke) « Les membres de la famille de mon donneur sont des héros. De véritables héros. »

Andrée Roy sera éternellement reconnaissante à cette famille endeuillée qui lui a offert une plus longue vie tant espérée. C'est en effet le 6 janvier 2016 que cette Sherbrookoise d'adoption a finalement reçu le foie tant attendu, tant désiré.

Près de 18 mois plus tard, la Sherbrookoise d'adoption savoure la vie tous les jours et profite du temps auprès de sa grande fille avocate et elle espère qu'elle pourra un jour gâter d'éventuels petits-enfants.

Les problèmes de santé d'Andrée Roy ont débuté il y a 25 ans. Très fatiguée et même agressive avec ses collègues de travail et son conjoint, elle a reçu un diagnostic de dépression - probablement faux - après avoir consulté de nombreux médecins de la Gaspésie où elle vivait alors. Puis un jour, le sombre diagnostic qui expliquait tout est tombé.

« Je souffre d'une cirrhose biliaire primitive. À l'époque, c'était une maladie extrêmement rare et qui était surprenante à cause de mon âge », explique celle qui avait alors 33 ans.

« On m'a dit qu'il me restait un an à vivre. Ma fille avait 9 ans. Vous imaginez! »

L'arrivée d'un nouveau médicament a cependant offert un répit de 17 ans à Andrée Roy qui a connu une vie active et productive. Elle a occupé plusieurs postes dans la fonction publique avant d'accepter un poste d'analyste au contrôle des armes à feu de la Sûreté du Québec à Sherbrooke où elle a trouvé de bons amis et des collègues attentifs lorsque son état s'est détérioré.

Liste d'attente

C'est en 2010 que les choses ont commencé à se dégrader après ce long répit. Deux ans plus tard, Mme Roy se retrouvait finalement sur la liste d'attente pour une transplantation de foie. Mais comme il y a beaucoup d'attente au Québec pour obtenir le précieux organe, il fallait se mettre en mode « patience ».

Les années 2014 et 2015 d'Andrée Roy ont été faites de visites à l'hôpital, de hauts et de bas plutôt vertigineux.

Puis vint le fameux appel tant attendu. C'était le 5 janvier 2016, et Andrée Roy se trouvait avec sa fille, prête à aller faire quelques courses, lorsque le téléphone a sonné pour lui dire qu'un foie l'attendait à Montréal.

« Ma fille était contente de pouvoir être avec moi. Les choses ont bien tombé! »

Si on lui demande quel a été le moment le plus difficile au cours de ses 25 années de maladie, Andrée Roy vous répondra : quelques instants à peine avant son opération.

« J'ai dû me séparer de ma fille face aux portes d'ascenseur. Je la regardais et je me demandais si c'était la dernière fois que je la voyais. Ç'a été vraiment difficile », se souvient-elle, encore émue par ce souvenir.

Mais elle a revu sa fille. Et elle la reverra encore souvent et longtemps puisque la greffe a été un réel succès.

« L'opération s'est très bien passée malgré une blessure au diaphragme qui me cause encore des problèmes respiratoires », dit-elle.

Dix-huit mois après l'opération, la dame de 58 ans doit encore dormir beaucoup. Elle passe parfois plus de 20 heures par jour alitée.

« Je vais commencer sous peu un programme de réadaptation au CHUS et j'ai confiance que ce projet va me ramener vers la réhabilitation physique. Je faisais le tour du lac des Nations et je le referais bientôt, même s'il faut que ça me prenne trois heures au début! » assure Mme Roy.

Une autre étape essentielle à son cheminement reste à conclure : écrire à la famille de son donneur pour dire à ces gens tout ce qu'elle ressent envers le geste qu'ils ont posé.

« Merci, ce n'est pas assez. Mais qu'est-ce qu'on peut dire de plus? Je voulais attendre une année après ma greffe pour leur écrire afin de les laisser vivre leur deuil. C'est fait. Ma fille aussi souhaite participer pour leur dire ce que ça représente pour elle d'avoir encore sa mère auprès d'elle », souligne la dame au sourire rayonnant.

Semaine du don d'organes

En cette 20e Semaine nationale du don d'organes et de tissus, Andrée Roy est fière de parler de son histoire pour remercier ces héros, les donneurs et leurs familles, qui donnent une nouvelle chance à des gens pour qui la vie s'arrêterait trop tôt sans le précieux nouvel organe.

Au Québec en 2016, 480 personnes ont été transplantées, dont 99 ont reçu un foie - dont Andrée Roy.

Près de quatre Québécois sur 10 ont officialisé leur consentement au don d'organes et de tissus dans un des deux registres du Québec, celui de la RAMQ et ou celui de la Chambre des notaires du Québec.

On peut trouver plus d'information sur le site www.signezdon.gouv.qc.ca/.




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