Une autre secousse préjudiciable pour le PLQ

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Le politologue de l'École de politique appliquée de l'Université de Sherbrooke, Emmanuel Choquette.

Spectre Média, Frédéric Côté

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(Sherbrooke) C'est la persistance des allégations autour du Parti libéral du Québec (PLQ) qui risque de l'éclabousser davantage que les seules révélations concernant Jean Charest.

Telle est la perception du politologue de l'École de politique appliquée de l'Université de Sherbrooke Emmanuel Choquette appelé à analyser les révélations en lien avec la surveillance policière dont a fait l'objet l'ancien premier ministre du Québec.

TVA et le Journal de Montréal ont révélé que l'ancien premier ministre du Québec et l'ex grand argentier du Parti libéral du Québec Marc Bibeau ont fait l'objet d'une surveillance policière au moins jusqu'en 2016.

C'est l'Unité permanente anticorruption (UPAC) qui a mené cette enquête sur les liens entre le financement politique et l'octroi de contrats publics.

Dans le cadre de l'enquête Mâchurer, dont les documents ont été diffusés par le bureau d'enquête de Quebecor, les passages de Marc Bibeau et Jean Charest aux douanes canadiennes ont été scrutés. Plusieurs fiches détaillées des deux hommes contenant des informations familiales, bancaires et sur les passeports ont été obtenues par l'UPAC.

Aucune accusation n'a été portée et le dossier fait encore l'objet d'une enquête.

Le politologue rappelle que cette persistance négative entourant le financement politique et l'industrie de la construction notamment colle au PLQ depuis plus de huit ans.

« L'opinion publique relativement à la fonction politique est généralement négative. C'est certain que ce type de révélation ne va pas contribuer à la rendre plus positive. Ce n'est pas clair que ça va contribuer à l'amoindrir davantage. Cependant, la persistance de ce message négatif est plus marquante. Les révélations de l'émission Enquête en 2009, les pressions d'enquête publique puis la Commission Charbonneau restent collées au PLQ. Ce type d'allégations reviennent régulièrement », remarque Emmanuel Choquette.

Tir groupé de l'opposition

À court terme, les partis d'opposition pourraient tirer profit d'une telle secousse politique.

« Lorsqu'il a pris le pouvoir en 2014, Philippe Couillard voulait se dissocier du gouvernement Charest. Trois ans plus tard, rien ne semble encore réglé parce qu'il est rattrapé sans cesse par des révélations. Un parti comme la Coalition Avenir Québec qui a sans cesse martelé l'image d'un parti droit pourrait en profiter. Le Parti Québécois et Québec solidaire vont aussi participer à ce tir groupé envers les libéraux. Cependant, je ne suis pas convaincu de l'impact sur les prochaines élections qui vont avoir lieu dans plus d'un an », estime le politologue.

Emmanuel Choquette note que toute cette affaire place cependant le gouvernement libéral sur la défensive.

« Le gouvernement ne peut plus parler des enjeux qu'il souhaite. Au lieu de parler d'économie, il doit encore se défendre sur des questions d'éthique (...) Dans l'histoire politique récente, il est assez inusité qu'un ancien premier ministre du Québec soit l'un des sujets d'une enquête criminelle. Il manque cependant beaucoup de données et il reste beaucoup de questions relativement à cette enquête » souligne Emmanuel Choquette.

L'actuel député de Sherbrooke Luc Fortin, qui a travaillé auprès de Jean Charest alors qu'il était premier ministre, n'a pas voulu commenter ces allégations étant donné que cette affaire fait l'objet d'une enquête.

Jean Charest n'a pas retourné les appels faits par La Tribune.

La présidente de l'Association libérale de Sherbrooke Jacqueline Fortier préfère aussi ne pas commenter ce dossier.

« On reste neutre là-dedans. Je n'ai aucun commentaire à faire », a mentionné Mme Fortier de l'Association libérale de Sherbrooke.




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