Lisée gèlerait le salaire des médecins

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Jean-François Lisée s'est prêté à une longue entrevue éditoriale à La Tribune, lundi après-midi.

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<p>Jacynthe Nadeau</p>
Jacynthe Nadeau
La Tribune

(Sherbrooke) Un gouvernement Lisée gèlerait la rémunération des médecins de la province et pourrait ainsi redistribuer quelque 625 millions $ en santé, en éducation et en justice.

Le chef du Parti québécois illustre qu'il pourrait redonner l'équivalent de 1000 $ à chaque famille du Québec, à travers des mesures comme du matériel scolaire gratuit à l'école, le rétablissement des centres de la petite enfance à 7 $ par jour et une hausse de 100 $ par ménage du crédit de solidarité.

« Il faut que les médecins arrêtent de ''définancer'' le système, dit Jean-François Lisée, en entrevue éditoriale à La Tribune. Les deux médecins Philippe Couillard et Gaétan Barrette nous ont embarqués dans une hausse de 38 % de la rémunération des médecins sur les 10 dernières années, ce qui fait que sur chaque 4 $ nouveau qu'on a mis en santé, il y en a 3 $ qui sont allés dans la poche de 20 000 médecins. C'est une des pires décisions de finances publiques qu'on ait prises dans ce siècle-ci. »

Au contraire de la Coalition avenir Québec qui promet des baisses d'impôts pour les contribuables, le chef du Parti québécois estime toutefois qu'on ne peut pas baisser les impôts sans couper les services. Il prône donc un maintien des impôts au niveau actuel et promet de récupérer de l'argent en « fermant » les paradis fiscaux pour pouvoir « réparer » la santé, l'éducation et la justice.

Dans le monde de la santé, continue-t-il, il faut non seulement geler la rémunération des médecins, mais il faut réformer le système en permettant plus d'actes cliniques aux infirmières, aux pharmaciens et aux autres professionnels de la santé et en envisageant une rémunération mixte où une partie du salaire des médecins est dépendante des indicateurs de santé du bassin de clients desservis.

Jean-François Lisée remet du même coup en question l'efficacité des supercliniques, le modèle choisi par l'actuel ministre de la Santé Gaétan Barrette pour améliorer l'accessibilité aux soins de première ligne et la prise en charge des patients.

« Les supercliniques, c'est encore complètement centré sur le médecin. Le ministre Barrette a créé le royaume des médecins. Il vide les CLSC, qui étaient plus interprofessionnels. (...) Ce n'est pas la solution. Ailleurs, là où ça marche, c'est des solutions où le médecin est important mais sait qu'il n'est pas seul, qu'on partage les actes avec ceux qui sont capables de les donner, qu'il y a de l'interdisciplinarité et qu'on n'a pas un système de rémunération à l'acte comme c'est le cas au Québec.

Éducation

Dans le monde de l'éducation, Jean-François Lisée estime qu'il faut investir dans la réussite des élèves, mais en mettant davantage de ressources pour les populations à risque.

« Et n'ayons pas peur de commencer une vraie discussion sur le problème des garçons qui ont 10 pour cent moins de réussite que les filles. On ne veut pas que ça dure pendant un siècle. Il doit y avoir des causes et je pense qu'il n'y a pas suffisamment de jus de crâne qui a été mis pour réduire cet écart. »

Dans la même veine, il interpelle les écoles privées qui sont « en train de siphonner de l'énergie de l'école publique ». S'il est d'accord pour les familles québécoises aient le choix d'envoyer leur enfant à l'école privée, M. Lisée estime que ces dernières devraient également assumer leur juste part des élèves en difficulté, « de l'inscription jusqu'à la diplomation ».

Enfin, à propos de la Commission de la construction du Québec qui a mis fin à des travaux de peinture par des parents bénévoles dans une école en Montérégie, M. Lisée n'hésite pas à afficher son opposition. « Je suis d'accord que la commission scolaire devrait constamment avoir quelqu'un qui encadre ce genre de travaux. Mais empêcher des parents bénévoles de donner un coup de main, ce n'est pas la société dans laquelle je veux vivre. »

Le PQ rembourse 130 000 $ en dons illégaux au DGEQ

Le Parti québécois (PQ) a remboursé au Directeur général des élections (DGEQ) une partie des dons illégaux qu'il a recueillis.

Par communiqué, le PQ a fait savoir lundi qu'il avait versé 130 000 $ pour des contributions occultes versées entre 2006 et 2009, mais il reste encore des sommes en litige.

Le DGEQ réclame en effet encore 159 000 $ par la voie des tribunaux et le PQ, qui conteste, a aussi annoncé avoir provisionné 150 000 $ en fiducie dans l'éventualité où il aurait à rembourser.

Les élus ont même été sollicités pour regarnir les coffres puisque le parti est en difficultés financières, après la défaite de 2014 et deux courses à la direction en deux ans.

Le député péquiste de Rimouski, Harold LeBel, en a même témoigné, tout en refusant de valider le chiffre de 3000 $ de cotisation par député qui circule, mais sans le démentir non plus.

« J'ai vécu des crises au Parti québécois, j'ai vécu toutes sortes de (choses), mais les gens du Parti québécois, les députés comme les militants, quand il y a des choses à faire, quand il y a des décisions à prendre, on les fait, on se serre les coudes », a-t-il dit, visiblement embarrassé, refusant d'élaborer longuement sur le sujet, au cours d'une conférence de presse sur un autre enjeu à l'Assemblée nationale lundi.

À l'origine, le DGEQ réclamait au PQ pas moins de 284 000 $ en contributions illégales versées entre 2005 et 2011, mais avait ajouté dans les derniers mois deux autres avis de cotisation totalisant 130 000 $.

Interprétation différente

La formation souverainiste a donc remboursé tout récemment ces 130 000 $, en plus d'un versement de 90 000 $. Toutefois, pour le solde restant, 194 000 $, le PQ n'adhère pas à l'interprétation du DGEQ en ce qui concerne un montant de 159 000 $.

Le chef péquiste Jean-François Lisée avait affirmé que le DGE présentait « un certain nombre de factures », certaines étaient acceptables parce que la preuve était « bonne », mais aussi 159 000 $ pour lesquels « la preuve n'est pas bonne ».

En janvier, le DGEQ a donc déposé une requête en Cour supérieure afin de recouvrer le montant réclamé et le PQ a annoncé lundi qu'il avait donc mis de côté 150 000 $ en fiducie, dans l'éventualité où il devrait le rembourser.

Il resterait 44 000 $ qui ne seraient pas le « noeud du problème », a-t-on indiqué à l'interne au PQ, et qui pourraient faire l'objet d'une entente.

La pression se faisait plus forte sur le PQ au cours des derniers mois. Le Parti libéral (PLQ) avait annoncé qu'il avait versé la dernière tranche de ce que le DGEQ lui réclamait, soit 130 000 $ des 640 000 $ qui étaient dus.

Au total, le PLQ a remboursé les 770 769 $ qui lui étaient réclamés, tandis que la Coalition avenir Québec (CAQ) a fait de même pour 48 140 $.

La CAQ avait par ailleurs accusé le Parti québécois d'avoir fait campagne avec de « l'argent sale » au cours des élections complémentaires de l'an dernier.

Le député caquiste Simon Jolin-Barrette reprochait à Jean-François Lisée d'avoir mis sur pied une « fiducie bidon », puisqu'elle n'avait toujours pas été provisionnée au complet jusqu'à lundi.

En 2015, le Parti québécois a engrangé un surplus de 35 000 $, comparativement à 5,7 millions $ pour le PLQ, 413 000 $ pour la CAQ et 183 000 $ pour Québec solidaire. La Presse canadienne




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