Malades et fauchés à cause de leur maison

Sébastien Denis, Claudie Plourde et leurs trois enfants... (Spectre Média, René Marquis)

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Sébastien Denis, Claudie Plourde et leurs trois enfants se portent beaucoup mieux depuis qu'ils ont quitté leur maison à l'automne 2016. La famille a recouvré la santé, mais demeure criblée de dettes à la suite de sa mésaventure.

Spectre Média, René Marquis

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<p>Alain Goupil</p>
Alain Goupil
La Tribune

(Sherbrooke) Lorsqu'ils ont acheté leur première maison, en décembre 2012, Claudie Plourde et Sébastien Denis étaient loin de se douter que celle-ci allait rendre toute leur famille malade... et criblée de dettes. Cinq ans plus tard, le couple dans la trentaine et leurs trois enfants, âgés de 4, 10 et 12 ans, ont certes recouvré la santé, mais ils ne sont toujours pas sortis du bourbier financier dans lequel leur maison contaminée les a plongés.

Leur cauchemar a commencé peu après la naissance de leur fille Flavie, née en février 2013. Peu de temps après sa naissance, la fillette s'est mise à développer divers symptômes qui n'ont pas tardé à inquiéter ses parents : des kystes se sont formés sous ses paupières et des plaques rougeâtres sont apparues progressivement sur le corps du poupon.

« On est allé voir plusieurs spécialistes au CHU, raconte Claudie Plourde. Comme ils ne trouvaient rien, ils nous ont recommandé de consulter des spécialistes de Sainte-Justine par vidéoconférence. Après l'avoir examinée par vidéoconférence, ils nous ont demandé de monter à Montréal, parce qu'ils craignaient que ce soit la leucémie... »

Après plusieurs examens, la leucémie fut écartée. Sans établir de diagnostic précis, on pense que la fillette souffre, entre autres choses, de mastocytose aiguë.

En 2016, Sébastien Denis entreprend de construire une chambre au sous-sol pour sa fille aînée, Hanaé. C'est à ce moment qu'il découvre que la maison est peut-être à l'origine des problèmes de santé plus ou moins aigus que les membres de la famille éprouvent depuis un certain temps.

« Lorsqu'on a commencé à défaire les murs, on s'est aperçu qu'il y avait beaucoup d'humidité, poursuit Mme Plourde. Et lorsqu'on a enlevé la céramique, il y avait de la mousse et plein de poissons d'argent partout, ça sentait le vieil aquarium... »

Après avoir fait appel à un inspecteur en bâtiment, celui-ci découvre qu'aucun drain ne ceinture les fondations de la maison.

« On avait fait faire une inspection avant d'acheter, mais rien ne permettait visuellement de suspecter qu'il y avait un problème », précise Mme Plourde.

« Perte totale »

Devant l'absence de drain et la présence des nombreuses moisissures un peu partout au sous-sol, l'inspecteur en bâtiment leur recommande de faire appel à une firme spécialisée en évaluation de la qualité de l'air. Le diagnostic est sans équivoque : plus de 95 % de la maison est contaminée à l'aspergillus et l'entretoit contient des produits à base d'amiante.

« Il fallait sortir immédiatement, poursuit Mme Plourde. Tout était contaminé, nos vêtements, nos chaises, nos divans, nos matelas. On ne pouvait même pas apporter nos brosses à dents. »

Le degré de contamination de leur maison est tel qu'elle est considérée « perte totale », selon M. Denis. Lorsqu'on a appelé notre assureur, il nous a fait lire les petits caractères de notre contrat qui disaient qu'on n'était pas assuré contre la présence de champignons et de moisissures. Et deux semaines plus tard, il nous envoyait une lettre pour nous dire que la maison n'était plus assurable. »

Entrepreneur en aménagement paysager, Sébastien Denis a développé une sévère pneumonie qui est venue bien près de mal tourner et qui l'a cloué au lit pendant des semaines.

Secrétaire à la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke, Claudie Plourde est en retour progressif au travail après avoir souffert de migraines et de nausées sévères.

Conséquences budgétaires

Depuis octobre 2016, le couple Plourde-Denis et leurs trois enfants en sont à leur troisième logis, eux qui ont dû trouver refuge chez des parents et des amis avant de se trouver un logement convenable dans le secteur Rock Forest. Depuis qu'ils ont quitté leur maison, leurs trois enfants se portent beaucoup mieux, y compris la petite Flavie. « Elle a encore des plaques, mais les médecins disent qu'elles vont disparaître au fur et à mesure que sa peau va se régénérer », dit la maman.

Reste que leur descente aux enfers a eu tôt fait de grever leur budget. « Si on compte les frais d'avocats, les frais d'expertises, l'ameublement, l'hypothèque de notre maison, le loyer de notre logement actuel, les deux factures d'Hydro, ça monte vite. On est dans les cinq chiffres avancés », admet Claudie Plourde.

Devant son incapacité à joindre les deux bouts, le couple a dû faire appel à quelques reprises aux organismes de bienfaisance, dont les Chevaliers de Colomb. « Ils nous ont beaucoup aidés et ils continuent de le faire », précise le couple, reconnaissant.

Mise au courant de la situation de la famille, la fondatrice de l'organisme « Rider pour la cause » Manon Théberge, a décidé de lancer une campagne de financement qui culminera par un grand rassemblement le 8 juillet au Centre communautaire Richard-Gingras, de Saint-Élie. Une collecte est en cours dans plusieurs dépanneurs et une page Facebook a été créée en vue de l'événement.

Pour ce qui est des recours en dédommagement, le couple a reçu la consigne de leur avocat de ne pas en parler publiquement. « On ne sait pas comment ça va se régler. Ça peut être très long », disent-ils.




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