Bombardement en Syrie: « Un geste calculé et ciblé »

Le professeur émérite, Gilles Vandal... (Archives La Tribune, René Marquis)

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Le professeur émérite, Gilles Vandal

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(Sherbrooke) Les frappes aériennes lancées jeudi par le président Donald Trump contre une base militaire du régime syrien sont un « geste calculé » et « ciblé », estime le professeur à la retraite Gilles Vandal.

L'ex-spécialiste de la politique américaine à l'Université de Sherbrooke croit plutôt que Donald Trump fait ce qu'il a toujours fait de mieux, soit détourner les yeux d'une crise en en créant une autre ailleurs.

« Ce qu'il a fait en Syrie, ç'a été très ciblé. Cinquante-neuf missiles ont été envoyés et ont causé seulement quelques morts civiles. Les Russes ont été avertis avant l'attaque, ce qui a permis aux Syriens de retirer leurs avions, et on n'a pas bombardé les pistes. Dès le lendemain, il y avait des avions de Bachar al-Assad qui partaient de cette piste pour aller bombarder des troupes de la résistance. Ç'a été des frappes plus symboliques. »

Car si les Américains et les Russes semblent soudainement en opposition, eux qui ont dénoncé vivement les frappes américaines contre leur allié, le conflit survient étonnamment à un moment où c'est plutôt la proximité du clan Vladimir Poutine avec l'entourage du président qui soulevait des questions, rappelle M. Vandal.

Un as de la diversion

« Ça fait autant l'affaire des Américains que celle des Russes. Trump a toujours été un as, un athlète de la diversion. Il était embourbé avec le scandale russe, des gens du Congrès voulaient une enquête et on n'en parle plus à l'heure actuelle. En politique interne, c'est un bon coup. Quand il dit qu'il a agi pour défendre des innocents, dont des enfants, personne n'osera le remettre en doute sur une question comme ça, parce qu'il rejoint ce que la majorité des Américains pensent. Il crée une nouvelle dynamique pour faire dévier l'intérêt public, ce qu'il a fait comme homme d'affaires constamment. »

La perspective d'une troisième guerre mondiale n'est pas envisagée par celui qui signe une chronique hebdomadaire dans La Tribune, quoique de l'aura du président des États-Unis émanent toujours bon nombre de points d'interrogation.

« C'est le personnage qui sème l'inquiétude. Si le geste avait été posé par [Barack] Obama, la réception n'aurait pas été la même. Donald Trump demeure imprévisible et c'est pourquoi les gens ne sont pas rassurés. S'il fait d'autres gestes, là ce serait dangereux. »




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