Une chienne change la vie d'un garçon autiste

La chienne Asahi aide son maître, Gabriel, à... (Spectre Média, Jessica Garneau)

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La chienne Asahi aide son maître, Gabriel, à trouver le calme. Ses crises ont beaucoup diminué depuis qu'elle est là, en classe comme à la maison. On voit Gabriel avec son enseignante Isabelle Marchessault.

Spectre Média, Jessica Garneau

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(Ayer's Cliff) Depuis qu'Asahi est entrée dans la vie de Gabriel, le garçon atteint du trouble du spectre de l'autisme (TSA) a diminué considérablement les crises qu'il faisait. La chienne de la Fondation Mira a changé la vie de la famille Buckley-Robichaud... et du même coup celle de la classe de Gabriel.

« Avant le chien, Gabriel pouvait faire trois crises par jour, d'une heure à une heure et demie, parfois avec contention physique. Il fallait que je sois couchée sur lui : grosse crise, grosse perte de contrôle. Quand le chien est rentré dans la maison, les crises sont passées de tous les jours à deux ou trois par semaine, elles duraient de quinze à vingt minutes maximum », raconte la mère de Gabriel, Nadine Robichaud.

Comme bon nombre de parents d'enfants autistes, la famille de Gabriel s'est heurtée à beaucoup d'obstacles avant d'obtenir un diagnostic clair. L'aîné est un garçon très intelligent, si bien que pendant la petite enfance, les parents ont cru qu'il était surdoué. Il savait lire et additionner à deux ans, décrit sa mère. « La ligne est mince entre la surdouance et le syndrome d'Asperger. »

« On dirait qu'il était comme électrocuté par la vie. L'information rentrait tellement vite dans son cerveau », raconte Mme Robichaud. « Quand il est entré en première année, là, les différences se sont fait voir : les résistances, écouter les consignes, ne pas comprendre ce qu'on lui demandait... » Gabriel présentait notamment des problèmes sensoriels, d'hypersensibilité, les sons le dérangeaient...

Pour comprendre ce que son garçon vivait et pour mieux intervenir, Nadine Robichaud est même allée aux États-Unis pour étudier. « Je suis devenue sa thérapeute principale. On travaillait beaucoup pour diminuer la nervosité, l'anxiété... »

Parallèlement, la famille a entendu parler du programme de Mira, qui fournit des chiens aux familles comptant un enfant ayant un TSA.

Après deux ans d'attente, Asahi est entrée dans la vie des Buckley Robichaud. Outre une diminution des crises de Gabriel, son sommeil a aussi été facilité par sa douce amie.

Le garçon pouvait parfois prendre des heures avant de s'endormir. « Ce n'est pas magique, nuance toutefois Mme Robichaud. On a vu une diminution des crises, mais c'est encore hyper demandant. »

« Asahi est la seule constance dans la vie de Gabriel, c'est sa thérapeute. Ça fait sept TES (techniciens en éducation spécialisée) qu'il a », image Mme Robichaud.

Faire tomber les préjugés

Le regard des autres a aussi changé depuis qu'Asahi est là. « Quand tu es au magasin et que ton fils fait une crise, il y a des regards méchants. J'ai eu des commentaires de gens qui disaient que si je ne sais pas élever mon fils, je ne devrais pas avoir d'enfants... Avant d'avoir un enfant différent, j'avais vraiment la philosophie que si tu es un bon parent, tu as un bon résultat. La vie m'est arrivée en pleine face... Avec le chien, le regard des gens a changé; ils se disent que quelque chose ne va pas avec cet enfant-là. J'ai vu de l'empathie et de la compassion. » 

L'enseignante de Gabriel, Isabelle Marchessault, qui peut compter sur le support d'une TES, est aussi là pour témoigner des bienfaits de cette présence canine en classe. 

« Ce qu'on a découvert, c'est que ça venait énormément calmer Gabriel parce que l'une de ses plus grandes difficultés, c'est le contrôle de son anxiété. C'est un moyen pour lui de se calmer et d'être disponible aux apprentissages. » 

D'entrée de jeu, il a fallu mettre au clair que les enfants ne peuvent flatter Asahi, car celle-ci est au travail. 

Le labrador a été intégré avec son maître dans la classe régulière de cinquième et sixième années à l'école Saint-Barthélemy, à Ayer's Cliff. 

À la fin août, Gabriel et Asahi feront leur entrée à l'école secondaire La Ruche, à Magog. Gabriel aura 12 ans cet été.

Les yeux d'Isabelle Marchessault deviennent humides quand elle pense à ce moment. Il faut dire qu'Asahi a pris la place qui lui revient au sein de la petite école : bientôt, elle figurera aux côtés des autres grands de sixième année sur la mosaïque des finissants. 

L'enseignante partage sa vie avec un enquêteur du Service de police de Sherbrooke (SPS) qui lui, compte maintenant un chien au sein de l'équipe : Kanak, qui travaille auprès des victimes d'agressions sexuelles et physiques.

Et comment le principal intéressé voit-il sa chienne? « Comme de la famille », répond spontanément Gabriel, en convenant que son chien l'aide à le calmer. « Je fais moins de crises. »




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