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Chiens Mira pour les enfants autistes : des résultats concrets en neuf mois

Selon la chercheuse Stéphanie Fecteau, professeure à l'Université... (Archives La Presse)

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Selon la chercheuse Stéphanie Fecteau, professeure à l'Université du Québec en Outaouais, le simple fait de marcher en famille avec le chien Mira peut apporter des effets positifs.

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(Sherbrooke) Neuf mois après l'arrivée d'un chien Mira dans leur vie, les parents ayant des enfants avec un trouble du spectre de l'autisme (TSA) voient leur stress diminuer.

C'est l'un des faits saillants qui ressort d'une étude menée par la chercheuse Stéphanie Fecteau, professeure à l'Université du Québec en Outaouais (UQO) qui s'est intéressée à ces parents qui vivent un haut niveau de stress.

Avec cette étude, Mme Fecteau et ses collègues souhaitaient mieux documenter le vécu des parents d'enfants présentant un TSA, en plus de voir quel impact a la présence du chien dans leur vie. Le programme d'étude a été coordonné par la Fondation Mira.

Plus de 7000 échantillons de cortisol, l'hormone qui fluctue avec le niveau de stress, ont été prélevés. Les parents devaient aussi remplir des questionnaires.

« Ce qu'on a trouvé, c'est qu'une fois que le chien est arrivé, il y a une diminution de la perception de stress parental. Les parents qui ont reçu un chien percevaient moins de stress une fois qu'ils l'avaient reçu, neuf mois plus tard. Le groupe avait de haut niveau de stress avant l'arrivée du chien », commente Mme Fecteau, qui était étudiante à l'Université de Sherbrooke lors de la réalisation de l'étude.

Les chercheurs ont notamment comparé un groupe de parents qui avaient un chien et un autre qui n'en avaient pas.

D'autres études ont montré que les parents avec des enfants ayant un TSA ont un taux de stress plus important que d'autres familles.

L'étude a été menée auprès d'une centaine de familles comptant un enfant âgé entre cinq et dix ans ayant un TSA. La Tribune avait fait état de cette étude en cours. Un article a récemment été publié dans la revue Biological Psychology.

Stress chronique

Le groupe de chercheurs a remarqué qu'avant l'arrivée de l'ami à quatre pattes, les parents ne présentaient pas beaucoup de cortisol. Habituellement, plus une personne en a, plus elle est stressée. Mais il ne faut pas en déduire que les parents participant à la recherche ne sont pas stressés, bien au contraire.

Des niveaux trop élevés de cortisol peuvent occasionner différents problèmes de santé physique et mentaux. Or, le corps étant bien fait, avant d'en arriver là, il diminue la production de cortisol, et ce, même si le stress demeure, vulgarise Mme Fecteau.

« Dans l'ensemble, les parents perçoivent beaucoup de stress (...) Notre hypothèse, c'est qu'ils vivent du stress chronique, parce que leur perception de stress est élevée. »

Les chercheurs ont aussi constaté que les parents perçoivent leur relation avec leur enfant moins dysfonctionnelle quand le chien est présent.

Un questionnaire s'est penché sur la perception du stress à différents niveaux, notamment la perception du parent face à son rôle et si les caractéristiques des enfants induisent un stress.

Autre volet du questionnaire : est-ce que la relation parent-enfant est stressante? « C'est à ce niveau qu'il y a une augmentation. Les parents percevaient moins dysfonctionnelle la relation avec l'enfant quand le chien était présent », commente Mme Fecteau.

Comment le compagnon arrive-t-il à aider son foyer d'accueil?

« J'ai rencontré les familles pendant l'étude et, de mémoire, ça aide à avoir une routine plus typique d'une famille, dans le sens où ce n'est pas centré que sur les difficultés de l'enfant, sur ses nombreux rendez-vous, ses difficultés académiques... Ils vont faire marcher le chien en famille, comme n'importe quelle autre famille, faire une activité avec lui... (...) Ça aidait avec les transitions, ça aidait avec le sommeil. Ça allégeait quelques difficultés que le parent rencontrait dans sa tâche parentale pouvant faire en sorte que c'est plus agréable d'être avec l'enfant... »

Les chercheurs ont aussi constaté que les parents perçoivent leur relation avec leur enfant moins dysfonctionnelle quand le chien est présent.

Des échantillons ont aussi été prélevés chez les enfants. Les résultats de ce volet n'ont cependant pas encore été interprétés. Pour ce volet, les chercheurs espèrent avoir des résultats cet été. Les chercheurs tenteront entre autres de voir, par exemple, si un parent a beaucoup de cortisol, si l'enfant en a beaucoup à son tour.

Deux ans d'attente pour obtenir un chien Mira

Le temps d'attente afin d'obtenir un chien Mira pour un enfant ayant un trouble du spectre de l'autisme (TSA) est d'environ deux ans à partir du moment où la demande est déposée. La Fondation arrive à aider une centaine de familles annuellement pour ce type de besoins.

Le coût de « production » d'un tel ami à poil est d'environ 24 000 $ pour la Fondation. Tous les services sont cependant gratuits.

Professeur associé à l'Université de Sherbrooke ayant participé à l'étude, Marcel Trudel s'intéresse notamment au lien entre la sévérité de l'autisme d'un enfant et son attirance pour le chien.

« Je vois un lien direct entre la sévérité de l'autisme et l'attirance pour le chien. Cela amène Mira à réfléchir sur les cas extrêmes de parents qui sollicitent Mira pour un chien. Est-ce que ça vaut la peine de laisser un chien à une famille dont un enfant est trop sérieusement atteint et n'a pas d'attirance envers le chien », soulève le professeur. Est-ce que, malgré un haut niveau d'autisme, certains enfants pourraient quand même être attirés par le chien et si oui, quelles sont les conditions? Marcel Trudel veut notamment approfondir cette question.

La professeure Stéphanie Fecteau espère que les chercheurs pourront aider la Fondation Mira à bien cibler les participants et à établir les meilleurs alliages entre l'enfant et le chien.

Selon Autisme Québec, le taux de prévalence des TSA « est évalué à environ à 1 sur 94 nouvelles naissances » et ces données sont en augmentation.




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