Airpole mis sur la glace

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Le projet de centre d'expertise en sûreté aéroportuaire Airpole, annoncé en grande pompe en 2015, est sur la glace faute de financement et d'intérêt des clients potentiels.

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<p>Chloé Cotnoir</p>
Chloé Cotnoir
La Tribune

(Sherbrooke) Le projet de centre d'expertise en sûreté aéroportuaire Airpole, annoncé en grande pompe en 2015, est sur la glace faute de financement et d'intérêt des clients potentiels.

Les demandes de subventions gouvernementales de l'ordre de 22 millions $ ont été retirées et l'entente avec l'Association du transport aérien international (IATA) censée faciliter la recherche de clients est suspendue. Le Centre local de développement du Haut-Saint-François et Sherbrooke Innopole, partenaires dans ce projet, ont gelé toutes dépenses liées au développement d'Airpole.

Lors de l'annonce en septembre 2015, on affirmait qu'Airpole devait créer 840 emplois en région sur dix ans, dont une vingtaine devaient travailler directement au centre d'expertise. Les retombées économiques liées aux travaux de construction étaient estimées à 14,6 M$.

Airpole devait prendre son envol en 2016 sur le site de l'aéroport de Sherbrooke et comprendre trois phases, soit la création d'un centre de formation, une vitrine industrielle et un centre de test d'intégration des technologies et d'équipements. À terme, le centre d'expertise nécessitait des investissements de 22 M$.

Finalement, après plus de cinq ans de démarchage - les premières études liées à ce projet ont été réalisées en 2012 par la défunte Conférence régionale des élus de l'Estrie (CRÉE) -, Airpole se limitait toujours à offrir des formations théoriques faute de financement pour construire les infrastructures nécessaires sur le site de l'aéroport pour commencer les formations pratiques.

Or, les premiers cours théoriques offerts à l'été 2016 n'ont pas attiré le minimum de clientèle nécessaire pour avoir lieu.

Les activités d'Airpole ont donc été nulles à ce jour.

« Le peu d'inscriptions a été notre son de cloche que nous devions refaire nos devoirs », admet Bernard Ricard, président d'Airpole.

Comment expliquer ces difficultés?

« Nous avons eu de la misère à intéresser les gouvernements. Nous n'avons pas réussi à obtenir du financement de leur part puisque nous ne fittions pas dans les cases », affirme M. Ricard, également directeur adjoint du CLD du Haut-Saint-François.

« Les relations commerciales avec les États-Unis sont également plus problématiques puisque les aéroports sont encouragés à travailler avec des entreprises américaines alors que nous pensions en avoir plusieurs comme clients », poursuit-il.

Nouvelle version du projet?

Bernard Ricard et Josée Fortin, présidente de Sherbrooke Innopole, assurent qu'il ne faut toutefois pas jeter le projet aux oubliettes immédiatement.

« On est en train de revalider les besoins du marché et revoir nos prévisions du plan d'affaires pour voir si ça tient encore la route et après ça tenter de revenir à la charge avec une nouvelle version du projet », affirme M. Ricard.

Selon lui, la nouvelle mouture d'Airpole garderait le même cap que le projet initial, mais pourrait être à plus petite échelle.

« Nous avions l'intention de construire trois plateaux d'entrainement. Finalement, on pourrait en construire que deux, si dans notre étude de marché, nous constatons qu'il y a des besoins pour la simulation d'un incendie d'avion ou d'une prise d'otage par exemple. »

« Peut-être que nous devrons arrêter le projet si après validation, il n'y a plus d'intérêt pour ce dossier. C'est une des possibilités, mais nous ne sommes pas rendus là », assure-t-il.

Josée Fortin soutient pour sa part qu'il était nécessaire de faire deux pas vers l'arrière avant d'engranger d'importantes sommes dans Airpole.

« On ne veut pas investir dans des infrastructures qui ultimement ne serviront pas et qui vont avoir coûté une fortune. On veut à tout prix éviter ça donc on recule de deux pas pour mieux avancer », souligne la présidente de Sherbrooke Innopole.

Jusqu'à maintenant, Mme Fortin assure que peu d'argent a été investi dans Airpole. « On est bien en deçà de 50 000 $. Ce sont des coûts minimes comparativement à d'autres projets d'envergure. Les dépenses ont surtout été liées à du temps du personnel de Sherbrooke Innopole ou du CLD », assure Mme Fortin.

Notons que les premières études réalisées pour ce projet ont tout de même coûtées entre 200 000 à 250 000 $ à la CRÉE, selon M. Ricard.

Le rôle du DG de l'aéroport sera clarifié

Le rôle du directeur général de la Corporation de développement de l'aéroport de Sherbrooke (CDAS) sera clarifié lundi prochain, lors de l'atelier de travail public des élus.

Jean-François Ouellet détaillera le libellé de son mandat et sa description de tâche. Rappelons qu'au début du mois de mars, les élus Jean-François Rouleau et Pierre Tardif avaient demandé à Bernard Sévigny de rendre public le mandat du poste occupé par M. Ouellet depuis 2015, étant donné que la prise en charge de ce dossier est maintenant assurée par le directeur général de la Ville de Sherbrooke, Yves Vermette.

« Qui mène l'aéroport finalement, le comité ou le bureau de la mairie? J'ai présidé au c.a. de l'aéroport dans le passé, j'ai été là pendant huit ans et mon collègue Pierre [Tardif] pendant quatre ans. On avait des gestionnaires qui étaient de la ville, il n'y avait personne payé 80 000 $ par an avec des bonis et ça fonctionnait sans problème, donc il fait quoi? Si c'est justifiable, qu'on nous le prouve », réclamait à ce moment Jean-François Rouleau.




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