Manon Massé prône «un coup de barre» en agriculture

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De passage au Marché de solidarité régionale, Manon Massé a fait part de son programme en matière d'agriculture en compagnie de Caroline Poirier, de la CAPÉ. -

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<p>Alain Goupil</p>
Alain Goupil
La Tribune

(SHERBROOKE) L'agriculture au Québec a besoin d'un virage majeur qui tient compte davantage des petits agriculteurs, des producteurs biologiques ainsi que de la relève agricole, tout en préservant la gestion de l'offre comme outil de la souveraineté alimentaire du Québec.

Candidate au poste de porte-parole féminine de Québec solidaire, la députée Manon Massé était de passage Marché de solidarité régionale de Sherbrooke vendredi pour promouvoir sa vision de l'agriculture face aux défis du 21e siècle.

Originaire de Windsor, la députée de Sainte-Marie-Saint-Jacques à l'Assemblée nationale est d'avis que le modèle agricole actuel « a besoin d'un sérieux coup de barre » afin de répondre aux besoins de tous les types de producteurs et de consommateurs.

Parmi les réformes qu'elle propose, Manon Massé croit que le Québec doit faire une plus grande place à l'agriculture de proximité et à la transformation locale afin que le circuit entre le producteur et le consommateur soit le plus court possible, a-t-elle précisé.

Sans vouloir mettre le système de gestion de l'offre, la députée solidaire prône une réforme de la Financière agricole afin que celle-ci puisse répondre aux besoins de financement des petits agriculteurs dont le volume ou le type de production ne répond aux normes actuelles.

Accompagnant Mme Massé, la présidente de la Coopérative pour l'Agriculture de proximité écologique (CAPÉ), Caroline Poirier, a pour sa part dénoncé le sous-financement chronique du Conseil des appellations réservées et des termes valorisants (CARTV). Ce sous-financement fait en sorte que le CARTV n'est pas en mesure d'appliquer la loi concernant les produits biologiques notamment.

« Ce qu'on voit actuellement chez les détaillants, ce sont des bannières qui annoncent des produits biologiques sous lesquels se trouvent des produits biologiques et parfois non biologiques, a expliqué Mme Poirier. Cette forme d'affichage frauduleux, qu'elle soit intentionnelle ou pas, vient désinformer les consommateurs et nuire aux efforts des producteurs qui travaillent très fort pour produire des aliments biologiques dans le respect de l'environnement. »

Interrogée sur la gestion de l'offre et sur le monopole de représentation de l'Union des producteurs agricoles (UPA), Mme Massé croit qu'un débat doit avoir lieu au Québec sur ces questions.

« Pour nous, il n'est pas question de mettre fin à la gestion de l'offre. Un gouvernement solidaire, c'est un gouvernement qui aurait des échanges avec les autres provinces et les autres pays dans une perspective écoresponsable et équitable. L'enjeu, c'est qu'actuellement le système est basé sur une vision économique qui, dans le fond, ne facilite pas l'expansion d'une économie, qu'elle soit agricole ou autre, à visage humain. C'est un système axé sur la méga production pour la méga entreprise. Pour nous, ça pose des problèmes économiques, écologiques et humains.

« L'UPA existe depuis longtemps, mais il y a un besoin de modernisation. L'UPA s'est développée en répondant aux besoins que l'industrie agro-alimentaire s'est donné, mais elle ne répond pas à une multitude d'autres besoins. On l'a vu avec la création de l'Union paysanne, avec la CAPÉ. Il doit y avoir de la place pour tout le monde dans une société démocratique », a conclu Mme Massé.

L'UPA partage les préoccupations de QS

L'UPA-Estrie partage les préoccupations de Québec solidaire concernant l'agriculture de proximité et le sous-financement des organismes chargés de faire respecter les normes liées à l'agriculture biologique.

Réagissant aux propos de Manon Massé (voir autre texte), le président de l'UPA-Estrie, François Bourassa, a tenu à préciser que l'Union des producteurs agricoles est très au fait des problématiques entourant le circuit court, les fermes de petite taille, les marchés publics, la relève agricole et le secteur biologique.

Concernant l'agriculture de proximité, M. Bourassa a indiqué que les représentants de la Coopérative pour l'agriculture de proximité écologique (CAPÉ) ont été entendus lors du dernier Conseil général de l'UPA et que « des discussions sont en cours » entre les deux parties afin de trouver des solutions.

Pour ce qui est des difficultés qu'éprouvent les petites fermes, M. Bourassa rappelle que l'UPA-Estrie y est d'autant plus sensibilisée que 50 % des fermes estriennes entrent dans cette catégorie. M. Bourassa reconnaît toutefois que même si les conseils d'administration des syndicats locaux ont tous un siège réservé aux petites fermes, ceux-ci ne sont pas occupés à leur juste proportion.

« Effectivement, ils ne sont pas suffisamment présents. Je comprends qu'ils n'ont peut-être pas le temps pour s'impliquer autant qu'ils le voudraient, mais la porte leur est grande ouverte. »

Grande industrie

Quant au reproche souvent adressé à l'UPA de faire le jeu de la « grande industrie », François Bourassa y apporte la nuance suivante : « Si les producteurs (agricoles) et la grande industrie veulent rester en affaires, ils doivent répondre surtout aux besoins des consommateurs. Le jour où les consommateurs vont décider de mettre dans leur assiette des produits locaux, ça va aider grandement l'agriculture et l'économie en général. C'est le consommateur qui a la clé de la réussite dans bien des domaines », a conclu M. Bourassa.




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