Centralisation des analyses : l'hôpital de Granby grand perdant

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Le laboratoire multifonctionnel du CHUS Fleurimont devra être réaménagé dans l'objectif de recevoir jusqu'à 50 % plus d'analyses à faire une fois que le projet Optilab sera fini d'être déployé.

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(Sherbrooke) Optilab est né officiellement le 1er avril. Ce projet de réorganisation des laboratoires de biologie médicale permettra que l'hôpital Fleurimont du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS) fasse pratiquement la totalité des analyses pour tous les hôpitaux du CIUSSS de l'Estrie-CHUS. Une transformation dont Granby et La Pommeraie, au premier chef, feront les frais.

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L'hôpital de Granby sera le grand perdant avec 27 emplois en moins, suivi par celui de la Pommeraie qui perdra sept postes.

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Il faudra toutefois de trois à cinq ans avant que le projet ne soit entièrement mené à terme.

Quand Optilab sera complété, le laboratoire multifonctionnel du CHUS Fleurimont effectuera 50 % de plus d'analyses... sans embaucher de personnel supplémentaire. Présentement, 378 techniciens de laboratoire et technologistes médicaux travaillent sur l'un ou l'autre des neuf sites de la région. À la fin du processus, une cinquantaine de postes seront supprimés, explique Rémi Brassard, directeur des services multidisciplinaires au CIUSSS de l'Estrie-CHUS.

Du personnel demeurera en place dans tous les hôpitaux pour procéder aux analyses qui seront faites pour les salles d'urgences et les soins intensifs.

« Dans les prochaines années, nous allons profiter de toutes les occasions de fermer des postes lorsque des gens partiront à la retraite. Nous allons respecter toutes les conventions collectives en vigueur », assure Rémi Brassard en rappelant que plusieurs employés ont des sécurités d'emploi et qu'ils ne peuvent pas être réaffectés à plus de 50 km de leur domicile.

L'hôpital de Granby sera le grand perdant avec 27 emplois en moins, suivi par celui de la Pommeraie qui perdra sept postes.

Optilab a été créé par le ministère de la Santé dans chaque région dans le but que l'expertise se développe dans un seul lieu au lieu de « s'éparpiller » dans différents hôpitaux. Elle permettra aussi aux laboratoires plus grands et mieux équipés de se développer des surspécialisations.

Par exemple, le CHUS Fleurimont est déjà le seul laboratoire du Québec à pouvoir faire les analyses pour trouver les marqueurs de la maladie de Lyme dans le sang. Elle analyse aussi pour toute la province le sang dans les selles pour le dépistage du cancer colorectal.

Nouveaux équipements

L'un des enjeux importants dans les premières phases d'Optilab sera celui de l'équipement. « Nous devons moderniser nos équipements pour automatiser certaines opérations. Présentement, il y a beaucoup d'opérations qui sont faites à la main, comme saisir une requête et la rentrer manuellement dans le système », cite M. Brassard en exemple.

Qui dit nouvel équipement dit réaménagement des laboratoires au CHUS Fleurimont. 

« Optilab est dans l'air depuis plusieurs années et à cause de ça, il y a eu des retards dans les travaux d'aménagement. C'est certain qu'il va falloir faire une optimisation des espaces et des équipements », ajoute M. Brassard, qui veille sur ce projet depuis deux ans.

Un plan pour le transport

Le transport des échantillons et leur traçabilité représentent deux autres enjeux importants. Certains échantillons ne sont viables qu'un certain temps après leur récolte et le fait de parcourir Granby-Sherbrooke ou encore Lac-Mégantic-Sherbrooke en plein hiver peut représenter un défi important. « La région du Saguenay-Lac-Saint-Jean est en avance sur cette question et on regarde ce qui se fait de leur côté, eux qui ont aussi une très grande région à couvrir. Nous avons envoyé un plan au ministère de la Santé, un plan qui nous conviendrait, et on est en attente d'une réponse », dit M. Brassard.

Il soutient d'ailleurs que du transport d'échantillons se fait déjà tous les jours vers le CHUS Fleurimont étant donné que ce laboratoire est surspécialisé. 

« Nous avons déjà une bonne expérience du transport; on doit juste en faire plus et mieux encore. »

Entre 500 000 et 600 000 analyses sont déjà transférées vers l'hôpital Fleurimont chaque année.

Graduellement à partir des prochaines semaines, le personnel absent dans les différents laboratoires ne sera pas remplacé pour des vacances, des retraites ou des congés maladie. Lorsque la quantité d'échantillons le justifiera, un transfert sera effectué vers le CHUS Fleurimont pour que le travail se fasse.

« Optilab va s'implanter tranquillement », ajoute M. Brassard.

Perte d'expertise à Granby, estime l'APTS

Perte d'autonomie et d'expertise dans les régions comme Granby et Lac-Mégantic, risques d'échantillons égarés, possibilité de délais trop longs avant l'analyse de certains spécimens, baisse d'intérêt des étudiants pour les spécialités de techniciens de laboratoire et de technologistes médicaux : Optilab représente plusieurs risques importants aux yeux de l'APTS, le syndicat qui représente maintenant ces quelque 400 travailleurs du CIUSSS de l'Estrie-CHUS.

« Prenons l'exemple de l'hôpital de Granby. Leur laboratoire est très autonome présentement. Ils font de tout, même la pathologie. En envoyant toutes les analyses à Sherbrooke, il y a une perte d'expertise dans la région », souligne Emmanuel Breton, directeur au conseil d'administration de l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS).

« Quel étudiant va avoir envie d'étudier dans ces domaines quand il n'y a plus qu'un seul employeur par région, et que le seul lieu de travail est dans une ville-centre? » se demande-t-il également.

Le syndicat demande un moratoire sur Optilab, le temps de trouver des solutions claires aux problèmes que pose le projet. « Jusqu'à présent, personne ne nous écoute. Nous, on veut pouvoir s'asseoir et discuter pour trouver des façons de faire autrement », ajoute-t-il. Marie-Christine Bouchard, La Tribune




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