Le lait moins cher aux États-Unis?

Le lait est généralement moins cher aux États-Unis.... (La Tribune, Jean-François Gagnon)

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Le lait est généralement moins cher aux États-Unis. Mais en raison de la diminution de la valeur du dollar canadien face à la devise américaine, la différence de prix entre les produits laitiers en Estrie et au Vermont est moins grande

La Tribune, Jean-François Gagnon

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(Magog) La tentation de traverser la frontière canado-américaine pour aller se procurer des produits comme le lait, les oeufs et le poulet peut parfois être grande lorsqu'on habite près de la frontière. Mais l'attrait exercé par les bas prix des épiceries américaines semble s'être nettement estompé ces dernières années, vraisemblablement en raison de la faiblesse du dollar canadien.

Dans le cas du lait par exemple, les prix dans le nord du Vermont, aux États-Unis, sont plus faibles qu'en Estrie. Mais la différence de coût est relativement modérée. Selon les chiffres colligés par

La Tribune, l'écart serait d'environ 10 pour cent en faveur des détaillants américains.

En ce qui concerne les oeufs, les prix sont aussi plus bas chez nos voisins du sud. La différence d'approximativement 10 pour cent en faveur des Américains semble à nouveau s'appliquer dans le cas de ce produit.

La Tribune a notamment déniché une douzaine d'oeufs de gros calibre à 1,80 $ canadien dans un marché d'alimentation de Newport, ville située à l'extrémité sud du lac Memphrémagog. Dans les marchés d'alimentation visités en Estrie, il a été impossible de trouver le même produit sous la barre du 1,97 $ can.

Le cas du poulet est cependant différent et constituerait en quelque sorte une exception, selon des Estriens habitués à faire des achats de produits alimentaires aux États-Unis.

Dans une épicerie vermontoise, La Tribune a vu des poitrines de poulet qui se détaillaient à 5,84 $/kg.

Un autre marché d'alimentation situé à proximité offrait pour sa part des poulets entiers à 3,78/kg. Il s'agit d'offres absolument inégalées dans les supermarchés visités en Estrie.

À ce sujet, une dame vivant à proximité de la frontière canado-américaine, Ginette Paradis, confie que le poulet reste une aubaine au pays de l'Oncle Sam. « Le fromage aussi est vraiment moins cher là-bas », ajoute-t-elle.

Cela dit, en raison de la baisse de la valeur du dollar canadien, Mme Paradis se rend moins fréquemment qu'avant dans les marchés d'alimentation du Vermont.

« C'est moins cher aux États-Unis, mais avec le taux de change c'est devenu moins avantageux d'acheter là, note cette dame. Il y a quelques années, j'allais au Vermont aux deux semaines environ pour faire mon épicerie. Mais c'est vraiment plus rare maintenant. Même pour les fruits et légumes, je trouve que ça ne vaut plus la peine. »

Maire de Stanstead, Philippe Dutil constate que les citoyens de sa communauté ont également modifié leurs habitudes au fil des ans. « Les gens ne vont plus tellement de l'autre bord de la frontière pour leurs achats de produits d'épicerie », affirme-t-il.

Les citoyens du secteur de Stanstead étaient nombreux dans le passé à traverser en sol américain pour un court laps de temps dans le but de faire le plein et de se procurer du lait et des oeufs. Mais cette pratique deviendrait plus rare parmi cette communauté. « Le Pétro-T de Stanstead est toujours plein. Il vend son essence à très bas prix », souligne M. Dutil.

Un gérant confirme

Gérant d'un supermarché à Newport, Heath Geoffrey confirme que les Québécois sont moins nombreux qu'auparavant à arpenter les allées de son commerce.

« On a encore des skieurs venant du Canada qui viennent acheter chez nous quand ils font un séjour à Jay Peak, par exemple. Mais le taux de change a changé la situation. On les voit moins aujourd'hui », reconnaît M. Geoffrey.

Malgré le fait que le lait soit généralement moins cher au Vermont, une résidante du secteur de Newport, Paula Brennan, juge que ce produit est trop dispendieux dans les épiceries qu'elle fréquente habituellement. « La hausse a été importante durant les dernières années chez nous. Ça en devient ridicule », déclare cette fille d'agriculteur.

Dans la foulée, Mme Brennan note que le modèle agricole américain est loin d'être parfait, quoi que puissent prétendre certains observateurs. « Bon nombre de fermiers ont un deuxième emploi et ont des difficultés financières. Les faillites de fermes ne sont pas rares dans notre région », indique-t-elle.




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