Aussant fait l'éloge de l'économie sociale

Le Québec est un leader en ce qui... (Spectre Média, Jessica Garneau)

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Le Québec est un leader en ce qui a trait à l'économie sociale, mais Jean-Martin Aussant déplore que les décideurs n'ont pas toujours le réflexe d'y avoir recours pour réaliser leurs projets ou résoudres des problématiques. Le directeur général du Chantier de l'économie sociale était de passage à Sherbrooke, mercredi, pour  discuter de ce mode de développement économique qui contribue à diminuer les inégalités sociales.

Spectre Média, Jessica Garneau

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(Sherbrooke) « L'économie sociale représente plus de 40 milliards de chiffre d'affaires au Québec. C'est plus important que ce que génèrent les secteurs de la construction, de l'aéronautique et le secteur minier réunis. De plus, ce type d'économie crée des entreprises qui survivent plus longtemps et des emplois qui ne sont pas délocalisables. L'entrepreneuriat collectif est donc meilleur pour les communautés.»

Jean-Martin Aussant, directeur général du Chantier de l'économie sociale, était de passage à Sherbrooke dans le cadre d'une tournée provinciale. Environ 130 convives s'étaient rassemblés au Théâtre Granada pour entendre sa conférence sur le rôle important de l'économie sociale dans le développement économique de la région.

Uniquement à Sherbrooke, l'économie sociale, c'est 134 entreprises qui génèrent 2448 emplois et 222,5 M$ de chiffre d'affaires, incluant les Caisses Desjardins, les CPE et le secteur de l'habitation. Et plus de 88 M$ en excluant ces trois gros acteurs.

« Toutes les sociétés sont bâties sur trois piliers fondamentaux, soit le gouvernement, le secteur privé traditionnel et le collectif qui inclut l'économie sociale, mais aussi certains organismes communautaires et certaines associations. Les deux premiers piliers sont bien connus. On souhaite maintenant que le troisième devienne une option à laquelle on pense automatiquement lorsqu'un projet doit être réalisé ou un problème doit être résolu. L'objectif n'est pas d'éliminer les entreprises privées, mais d'équilibrer les trois piliers », note l'ex-député péquiste et fondateur d'Option nationale.

L'objectif de la rencontre était aussi de démonter les préjugés qui sont souvent associés à l'économie sociale. Le premier est que l'économie sociale soit destinée uniquement aux services sociaux alors que ce mode de développement s'applique à tous les secteurs d'activités. « Une coopérative ou un OBNL peut être active ou actif dans les secteurs de l'habitation, des transports, des services de proximité, des hautes technologies ou de la finance », spécifie M. Aussant.

Un autre préjugé démenti? Que les entreprises collectives sont davantage subventionnées. « C'est l'inverse », note le conférencier.

Et si les entreprises d'économie sociale sont parfois moins grandes que les entreprises privées, ce serait un choix. « Les entreprises d'économie sociale naissent d'un besoin dans la collectivité. Les gens se regroupent pour combler ce besoin. L'objectif n'est donc pas d'exporter aux États-Unis ou d'être en Chine. On est moins tenté de devenir une multinationale quand tout le monde est heureux avec le service local. Et l'avantage concret est que ce sont des entreprises et des emplois qui ne sont pas délocalisables. Un OBNL ne déménagera pas au Honduras parce que les salaires sont plus bas. »

« L'objectif n'est pas l'accroissement du profit pour faire plaisir aux actionnaires, mais bien la qualité du service rendue à la collectivité. Ça change toutes les façons de faire et ça fait en sorte que les entreprises collectives ont, après 10 ans d'existence, le double du taux de survie que les entreprises privées », relate le conférencier précisant qu'après dix ans, près de la moitié des coopératives existe encore alors que seulement une entreprise privée sur cinq survit.

« Il y a 20 ans, quand je suis sorti de l'université, l'objectif des finissants était de devenir millionnaires pour ensuite peut-être faire de la philanthropie. Aujourd'hui, plusieurs jeunes finissants se lancent d'emblée dans l'économie sociale. La beauté dans ces cas-là est que la contribution se fait tout au long du chemin et cela contribue à diminuer l'inégalité sociale », se réjouit M. Aussant ajoutant qu'il est inacceptable que « les huit personnes les plus riches au monde possèdent autant que la moitié de l'humanité ».

En après-midi, quatre entreprises d'économie sociale sherbrookoises ont ouvert leurs portes à une vingtaine de visiteurs, dont Jean-Martin Aussant et plusieurs représentants d'organisations publiques sherbrookoises. Défi Polyteck, Au PONT de Bois - Ébénisterie, Récupex et Sporobole ont pu ainsi présenter leurs installations et discuter de l'impact de leurs activités sur le milieu sherbrookois.




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