Promenade dans la Cité des voiles

Avec ses centaines de milliers d'embarcations, principalement des... (Collaboration spéciale, Gilles Fisette)

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Avec ses centaines de milliers d'embarcations, principalement des voiliers, Auckland a obtenu le surnom de Cité des voiles.

Collaboration spéciale, Gilles Fisette

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Gilles Fisette
La Tribune

Après un séjour dans les îles polynésiennes, la ville d'Auckland, en Nouvelle-Zélande, paraît encore davantage européenne, beaucoup plus moderne et plus cosmopolite aussi.

Auckland et ses 1,2 million d'habitants n'est pas la capitale - le titre revient à Wellington - mais elle est de loin la plus populeuse du pays des Kiwis, comme on appelle les Néo-Zélandais, tandis qu'on surnomme Aussies, leurs voisins australiens. Oui, Kiwi, comme le bon petit fruit vert. Kiwi comme l'oiseau au long bec que l'on aperçoit seulement ici, dans cette partie du monde, aux antipodes de la nôtre.

Aux antipodes, c'est le monde à l'envers. L'hiver tire à sa fin au Québec même si la récente tempête de neige le fait oublier; ici, l'été refuse de céder le pas à l'automne. Les jeunes Kiwis viennent tout juste d'entreprendre une nouvelle année scolaire. Chez nous, les enfants voient venir Pâques et le dernier coup de coeur avant l'été. En Nouvelle-Zélande, l'île du nord est la plus chaude; l'île du sud est plus grande, plus sauvage mais beaucoup plus fraîche, même au soleil d'été.

Dans tout le pays, on compte 4,5 millions d'habitants et plus de 40 millions de moutons. Inutile donc de préciser la principale ressource du pays.

Et tant qu'à être dans les chiffres et si on revient seulement à Auckland, on peut préciser qu'il y a environ une embarcation par quatre habitants. Nulle part ailleurs au monde, on peut compter autant d'embarcations par habitant. Nous sommes dans deux îles et chacun des Kiwis n'est jamais très éloigné de la mer. Dans un seul port de plaisance faisant face à la ville, se bercent doucement plus de 135 000 embarcations, principalement des voiliers. C'est pourquoi on surnomme Auckland la Cité des voiles.

Le port commercial est tout aussi encombré. Et il est connu à travers le monde pour avoir été le théâtre du sabotage du Rainbow Warrior, le navire de Greenpeace victime d'un attentat perpétré par les services de renseignement français, le 10 juillet 1985.

Il existe une franche rivalité entre les Kiwis et les Aussies. La rue principale d'Auckland se nomme Queen; celle de Sydney, King. À Auckland on a dressé une Sky Tower de plus de 308 mètres. Grâce à sa longue antenne de communication, elle coiffe d'un mètre la Sky Tower de Sydney. Et tant pis pour les Français, ces 308 mètres dépassent de sept mètres la Tour Eiffel. Au sommet, on peut observer la ville est ses environs sur des dizaines et des dizaines de kilomètres ou s'asseoir à une des tables du restaurant panoramique qui tourne lentement sur son axe.

Le visage d'Auckland est en train de changer. Davantage, depuis dix ans. Aux Maoris d'origine, puis aux Britanniques et aux Européens de divers pays, arrivent maintenant en vagues successives des Asiatiques, un générique qui englobe les ressortissants de l'Inde, de l'Indonésie et des autres pays de l'Asie du Sud-Est, et de la Chine. On vient de partout pour y apprendre l'anglais et y trouver un travail. D'ailleurs, les écoles de langue se multiplient comme de petits pains chauds. Dans la seule Auckland, elles sont au moins une centaine à offrir leurs services.

Si Auckland a de quoi occuper un touriste pendant des jours et des jours, il faut trouver le temps de quitter la ville et d'explorer le pays. Si on s'aventure le plus au nord possible de l'île du Nord, on finit par arriver en terre sacré maori.

Lorsque la marée est basse, il est possible de quitter la route (interdit aux voitures de location) et de rouler sur la plage de la très longue Ninety Miles Beach. Comme son nom ne le précise pas, la plage s'étend sur plus de 78 kilomètres. Une plage sans pareille, dans un territoire totalement inhabité. Aucune maison; aucun hôtel, aucun restaurant, aucune station-service, aucune toilette. Rien que le soleil, le vent, le sable fin et la mer.

Au bout, en sortant de la plage, en contournant les dunes et en reprenant la route, on arrive au phare du Cap Reinga. En face, une ligne visible à l'oeil nu est tracée par la rencontre tumultueuse des eaux du Pacifique Sud avec celles de la mer de Tasmanie. Accroché à un rocher, un arbre plus que centenaire indique aux âmes maoris la porte d'entrée pour le pays des morts.

Au retour, il faut s'arrêter à Bay of Islands et à Russell où les pêcheurs de baleine venaient se reposer dans les bras des filles des bordels. Pour cela, Russell était une ville sans voiles. Son surnom était Hellhole of the Pacific. Plus rien de ce passé trouble ne survit aujourd'hui. À ma connaissance, du moins.

Notre collègue à la retraite Gilles Fisette a entrepris un tour du monde en croisière. Nous vous invitons à le suivre dans son périple jusqu'en mai.




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