Un pont entre histoire et informatique

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Le Prix La Tribune de la Société d'histoire de Sherbrooke a été remis à Léon Robichaud, jeudi, par David Lacoste, président de la Société d'histoire de Sherbrooke, et Maurice Cloutier, rédacteur en chef de La Tribune.

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(Sherbrooke) L'historien Léon Robichaud a créé une modélisation en trois dimensions dans le cadre du projet Montréal, ville fortifiée au XVIIe siècle, l'un des premiers emplois qu'il a occupés comme historien. C'était en 1992, il y a 25 ans. « L'informatique n'était pas ce qu'elle est aujourd'hui! » avoue le professeur Robichaud en riant. Mais il a alors compris que l'histoire n'aurait plus les moyens de se passer des outils informatiques.

Grâce à son projet Sherbrooke, histoire et patrimoine,... (Spectre Média, Frédéric Côté) - image 1.0

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Grâce à son projet Sherbrooke, histoire et patrimoine, Léon Robichaud permet à ses étudiants d'apprivoiser le numérique, de mieux connaître le patrimoine et de découvrir le milieu sherbrookois.

Spectre Média, Frédéric Côté

« Dans le cadre de ce projet, on a dû refaire le cadastre de Montréal sur 100 ans en dépouillant les archives. On avait besoin d'avoir recours à l'informatique pour gérer une grande quantité de données », se souvient-il.

Et c'est ainsi qu'est né son premier site web en 1996, consulté encore aujourd'hui par des chercheurs et des gens qui s'intéressent à la généalogie.

Dans les années suivantes, l'historien et professeur de l'Université de Sherbrooke a créé bien d'autres sites web... et ce n'est pas fini.

C'est d'ailleurs pour souligner son apport dans le cadre du projet Sherbrooke, histoire et patrimoine, qui a favorisé la promotion de l'histoire sherbrookoise avec le support numérique, que Léon Robichaud a reçu jeudi le prix La Tribune de la Société d'histoire de Sherbrooke. Ce prix est décerné à une personne ou à un groupe qui fait la promotion de l'histoire ou du patrimoine de Sherbrooke et de la région.

Ce passionné d'histoire est né au Nouveau-Brunswick, et il a fait son baccalauréat à l'Université de Toronto, ville où il s'est arrêté après avoir participé au programme pour la jeunesse Katimavik. Ensuite, il a fait le saut au Québec, où il a terminé des études doctorales à l'Université de Montréal. Il s'est spécialisé sur les relations entre la population et le pouvoir à Montréal sous le régime français. À ce moment-là, rien n'indiquait qu'il prendrait l'autoroute 10 pour venir s'établir à Sherbrooke pour la suite de sa carrière.

En fait, c'est son expertise en histoire et en informatique qui l'a mené à l'Université de Sherbrooke en l'an 2000.

« L'UdeS avait besoin d'un professionnel pour initier les étudiants en histoire à la recherche, pour donner un cours sur l'informatique appliquée à l'histoire. »

Profitant d'une année sabbatique en 2012, le professeur a décidé de bonifier son cours afin d'en créer un projet cohérent : ainsi est né son projet pour lequel il a été honoré jeudi, Sherbrooke, histoire et patrimoine.

« L'idée était d'étudier un aspect de Sherbrooke chaque année par le biais de l'oeuvre de Jean-Pierre Kesteman principalement », lance-t-il comme point de départ.

La première année, les étudiants ont commencé par élaborer une chronologie de l'histoire de Sherbrooke par le biais de 270 événements de 1792 à 2013, en plus de quelques faits plus anciens sur l'histoire amérindienne.

L'année suivante, plongeon dans le quartier Sud (de la rivière Saint-François aux rues King, Belvédère et Galt) du Sherbrooke de 1921.

« En épluchant le rôle d'évaluation de 1921, on apprend plein de choses : qui était propriétaire ou locataire, la valeur foncière des immeubles, les grands employeurs de l'époque, et même le nombre de chiens et de chevaux par famille! » illustre le professeur.

Ainsi, d'année en année, les étudiants ont découvert des aspects d'un passionnant Sherbrooke. « L'intérêt pour des étudiants et pour un historien d'étudier Sherbrooke, c'est qu'elle est une ville diversifiée : pas seulement industrielle, avec une économie variée, anglophone et francophone, avec une grande mixité sociale, sans ghetto, avec des gens de tous les horizons. La municipalisation de l'hydroélectricité au début du 21e siècle est aussi un élément très intéressant pour les chercheurs », soutient le professeur Robichaud.

D'année en année, d'autres projets se sont ajoutés, et ce n'est pas terminé.

Austérité budgétaire oblige dans les universités, le professeur éprouve de la difficulté depuis quelques années à obtenir de l'aide pour mettre ses sites web à jour, si bien que certaines données récoltées ne sont toujours pas en ligne. « On espère finir par avoir le financement pour rattraper le retard. Même si ce genre de projet ne coûte vraiment pas cher, c'est toujours ça qu'on coupe en premier quand les budgets sont serrés », déplore Léon Robichaud.

Il est possible de consulter le site internet de Sherbrooke, histoire et patrimoine en visitant le patrimoine.espaceweb.usherbrooke.ca/fr/index.php.




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