Du personnel mécontent de se déplacer lors de la tempête

Pourquoi les enseignants doivent-ils malgré tout se présenter au travail quand... (Spectre Média, Frédéric Côté)

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(Magog) Pourquoi les enseignants doivent-ils malgré tout se présenter au travail quand les cours sont suspendus pour cause de tempête? Les commissions scolaires croient qu'il faut faire la différence entre le personnel et les élèves, mais le Syndicat de l'enseignement de l'Estrie (SEE) ne l'entend pas du tout ainsi.

Les trois commissions scolaires francophones de la région ont décrété l'annulation des cours mardi et mercredi en raison de l'importante tempête de neige qui s'est abattue sur le Québec ces jours-là.

En dépit de cette décision, le personnel des Commissions scolaires de la Région-de-Sherbrooke (CSRS) et des Hauts-Cantons (CSHC) ont demandé à leur personnel de se présenter au travail les deux jours. La Commission scolaire des Sommets (CSS) a appliqué la même règle mardi, mais ses employés ont été invités à demeurer à la maison le lendemain.

Président du SEE, Benoit Houle note que les enseignants sont opposés depuis longtemps à la règle habituellement imposée par les commissions scolaires.

« Si les enfants sont en danger sur les routes, pourquoi ce n'est pas vrai aussi pour les enseignants?, demande M. Houle. Vous savez, les professeurs ne vont pas perdre leur temps. Ils sont capables de s'avancer dans leur travail à partir de chez eux. »

Bien qu'il se montre critique, Benoit Houle salue la décision prise par la CSS mercredi. « Ce n'est pas la première fois que cette organisation permet à son personnel de demeurer à la maison lors d'une tempête. On appuie totalement. »

«L'enfant est captif du système de transport tandis que les employés peuvent se gouverner plus aisément.»


Directrice générale de la CSS, Édith Pelletier estime qu'il était normal, compte tenu des conditions climatiques sur le territoire de son organisation, de ne pas forcer le personnel à se présenter au travail mercredi.

« Mardi, il n'y avait pas un flocon dans le ciel le matin. Je savais en plus que, au besoin, on pourrait renvoyer le personnel à la maison plus tôt en après-midi, si ça se dégradait. C'était par contre différent mercredi parce que, dès le matin, ça semblait dangereux sur les routes pour le personnel », souligne Mme Pelletier.

Quoi qu'il en soit, la directrice générale de la CSS est persuadée qu'on ne peut comparer la réalité des jeunes élèves et du personnel lors des tempêtes. « L'enfant est captif du système de transport tandis que les employés peuvent se gouverner plus aisément. Un article de la convention collective permet par surcroît aux employés de ne pas se présenter, si c'est trop dangereux. »

Grogne au Cégep

Au Cégep de Sherbrooke, la décision de suspendre les cours tardivement mardi et d'offrir les cours à compter de 10 h 30 mercredi a aussi suscité du mécontentement du côté des enseignants. « Des professeurs ont approché le syndicat pour signifier leur mécontentement. On leur a conseillé d'écrire des lettres à la direction », commente le président du Syndicat du personnel enseignant du Cégep de Sherbrooke (SPECS-CSN), Steve McKay, en faisant valoir qu'il ne s'agissait pas là d'une « marotte syndicale ».

Outre les questions de sécurité, des enseignants estiment qu'ils n'avaient pas à porter la décision d'annuler leurs cours ou non. Steve McKay indique qu'un examen était prévu dans son cours, mais il l'a annulé parce que quelques étudiants provenaient de l'extérieur de Sherbrooke. Les plaintes concernaient également le déneigement du campus mercredi matin.

La question d'ouvrir les portes en cas de mauvais temps a déjà été soulevée. Même si plusieurs membres se sont plaints au SPECS, il n'est pas question pour le moment de formuler un grief sur cette question, notamment en raison de la complexité de la preuve à recueillir.

La présidente du Syndicat du personnel de soutien du Cégep de Sherbrooke, Lucie Bouffard, dit n'avoir reçu aucune plainte. Les impacts ne sont pas les mêmes si les employés décident de demeurer à la maison, commente-t-elle.

Il a été impossible de parler à un porte-parole de l'institution, jeudi. D'autres institutions, dont l'Université de Sherbrooke, ont aussi suspendu leurs activités en fin de journée mardi. Le Cégep de Sherbrooke avait fait valoir, récemment, qu'il ne ferme que très rarement, dans des conditions exceptionnelles, et qu'il fait confiance au jugement des gens. 

Avec Isabelle Pion




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