Les décisions de Trump se feront sentir ici

Le professeur Alexandre Langlois s'inquiète des répercussions que... (Spectre Média, Frédéric Côté)

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Le professeur Alexandre Langlois s'inquiète des répercussions que pourraient avoir les coupes dans les recherches scientifiques aux États-Unis.

Spectre Média, Frédéric Côté

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(Sherbrooke) Les décisions du gouvernement américain de réduire drastiquement les budgets dans la protection de l'environnement et la recherche scientifique sèment l'inquiétude de ce côté-ci de la frontière.

Les compressions effectuées à la National Oceanographic and Atmospheric Administration (NOAA) par l'administration Trump et le spectre de coupes dans le domaine des satellites pourraient toucher des chercheurs de partout sur le globe, y compris le professeur et chercheur de l'Université de Sherbrooke, Alexandre Langlois, qui s'intéresse aux changements climatiques en régions polaires. Dans sa liste de projets de recherche, il s'est entre autres intéressé aux effets des changements climatiques sur la faune et la flore de l'Arctique.

Plus globalement, ses études tentent d'établir des « liens complexes entre l'activité humaine, les changements climatiques et les risques naturels qui y sont associés ».

Les satellites de la NOOA, dont les données servent également au chercheur, sont utilisées par des chercheurs de partout. Il s'inquiète donc de la disponibilité des images satellitaires afin de faire des suivis sur la couverture des glaciers et les couverts de glace et de neige, par exemple.

Ce type de données sert aussi aux étudiants de façon hebdomadaire, voire journalière.

« Mondialement, les données de ces satellites sont utilisées par des centaines de groupes de recherche sur la planète. Ces données couvrent la planète, indique le chercheur. Ces outils-là sont la fondation de nos projets de recherche. L'Arctique est difficilement accessible à pied. On dépend vraiment de l'oeil que l'on a en orbite qui nous permet de couvrir la région au complet de façon journalière. C'est un outil qui est indispensable. »

Qu'arrive-t-il s'il n'a plus accès à ces données? Il faudra se tourner vers un plan B, répond-il. 

« On va s'adapter, mais ce n'est pas le scénario optimal. Si on utilise ces satellites-là, c'est parce que c'est le meilleur outil pour mener les recherches actuellement... C'est de faire un retour en arrière. On va trouver un plan B, mais on ne travaillera pas avec les meilleurs outils pour le faire. C'est comme changer un pneu à la main ou avec un cric : on va le changer, le pneu, mais ça ne sera pas aussi efficace et ça ne sera pas de manière optimale », image-t-il.

Une perte de moyens 

Professeur à l'UdeS, Richard Fournier s'attend à être touché dans une moindre mesure; il optera pour d'autres sources de données. 

« De mon point de vue, de diminuer notre capacité à aller chercher de l'information sur ce qui nous entoure, c'est de diminuer nos moyens de bien vivre avec notre environnement », commente le chercheur. « Il y a un désengagement de se doter de moyens pour bien se comporter, de voir s'il y a une perte d'équilibre. »

Son collègue professeur Yannick Huot estime qu'il est difficile de commenter en raison du peu de détails disponibles. Il avance que la façon dont les coupes seront faites à l'intérieur du programme de la NOAA pourrait avoir des conséquences vraiment différentes. 

« Ce qui est clair c'est que ce n'est pas une bonne nouvelle pour le suivi de la Terre et de l'environnement, car les États-Unis et la NOAA ont des capacités exceptionnelles d'observation par satellite et permettent l'utilisation des données par des chercheurs à travers le monde. 

Peu de pays peuvent remplacer leurs capacités. Si les coupes se confirment et qu'elles sont suivies par des coupes semblables à la NASA (...) cela pourrait aussi avoir des conséquences vraiment terribles sur notre capacité à suivre l'impact de l'homme sur l'environnement. »




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